lundi 9 juillet 2012

Faenón

La seconde oreille, du ressort exclusif de la présidence. 
Sous un chapeau haut de forme, le président Valentín Alzina a usé de ce pouvoir, et a préféré ne pas concéder un double trophée à Javier Castaño. C'est son choix, c'est le règlement et donc ainsi...
Le salmantin Javier Castaño venait d'affronter Intruso, le troisième Miura de l'après-midi, un châtain grisâtre accusant 565 kilos sur la bascule, et ferré du A en haut de la cuisse. C'était un toro incertain dès le début, occasionnant des difficultés à la cape et un tiers de piques désordonné avec des signes de mansedumbre. Même histoire aux banderilles où après avoir été dans l'obligation d'un passage à faux, David Adalid s'exposa pour de vrai face à lui. Intruso donc, plutôt manso, incertain et difficile.
Pour débuter sa faena, Javier Castaño s'est assis sur une chaise, et a donné quatre passes sereines par le haut. Il la quitta ensuite pour se mettre au centre de la piste, et citer de loin. Sans douter, Castaño a enchaîné de la main droite, puis de la gauche, jusqu'à plier ce Miura qui aurait fait douter une grande partie de l'escalafón. A gauche surtout, Castaño a été grand, donnant des muletazos lents et allongés, en faisant oublier l'adversité initiale. Pour finir ce travail dominateur, il jeta l'épée, et fit successivement des passes des deux côtés, avant de placer une grande estocade. Énorme ! Ce type semble techniquement inégalable à l'heure actuelle. Mais seulement une oreille fut concédée à celui que l'on pouvait dès lors appeler Professeur Castaño.

Cette grande démonstration ne fut malheureusement pas rééditée au dernier Miura, juste de forces, manquant de race et protestant avec des coups de tête à chaque muletazo. Mais Castaño fut digne là-encore.

L'autre fait majeur de cette deuxième corrida de San Fermín, c'est que "les Miuras sont sortis en Miuras". Du moins bien plus que ce que l'on a l'habitude de voir ces derniers temps. Parmi les six toros de Pamplona, la majorité possédait au fond une bonne dose de sauvagerie et de genio. Certains, durs, montrèrent qu'ils ne pardonneraient pas d'erreurs.

En ouverture, c'était un toro cárdeno, le plus brave et le plus encasté du lot. Son combat lors de la première pique fut d'ailleurs fort intéressant. A la muleta, il avait toujours cet allant encasté mais s'avisa du fait des déplacements intempestifs de Rafaelillo. Ce dernier incitant également au vice le quatrième, difficile et pas commode. Rafaelillo est fortement en baisse dernièrement, et le seul point positif de son après-midi aura été son habileté au moment de vérité.

Et puis il y avait Fernando Robleño, qui toucha en deuxième position un Miura maniable, mais également tardo qui humiliait rarement dans la muleta. Après avoir mené une bonne lidia, Robleño a réalisé un bel effort, en étant très sûr lors d'un combat qui n'avait rien de facile.
Enfin, Robleño eut affaire au cinquième, un impressionnant Miura de 640 kilos, long et manso con casta. Un toro dur. Malgré les mauvaises intentions et les nombreux avertissements de cet adversaire, Robleño n'a pas pour autant expédié les affaires courantes. Il décida de combattre le plus possible ce toro qui fut dangereux jusqu'au bout, semant douleur et difficultés. On pouvait par ailleurs imaginer l'appréhension des gens de l'ADAC devant leur téléviseur...

Florent

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