jeudi 8 mars 2012

Le Santa Claus vicois et ses clients

Depuis plusieurs années, la plaza de Vic-Fezensac a perdu peu à peu l'exemplarité qui était la sienne. Car l'histoire taurine de ce village du Gers est très riche, et pour tout dire, Vic-Fezensac aura été le grand bastion du Toro-Toro en France durant des décennies. Et puis, des choses se sont passées, faisant qu'à partir d'un moment, la réputation durement gagnée est venue se ternir progressivement.
Samedi 11 Juin 2011. Ce jour-là, plusieurs éléments nous ont fait penser que Vic-Fezensac se trouvait peut-être dans un virage...
11 heures 03, dans ces eaux-là. Une émouvante minute de silence venait nous rappeler que le maître des lieux, Jean-Jacques Baylac, s'en était allé l'hiver précédent.
18 heures. Début de la corrida de Palha, mal présentée, avec plusieurs bêtes invalides. Mais au final, elle ne fut pas autant protestée qu'elle aurait dû l'être. Comment était-il possible d'embarquer un tel lot pour Vic-Fezensac ? Ne serait-ce qu'au Portugal, n'y avait-il pas autre chose pour remplacer les toritos de Joao Folque de Mendoça ?
Plus tôt dans la journée, il devait être 10 heures 55. Juste avant la corrida de Dolores Aguirre, une annonce au micro faisait état de "clients" plutôt que d'aficionados, à propos des personnes venues s'asseoir sur le ciment de la plaza Joseph Fourniol. Cela n'avait échappé à personne. "Client" ? Un terme curieux, bien plus économique qu'autre chose, et censé désigner de simples consommateurs.

A la fin de l'année dernière, les combinaisons ganaderas pour Pentecôtavic 2012 étaient déposées sous le sapin. Une édition bien singulière par rapport aux précédentes, marquée par le signe du changement. En effet, on a appris que la fête traditionnelle de Pentecôte autour des arènes et dans le village serait suspendue pour deux années à partir de 2012. Sans grand risque de se tromper, on pouvait avec cette information envisager que cela aurait des conséquences sur la fréquentation des arènes le mois de Mai venu.

Mais plutôt que d'émettre des hypothèses sur le remplissage des arènes lors de la prochaine Feria, revenons-en plutôt aux élevages annoncés pour les cinq courses de la Pentecôtavic 2012 :

- Le Samedi après-midi, il y aura une corrida de José Escolar Gil, un élevage en forme, et qui n'avait pu venir en 2011 à Vic à cause d'un problème de carte verte. Admettons.

- Le Dimanche après-midi, il y aura une corrida des Frères Granier (devise française d'encaste Santa Coloma) rentrant dans le cadre du Concours "Toros de France". Cela fait d'ailleurs longtemps que cet élevage n'a pas été affiché en course complète (corrida ou novillada). Alors pourquoi pas ? Admettons.

- Le Lundi matin, ce sera une corrida de Flor de Jara (anciennement Bucaré), d'encaste Santa Coloma-Buendía. Un fer souvent vu en novillada ces dernières saisons. Admettons.

- Le Dimanche matin, ce sera une corrida-concours. Élevage par élevage, cela donne ça :
1) Carriquiri, un nom historique..... d'encaste Núñez depuis des lustres.
2) Joaquín Moreno de Silva, les Saltillos. Ce n'est pas souvent ces derniers temps que l'occasion a été donnée de voir des toros adultes de cet élevage. Il y aura d'ailleurs une corrida complète pour Céret de Toros.
3) Fidel San Román. Anciennement Guardiola Domínguez. Actuellement, ce sont les frères Carreño qui s'en occupent.
4) Esteban Isidro. Anciennement appelé Martínez Elizondo, propriété de la famille Chopera. Du Domecq.
5) Alcurrucén. Un nom bien connu, d'encaste Núñez, et qui depuis trois ou quatre ans peut parfois apporter son lot de surprises.
6) Joselito. Encaste Domecq. Un élevage qui fournit de temps à autres des toros vraiment encastés et intéressants. Notons que chaque année, la famille Chopera fait acquisition de la quasi-intégralité de la camada.
Rien de très exotique donc pour cette corrida-concours. A condition qu'il ne s'agisse pas de fonds de tiroirs... Admettons.

- J'oubliais, le Samedi matin, en ouverture de la Feria de Vic, il y aura une novillada hybride, que l'on pourrait même appeler la "Novillada 2+2". Ce seront deux novillos (avec picadors) et deux erales (sans picadors) provenant d'élevages départementaux. Quant à la dernière novillada formelle à Vic-Fezensac, elle a eu lieu en 2010. Et elle ne reviendra probablement pas cette année... Difficile à admettre. Et dire que la novillada de Pentecôte a été pendant longtemps quelque chose d'important au sein de la feria (comme seul exemple, on peut citer les courses de Barcial des années 90).

Voilà donc ce qu'il en est au niveau ganadero de la prochaine feria vicoise. Il faudra par ailleurs attendre un peu de temps afin de connaître les noms des piétons pour pouvoir se faire une idée globale des affiches. Pour ce qui est des cornus, malgré la présence des Escolar, on ne retrouve rien de très enthousiasmant, ni même de variété dans les encastes présentés. Et je n'aborde même pas la question du prix des places... "Clients" ils avaient dit ?

Florent

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