lundi 30 juillet 2012

Juillettiste (VII)

PASSIONARITO, TORO DE BANDERA

Il s'est fait attendre.

Côté Nord des Pyrénées l'été, la coutume fixe l'instant de quasiment tous les paseos à 18 heures. Sauf exceptions, comme à Orthez cette année où le démarrage fut convenu pour 18 heures 30. Passionarito, au pelage castaño ojinegro listón, numéro 319 de l'élevage portugais de Veiga Teixeira attendait pour ouvrir le bal. Entre l'ouverture de la porte du toril, lieu le plus mystérieux de toute arène, et son entrée en piste, plusieurs minutes s'écoulèrent.
Et enfin, le magnifique Passionarito déboula sur le sable. Son imposante présence ne faisait nul doute sur son origine lusitanienne avec du sang Pinto Barreiros. Il était bien 18 heures 45 à ce moment-là. Et de suite, il s'est figé au centre, comme s'il exigeait aux hommes leur obligation de venir le chercher. Dans la cape, il fut rude.

Cependant, c'est lors du tiers de piques que le grand moment survint. Avec une première rencontre impressionnante, au cours de laquelle ce Passionarito envoya la cavalerie jusqu'aux planches avant de la soulever. On avait envie de dire poder, et manso con casta.
A la deuxième, prise avec puissance et en poussant dans le matelas, on voyait même une certaine bravoure. La troisième, un refilón. Puis au quatrième assaut, Passionarito fut sur le point de désarçonner le picador, qui se vengea avec une cinquième morsure volée après la sonnerie.

Passionarito était comme imprévisible, une chose qui fait la beauté des toros de combat. Difficile à aborder au moment des banderilles, il était un toro rugueux, puissant et de caste dure voire sauvage, c'est une certitude.
Déjà que la survie n'est pas une chose aisée devant ce genre d'adversaire, on doit saluer les quatre séries droitières très méritoires de Fernando Robleño. Après cela, Passionarito est mort d'une estocade au deuxième essai. Et sa dépouille a été fortement applaudie, tandis que Robleño a donné une vuelta.

Passionarito était un modèle de toro de combat, un toro unique, sauvage, encasté et rare. Un toro pour figurer sur un drapeau.

Florent

(Image de Laurent Larrieu, Campos y Ruedos : Passionarito de Veiga Teixeira)

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