lundi 14 mai 2012

1 bis. Sociedade Agrícola Couto de Fornilhos

C'est Madrid en ce moment. Du point de vue de l'aficionado a los toros, les courses les plus intéressantes de la San Isidro ne sont pas pour tout de suite. Pour le moment, il y a de nombreux cartels qui dans cette optique ne méritent pas un long déplacement.
L'avantage avec cette ribambelle de courses peu attrayantes, c'est qu'on peut les suivre à la télévision, d'un oeil distrait, et avec certes la sensation de l'arène en moins. On peut également choisir de ne pas les regarder.
Aujourd'hui, 14 Mai, c'était une novillada. Un encierro recomposé : 4 Buenavista (origine Juan Pedro Domecq) + 2 Fernando Peña (origine Torrestrella). Que faire dans une telle hypothèse ?
Consulter le sorteo pour regarder de quels élevages proviennent les sobreros ! Aujourd'hui, les deux sobreros étaient de Couto de Fornilhos.

Le premier Buenavista est entré en piste, froidement, et Conchi Ríos lui a donné deux ou trois capotazos prudents. Son peón, Raúl Corralejo, s'est fait désarmer, et après quelques instants de flottement, le novillo l'a coursé à toute allure. Ca aurait pu sentir la tragédie, mais en arrivant près des planches, Corralejo s'est couché, et a été légèrement blessé par les antérieurs du novillo. La corne du Buenavista n'a pas frappé l'homme, mais la barrière qui était derrière ! Corne dézinguée, mouchoir vert. Faut pas chercher à comprendre. Cosas de toros !

Le sobrero annoncé était donc de Couto de Fornilhos, un élevage portugais que l'on aurait dû voir en corrida l'an passé à Céret, ce que l'ADAC refusa souverainement à cause de l'état des cornes, très délabrées et suspectes. A Madrid aujourd'hui, l'exemplaire de Couto de Fornilhos n'avait strictement rien à voir physiquement avec les toros de Céret, et puis il s'agissait d'un novillo.
Il s'appelait Indiano, paraissait plutôt léger, sans rien de terrorifique. Il est entré dans la piste de Las Ventas bien dans le registre Atanasio-Conde de la Corte, c'est-à-dire abanto. Face à l'imposante cavalerie madrilène, il n'y avait rien d'extraordinaire à parier...

Et pourtant, Indiano poussa avec force et provoqua un beau batacazo. Malheureusement, il eut à subir une seconde pique trasera qui parut le laisser complètement amorphe et endormi.
Nouveau pronostic déjoué, puisqu'il se réveilla au tiers suivant et sema la panique en coursant les banderilleros. Notamment le téméraire vêtu d'un sobre costume vert et noir qui remplaçait à l'occasion le "légèrement blessé-miraculé" Raúl Corralejo.
En fin de compte, tout aura été à l'avantage du Couto de Fornilhos, un novillo encasté, avec beaucoup de mobilité et de vivacité. La novillera Conchi Ríos devant lutter à la fois contre le vent et contre cet adversaire, connut un calvaire, tellement elle fut débordée par la caste de cet exigeant et intéressant Indiano. L'estocade et les descabellos furent lamentables, tandis que l'arrastre du novillo sortit sous une belle ovation.

Pour ce qui est du reste de la course, le quasi-débutant Gonzalo Caballero (c'était sa deuxième novillada avec picadors) a plutôt fait une bonne impression, alliant verdeur, courage, beaux gestes, et surtout beaucoup de fraîcheur. Il coupa la première oreille de cette San Isidro après une bien belle estocade.

Un peu plus haut, j'ai évoqué un peón vêtu de vert et de noir. Son nom : Paco Chaves ! Celui qui avait connu un grand fracaso il y a deux ans dans cette même arène face aux Moreno de Silva, en ajoutant à sa piètre prestation des propos discutables...
Passé au rang de subalterne, il eut aujourd'hui à planter quatre paires de banderilles, et chercha à chaque fois à clouer dans le berceau. Paco Chaves salua donc sous l'ovation au cinquième novillo, et se débrouilla plutôt correctement dans la brega par rapport à son statut de subalterne-débutant. Comme quoi, la roue tourne...

Florent

(Image de Juan Pelegrín (www.las-ventas.com) : "Indiano" de Couto de Fornilhos)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire