lundi 16 avril 2012

Pâle rider

Aucun nuage ce matin sur le chemin du retour en Charente-Maritime. Pas même le nuage obscur sur lequel se sont hissés d'eux-mêmes les courageux individus dont on pouvait admirer les tags la veille sur la façade des arènes de Garlin. Leur pensée saine et juste les a conduits à réaliser ce méfait qui selon eux doit apparaître totalement légal et justifié. Mais pourquoi alors ne pas mettre la jambe et tenter de réaliser ces graffitis seulement dix minutes avant le paseo ? Au moment où beaucoup de monde se trouve devant les arènes...
Garlin, paseo à 16 heures 30. Au même instant à Nîmes, un eral de Salvador Domecq est gracié. C'est le deuxième en une semaine après celui du Lartet à Aignan. Les deux fois, les ganaderos ont invoqué que les bichos leur plaisaient et qu'ils voulaient absolument les conserver. Pourquoi alors les envoient-ils aux arènes plutôt que de les garder pour chez eux ? Ne serait-ce pas au fond une sorte de coup de pub pour voir son bétail plébiscité par les organisateurs ?

Mais revenons aux choses sérieuses. Garlin donc, une arène de novilladas qui proposait hier des Valdefresno (encaste Atanasio-Lisardo) et qui pour sa course de juillet a choisi des Hoyo de la Gitana (Santa Coloma-Graciliano). Un geste louable.

Pluie légère au paseo avec nuages omniprésents. Le lot de Valdefresno comporte un peu de tout, il ressemble à un catalogue. Rien d'étonnant d'ailleurs puisque les novilladas de cet élevage sont toujours très hétérogènes de présentation.
Durant cette course, on vit des tiers de piques infâmes. Il aurait été plus évident de décerner un prix au plus mauvais tercio plutôt qu'au meilleur. Aussi, les chevaux étaient disproportionnés pour une novillada. Ensuite, quasiment aucune mise en suerte, ce qui est dommage, car plusieurs novillos ont montré des poussées intéressantes. Dans le reste de la lidia, il y eut aussi beaucoup de capotazos dans tous les sens.

En ouverture, c'était Sergio Flores, un novillero dont on avait pu voir un grand courage et de la fraîcheur il y a deux ans à Céret devant du bétail de Javier Gallego. Désormais, il semble que Sergio veuille toréer comme les figuras, en privilégiant beaucoup l'esthétique et en multipliant les passes, tout en mettant de côté l'esprit novillero. Son premier adversaire était cornalón et noble, mais aussi maigre et très faible. Le quatrième, un burraco aux cornes délabrées, eut un comportement quasi-identique, faible et noble. La prestation de Sergio Flores, malgré quelques naturelles à son second, ne décolla pas et ne laissera aucun souvenir.

En deuxième position sortit un novillo plus charpenté que l'exemplaire d'ouverture. Il était maniable sans grande race, se laissait manoeuvrer tout en développant au fil du combat un danger sournois. Rafael Cerro lui servit en début de parcours un travail brouillon et lointain. Mais les choses avancèrent, Cerro réalisa une jolie trinchera, puis tenta de tordre et de soumettre le novillo sur la corne droite, recevant en conséquence une grosse voltereta. Après cet accrochage qui réveilla toute l'arène, le novillero opta pour le registre bagarreur, et coupa une petite oreille après un pinchazo et une épée tendida.
Le cinquième, manso, reçut une lidia chaotique du début jusqu'à la fin. Vraiment, l'archétype de la mauvaise lidia.

Hormis Sergio Flores, il y avait un autre mexicain à l'affiche, en la personne de Brandon Campos. Ce dernier aurait maintes fois pu se faire cueillir à la cape face au troisième, puisqu'il ne sortit jamais les bras. Ce combat entre un novillero de peu d'expérience et un bicho de peu de forces et de race n'eut aucun relief particulier.
Campos s'avéra plus serein et rassuré face au sixième, maniable, fade et assez vite éteint. Campos donna des passes, la musique joua, et personne ne s'enthousiasma vraiment. Après une estocade engagée et légèrement verticale, deux oreilles furent accordées à Brandon Campos. Le Père Noël dans le temps additionnel.

Florent

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