samedi 7 juillet 2012

Voyeur !

Juin est probablement le mois des psychodrames par excellence.
Notez que cette année, les vuvuzelas ont fait défaut dans les enceintes footballistiques. Le bruit de ces longues trompettes donnait l'impression d'avoir une ruche à proximité du poste de télévision. Peut-être aussi, ces instruments découverts par le grand public au cours du mondial Sud-Africain de 2010 permettaient-ils de masquer quelque ineptie au niveau des commentaires ? Cette année, sur la télé numérique, un certain nombre n'a pas eu de vuvuzelas comme gilet de sauvetage pour masquer des propos grotesques. Et je pense notamment à ce consultant de M6 qui le soir du match Angleterre-Italie déclara "c'est difficile de supporter l'Angleterre, et pourtant d'aimer autant les tomates-mozzarella". Il fallait la sortir celle-là...
Cela fait également penser que la référence suprême en matière de commentaires sportifs s'en est allée en ce mois de Juin. L'indispensable Thierry Roland, pour lequel je garderai un impitoyable souvenir d'il y a quelques années au mondial, où à l'issue de la retransmission d'un Suède / Trinidad-et-Tobago s'achevant sur un score de parité, il s'était écrié "ces cons, ils m'ont fusillé mon Loto-Foot !". Roland ayant par avance imaginé une large victoire des Scandinaves.

En Juin cette année, il n'y avait pas seulement le football. Mais également les législatives, notamment dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime. Ce qui a été relayé comme un évènement était en réalité un non-évènement, trivial et grossier. Avec maintenant un peu de recul, on s'aperçoit que ce sujet est déjà obsolète et ne constituait pour les médias qu'une récréation estivale. La société du spectacle dans toute sa splendeur et sa décadence.
Le contexte était curieux, pour ne pas dire ridicule. Législatives version bonnet blanc contre blanc bonnet, sur fond de règlement de comptes. Tout était très superficiel et éloigné de la réalité. Ici, il ne s'agissait que de jouer un poste de député, des indemnités exorbitantes, un peu de célébrité, et basta. Cependant, beaucoup se sont passionnés pour cette dramaturgie rochelaise.
Pendant deux ou trois semaines, soit "tu étais de Falorni", soit "tu étais de Royal". Il faut dire que l'électorat de cette circonscription permettait un tel cas de figure. Durant cette période, les uns et les autres ont parlé de l'ancien maire défunt Michel Crépeau, ont cité du Victor Hugo, ont fait allusion au siège de La Rochelle au XVIIème siècle. Tout cela histoire de ne pas se sentir à poil sur le plan des références historiques et pour paraître plus intelligent que l'adversaire.
Avoir des convictions, c'est une bonne chose. Cependant, de là à se sentir extrêmement héroïque du fait de dénoncer un simple parachutage, il y a comme quelque chose d'excessif. Parachutes, Peña Chut et consorts...
Curiosité aussi, parce que cette "élection" s'est déroulée sur fond d'histoires de moeurs, dans cette circonscription qui comprend La Rochelle et l'Ile de Ré... Ce territoire insulaire pour lequel tu dois t'acquitter de 16 euros de péage si tu as envie de t'y rendre l'été. Au bout d'une dizaine d'années dans le coin, tu la connais l'île de Ré et tu n'as plus grand chose à en découvrir. Mais il y a toujours une sorte de snobisme relatif à cette île accessible par le biais d'une pompe-à-fric sous forme de pont.

Puis vint le jour J, c'était il y a bientôt trois semaines.
Je n'ai jamais été adepte de meetings politiques ou autres sous-évènements de ce genre. Là, je dois reconnaître qu'il y avait une belle occasion d'assouvir ma curiosité et mon voyeurisme.
Alors je suis allé contempler le psychodrame de plus près, avec le discours de Ségolène au Museum d'histoires naturelles, se situant approximativement à 652 mètres de mon lieu de résidence. Ce déplacement ne constituait donc pas un effort physique démesuré nécessitant à l'instar d'une étape du tour de France, une exploration intraveineuse. (A l'insu de leur plein gré).
Et donc, au Museum, tout était très théâtral. Ségolène, pléthore de journalistes et de voyeurs, pour connaître le fin mot de l'histoire.
A cent mètres de là à peine, dans une salle, les partisans de Falorni exultaient, certains semblaient même plus ravi du bajonazo porté à la Ségolène que de la victoire dudit Falorni. Ils fêtaient un peu leur "Chupinazo" à eux.
Entre les deux lieux, partisans de l'un et de l'autre se querellaient verbalement, les insultes fusaient, et les journalistes se ruaient pour pouvoir capter et filmer toutes les frictions.

Vraiment, une scène très éloignée de la réalité, un truc vraiment superficiel. Et si j'en parle, c'est que je n'avais jamais ressenti un tel voyeurisme auparavant. Pas même aux arènes, pas mêmes lors des corridas les plus afeitées ou les plus faibles.
Difficile d'avoir une grande soif de ruedos cette année, notamment lorsqu'on voit les cartels, puisqu'il y a peu de choses très flamboyantes ou très alléchantes. Cependant, cela m'a permis de relativiser. Et je me dis quand même qu'aux arènes, il existe une vérité qui ailleurs a disparu depuis fort longtemps.

La vérité et le pundonor dans de nombreux endroits sont des choses totalement absentes.
Et je pense par exemple à ce France-Espagne de l'autre fois. A la 88ème minute de jeu, et seulement menés 1-0 par l'Espagne, seuls trois français sont montés pour jouer le corner qui aurait permis une égalisation. "Mais réveillez-vous" avait-on envie de leur murmurer ! Pas un seul prêt à se sacrifier, à envoyer un terrible coup de saton, d'échine, ou de sternum, pour transpercer Casillas et faire vaciller l'Espagne.

C'est peut-être l'époque qui veut ça, tout ce manque de combativité et de vérité...
La semaine prochaine, Pernaut parlera probablement de Pamplona et de ses encierros à dose homéopathique dans son indéboulonnable 13 heures. Partout ou presque, il semblerait qu'il n'y ait d'yeux que pour le superficiel, les psychodrames et les conneries.

Une chose est certaine, au niveau pundonor, beaucoup devront passer aux rattrapages.

Florent

1 commentaire:

  1. biéééénnnnn!
    biéééénnnnn!
    biééééénnnn!
    Après les éthylotests, parait-il qu''il faudra munir nos caisses.... d' EXTINCTEURS!!!!!!!!!!!!

    Spectacle! Arnaque! Esbroufe! On n'a pas fini, en matière de psychodrames, d'enfumage.

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