dimanche 4 mars 2012

Invictus

Je suis rentré chez moi un soir, on m'a dit que Padilla était entre la vie et la mort. Je n'ai jamais réellement compris cette expression. Toutefois, elle laisse planer beaucoup de gravité et quelque chose de dramatique dans l'atmosphère. C'était à Saragosse, Juan José Padilla venait de recevoir un horrible coup de corne au visage. Le descriptif de la blessure a déjà été détaillé mille fois, et il est inutile de le rappeler. Simplement, il s'agissait peut-être là de l'effroi à son paroxysme.
Je pensais pourtant naïvement que Padilla était à l'abri de ce genre de choses depuis le temps, comme si ses déboires à cause de la corne n'appartenaient qu'au passé. Mais voilà, un toro est venu rappeler la réalité de l'arène et ses dangers.
Juan José Padilla était dans un état très grave, mais pourtant, je dois reconnaître que je n'ai pas eu une énorme inquiétude à son égard une fois sa vie sauvée. Cette histoire est extraordinaire, et pourtant, pour ceux qui connaissent le tempérament de ce matador, elle n'est pas étonnante, du style : si Padilla est en vie, alors forcément, il retournera dans l'arène...

C'est aujourd'hui, Dimanche 4 Mars, qu'il va de nouveau s'habiller de lumières, à Olivenza. Il affrontera à cette occasion des Núñez del Cuvillo. Des Cuvillos certes, mais au fond peu importe. Car Padilla est de retour, pour continuer à vivre face au toro de combat, et se lancer un putain de défi. Il n'aura en tous cas jamais baissé les bras depuis le mois d'Octobre, et son parcours a de plus en plus quelque chose de légendaire et d'indescriptible.
Il est vrai que les médias en ont beaucoup fait à propos de Padilla depuis cinq mois. Dès aujourd'hui, le "morbo" battra certainement son plein. Le "morbo", en espagnol, une sorte de sentiment malsain, de voyeurisme. Car forcément, il y aura des gens qui auparavant n'avaient aucune idée de la tauromachie mais qui pour le coup, vont vouloir voir, juste comme ça, l'homme qui s'est relevé.... une fois de plus. Le voyeurisme et la recherche permanente du sensationnel existent, c'est ainsi, et il est impossible de lutter contre.

Cependant, l'important reste que les aficionados soient conscients du courage de Padilla, de sa volonté, de son abnégation, malgré une blessure effroyable. On pourra sans honte aucune dire que le terme "héroïque" est faible. Il s'agit de quelque chose que l'on ne peut pas passer sous silence, une histoire hors du commun, au sein d'un domaine hors du commun, celui où des hommes vont jouer leur existence face à des toros de combat.

Florent

2 commentaires:

  1. ça ressemble quand même à une émission de téléréalité d'une chaine de la TNT ...

    RépondreSupprimer
  2. Euh non, faut pas déconner...

    RépondreSupprimer