vendredi 1 juin 2012

Les mobylettes de Granier

Il n'est guère fréquent de pouvoir assister à une corrida d'un élevage français d'encaste Santa Coloma.
De ce fait, la corrida de Granier "La Cruz" de dimanche à Vic revêtait un caractère expérimental, une sorte d'essai. Si mes archives ne me trahissent pas, le dernier lot intégral combattu avec picadors provenant de cet élevage remonte au 13 avril 2003 à Fourques (au bord du Rhône), c'était une novillada. Un peu plus loin de nous, on retrouve la trace d'une corrida dans les anciennes arènes de Saint-Martin-de-Crau le 5 avril 1998, avec trois toros de "La Cruz" et trois de José Escolar Gil mis en compétition. Une coïncidence, puisque les élevages d'Escolar et de Granier étaient à l'affiche de la feria de Vic 2012.

A Vic ce dimanche 27 mai, les toros de Granier ont divisé l'opinion des aficionados présents, si bien que diverses lectures de cette course paraissaient possibles. En revanche, tout le monde fut d'accord pour saluer la mobilité de ce lot de toros. 
Malgré tout, j'eus l'impression (et cela n'engage que moi) que ces toros étaient à géométrie variable dans leurs comportements, composant un ensemble hétéroclite, avec même des réactions singulières pour du bétail d'origine Buendía. En début de corrida, plusieurs toros laissèrent une impression étrange de sauvagerie décastée, fuyant la pique au premier tiers, puis se laissant manoeuvrer à la muleta sans pour autant afficher de poder ou de caste.

Ce fut le cas du premier toro de l'après-midi, un manso perdido en début de combat, s'en allant directement à la moindre morsure de fer. Et comme sur Facebook, ce toro passa du statut de manso perdido à celui de mobile et maniable pendant la faena. Face à lui, on a vu un Julien Lescarret plus serein qu'à l'accoutumée, livrant une prestation très honnête et vaillante, avec de nombreux cites de loin. Le toro afficha lui une mobilité sans caste.

Le deuxième Granier aurait pu être candidat aux banderilles noires, avant de rentrer finalement dans la cavalerie menée par Plácido Sandoval à la troisième rencontre. Devant cet adversaire manso, mobile et maniable, Joselillo a réalisé une faena de peu d'émotion. 
Ensuite, ce fut le tour de Raúl Velasco, qui perdit totalement les papiers et connut une véritable déroute face à l'avisé troisième. De plus, Velasco tua de manière catastrophique.
Pas grand chose à dire non plus du quatrième exemplaire de l'après-midi. Défensif à la pique, puis manso et bronco qui posa des difficultés à Julien Lescarret.

Puis vint le tour du cinquième, Sonador, numéro 46. Ce toro venait tout juste d'être acheminé depuis Saint-Martin-de-Crau, car un exemplaire titulaire s'était blessé dans les corrales de Vic. A la pique, Sonador fut plus spectaculaire que brave. Bravucón est le terme exact, puisqu'en trois rencontres, il afficha une bravoure sans continuité, en poussant parfois, en se défendant à d'autres moments, et en sortant seul à d'autres. Le picador Antonio García fut désarçonné à la troisième rencontre, et le cheval de Bonijol alla comme un grand s'emballer de manière impressionnante dans les planches.
Il est vrai qu'à la muleta, ce toro était intéressant par sa mobilité, mais il termina toutes ses charges avec la tête dans les airs. Il faut noter que face à lui, Joselillo fit preuve de beaucoup de volonté malgré son bagage technique restreint. On sent chez ce torero beaucoup d'afición, et il réalisa là un travail valeureux et méritoire. Hélas, il tua mal.
Une fois le Granier à terre, une partie de l'assistance demanda la vuelta posthume et sembla ainsi avoir un élan de bienveillance, comme jadis le public de Saint-Cyprien ou d'Argelès-sur-Mer dans les années soixante-dix. Ouais, enfin on va peut-être éviter de parler d'Argelès-sur-Mer...

A titre personnel, j'ai préféré le dernier toro de l'après-midi, un beau cinqueño typé Buendía. Il fut le seul du lot de Granier à ne montrer aucun signe de mansedumbre durant le combat. A la première pique, longue et mauvaise, il fut brave et poussa bien sous le matelas. Malheureusement, il s'avéra moins étincelant à la seconde rencontre, faute à une première pique beaucoup trop longue. Aussi, il sembla s'esquinter légèrement une patte pendant la lidia, à cause d'une faute des hommes en piste.
Pourtant, ce sixième Granier était un bon toro, pourvu d'un vrai fond de caste et de possibilités à exploiter. Mais comme face à son premier adversaire, Raúl Velasco a rendu copie blanche.

C'est sur cette note que s'achevait la corrida de Granier, qui laissa les aficionados sur des avis divergents. La Fédération des Sociétés Taurines de France a remis son prix au meilleur picador à Antonio García qui officia face au cinquième toro, et son président Roger Merlin annonça dans la foulée que quatre des six piques de cette course étaient montées à l'envers...

Florent

5 commentaires:

  1. Bonjour,
    Question de débutant, comment une pique peut elle être montée à l'envers ?

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    1. Au bout du manche, quand la pique est montée avec l'arête en haut, c'est qu'elle est à l'envers. (Il y a certainement des photos sur internet).
      Je dois reconnaître que depuis les gradins, ce détail est très difficile à percevoir. On peut voir si une pique est française (sans cordes) ou espagnole (avec cordes), mais pour voir si elle est montée à l'envers ou à l'endroit, il faut être près.

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  2. Salut Florent,
    Samedi soir, à un moment donné, je ne t'ai plus revu: j'ai demandé autour de moi, mais tu avais disparu ....Dommage....
    Si le président Merlin lit ton blog, - sans aucun doute, il doit te lire - et s'il pouvait être un tout petit peu enchanteur, peut-être pourrait -il m'expliquer pourquoi je ne peux plus intervenir sur le forum de la FSTF, alors que je n'ai rien changé, ni mon mot de passe, ni mon adresse, et pourquoi il m'est répondu quand je me réinscris:" UN MESSAGE VOUS EST ENVOYÉ DANS VOTRE COURRIER", mais jamais aucun mail ne vient au bout du troisième essai.
    Merci de leur laisser la lecture de ce message

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  3. Abrazo, Florent. Cela va de soi

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  4. Merci pour la réponse Florent.

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