lundi 30 juillet 2012

Juillettiste (V)

FUENTE UMBRO

Associer les noms de Mont-de-Marsan et Fuente Ymbro, c'est d'abord penser au grand lot de toros de la feria 2009, un jour où Sergio Aguilar fut gigantesque de torería et de courage à chacun de ses combats. Denrée rare, c'était le seul lot de Fuente Ymbro en France cette année là.

Maintenant, Fuente Ymbro et Mont-de-Marsan, c'est aussi – je cite – : "la magnifique histoire d'un indulto, d'une tarde historique et euphorique". Cette ganadería est certainement la plus intéressante de toutes celles de branche Jandilla... mais elle est partout, comme omniprésente. Un peu comme un équipementier sportif qui se verrait habiller de plus en plus de clubs, voilà un élevage qui habille le contenu de plus en plus de ferias. Fuente Ymbro pourrait devenir Fuente Umbro.

Mont-de-Marsan, 20 juillet, temps lourd. Une corrida de toros de présentation très correcte voire sérieuse, sans une seconde d'ennui. C'est même du sport de raconter tout ce qui a pu se dérouler cet après-midi là au Plumaçon ! L'aficionado en a vu de toutes les couleurs.

D'abord sous un ciel gris, couleur triomphateur, de Matías Tejela qui revenait à Mont-de-Marsan après son succès de l'année passée face à des Robert Margé. Avec le premier Fuente Ymbro, noble et mobile, Tejela a été périphérique et a toréé comme un voleur de poules sans mettre la jambe une seule fois. Il ne la mettra pas de l'après-midi. Oreille villageoise d'ouverture après une épée desprendida.

Deuxième toro, noblón et éteint, pour Iván Fandiño. Peu de choses à voir.

Troisième. Couleur verte, "Sabueso" n°95 est renvoyé en arrière-salle car invalide. A sa place, c'est "Cazador" qui sort du banc de touche, et donne de l'émotion lors du tiers de piques. En effet, il était très intéressant de le voir brave et puissant lors de la première rencontre. On pouvait dès lors laisser présager un beau et palpitant tercio de varas. Que dalle ! Une deuxième pique légère, et une demande de changement de tiers accordée. De quoi grogner et rester sur sa faim.
A la muleta, "Cazador" est encasté, noble, mobile, et quasiment cru du fait de la lidia qui a précédé. Même s'il nous a volé un beau tiers de piques, il faut dire que David Mora a été très bon à la muleta avec ce toro, en le mettant en valeur constamment. Mora eut de très bons passages avec la main gauche, puis obtint une oreille après un bajonazo. Et puis là c'est la couleur bleue... Et oui... Mouchoir bleu.

Après une première mi-temps intéressante mais quelque peu dérangeante (oreille de Tejela, tiers de piques galvaudé de "Cazador"), c'est "Jazmín" qui ouvrit la deuxième. Il s'est allumé à la première de ses trois piques, mais s'est collé contre le caparaçon bien plus qu'il n'a été brave. Le picador Luciano Briceño a pour sa part été fortement applaudi après avoir mis trois piques TRASERAS.
La suite, comme un malaise... "Jazmín" est noblissime, Tejela l'accompagne et ne met pas une seule fois la jambe. De ce fait, on peut présager que la faena sera longue. Et effectivement, elle l'est. Des passes, des passes, et encore des passes à un toro extrêmement noble, un bonbon, on dirait de la tauromachie Canal Plus ! Ca plaît beaucoup, Tejela se tourne deux fois vers le président Lanati pour demander l'indulto. Deux fois, le président lui répond "NON", mais finit par céder... Encore des couleurs, orange ! C'est l'euphorie. Tour de piste de l'éleveur Ricardo Gallardo, du picador Luciano Briceño, et de Matías Tejela, triomphateur par effraction.

Une fois l'excitation ambiante redescendue, on a vu avec Fandiño face au cinquième le plus beau combat du jour. "Señorío", charpenté, armé, et âgé de cinq ans, était faible en début de parcours avant de se retaper au cours du combat. Fandiño a réalisé une belle faena, engagée, et a surtout remarquablement tué avec une grande estocade. Deux oreilles.

Dans une toute autre mesure, paradoxale, le combat de l'ultime fut également intéressant. Il était un manso décasté et pas facile, face auquel David Mora a tout tenté, s'est joué la vie, et a même frôlé le troisième avis. Cela aurait pu faire trois toros rentrés vivants en deux jours !

Pour tout dire, c'était une corrida de toros intéressante, avec le côté le plus présentable de l'encaste Domecq. Mais cette foutue démesure... J'ai préféré celle de 2009.

Florent

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