jeudi 4 octobre 2012

Juillettiste (X)

ÉPILOGUE

Et puis l'Automne est arrivé, reléguant bien loin le caniculaire mois de Juillet. Avec Septembre, on a vu une fumée blanche pour la tauromachie émaner d'une décision du Conseil constitutionnel. Avec cette bonne nouvelle, des girouettes ou des opportunistes ont tenté de s'approprier la victoire et la fumée blanche. On ne les changera malheureusement pas.

A cette heure, j'entends que ça gueule par rapport à Mimizan, et on reproche à des aficionados d'avoir voulu en savoir plus sur la naissance des pensionnaires de Camino de Santiago combattus le 25 août. Je reviendrai sur cet épisode.
On nous parle beaucoup quoi qu'il en soit du Concours "Toros de France," si bien que certains y voient même une hégémonie des éleveurs français. On a pu pourtant constater que pas mal d'entre eux se sont lancés plus ou moins récemment dans l'entreprise de toros d'encaste Domecq, histoire de pouvoir jouer sur tous les tableaux et vendre leurs produits le plus possible.
Et pourquoi pas l'an prochain un Concours "Toros du Portugal" ici ? Car de nombreux élevages du campo portugais mériteraient d'être vus au moins une fois en corrida ou en novillada. La liste des prétendants pourrait être longue tellement ce campo regorge de noms intéressants...

Et puis il y a eu cette casaque de "Juillettiste", pour évoquer des courses qui se sont déroulées pendant le mois de Juillet. Pas très original je le reconnais. "Juillettiste", car il y a certainement un peu de français moyen qui sommeille en chacun d'entre nous sans exception.

Cet été, il y avait pas mal de possibilités dans les arènes de France et d'Espagne pour les aficionados, en fonction des préférences de chacun.

C'est ainsi que l'on pourrait imaginer l'histoire d'un quidam juillettiste, malheureux d'avoir quitté sa villégiature estivale dans le Sud-Ouest. Bien après l'été, il aurait rencontré sur une aire d'autoroute un autre quidam, aoûtien cette fois-ci, ayant séjourné sur les bords de la Méditerranée.
Après quelques échanges sur la tauromachie, les deux se seraient rapidement mis d'accord sur le Nirvana en la matière.
Pour les deux, cela correspondrait à un tissu de couleur orange. Et cela tombe parfaitement bien ! Puisque Jazmín de Fuente Ymbro a été vu par le juillettiste à Mont-de-Marsan, et Calabrés de Daniel Ruiz par l'aoûtien à Béziers.
En pays biterrois d'ailleurs, il faut relever qu'au-dessus du toril, il y a une pancarte publicitaire pour un pinard du coin avec indiqué "INDULTO : l'esprit de la feria". On en croirait même que l'affaire en piste était préméditée !
Et puis juillettiste et aoûtien prolongèrent leur conversation, avec l'envie de ne pas regagner la triste routine quotidienne.
Que c'est beau un indulto ! Les gens sont en délire, et ont l'impression qu'il s'agit de l'émotion à son paroxysme dans une arène. Le Nirvana !

Et pourtant... Il y a eu beaucoup (trop) d'indultos en France cette saison. Mais la mode ne fait que poursuivre son cours depuis des années maintenant. On sent derrière tous ces indultos l'amour pour une tauromachie linéaire, avec beaucoup de passes, peu de danger, et un toro collaborateur à souhait. C'est d'un linéaire qui n'en finit jamais... jusqu'à ce que dans les gradins, les gens se mettent à demander la grâce du toro. Un toro très noble, jusqu'à l'extrême parfois, mais qui rassure ceux qui n'attendent que l'extase.

Bien plus éloignés de la civilisation et du linéaire, laissez-nous apprécier Passionarito de Veiga Teixeira combattu à Orthez, Mirlito et Canario de José Escolar Gil combattus à Mont-de-Marsan. Ces toros-là, parmi d'autres remarquables, n'ont pas été graciés. Pourtant, ils resteront encore longtemps dans nos mémoires car ils étaient des coups de tonnerre, puissants, magnifiques, redoutables et sauvages. Loin de la civilisation et du triomphe programmé, on aime avant tout la fête sauvage.

Florent

1 commentaire:

  1. L'indulto: la galéjade qui ridiculise la corrida, et qui finit par la tuer, mais encore, faudrait-il que ses adeptes y réfléchissent un tout petit peu, plutôt que d'en faire une boutade tellement déplacée.
    Au sortir de CERET, le 15 Sept., je tombe sur un éleveur gersois qui m'annonce un nouvel indulto le jour même à Nîmes. Il mentait, il savait à qui mentait, il savait quel plaisir il allait me procurer.
    Il ne se "trompait" que d'un jour: l'indulto de merde, - comme TOUS les indultos peuvent être de merde, ils sont un vol, une tromperie l'apogée du truquage de la corrida - eut lieu le lendemain.
    Mais ces gens-là n'auront jamais conscience du mal qu'ils font à l'aficion, et partant, à la corrida.
    Tant pis pour eux.
    Et pour le public, qui mérite mieux que l'illusion de la décision des sages, décision qui sera tôt ou tard, remise en cause par les fanas de l'abolition. Mais auront-ils tort?

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