mercredi 12 décembre 2012

El Macareno

Tel était à l'époque le sobriquet de celui qui se présenta en France avec picadors le 12 juillet 1991, à Cazaubon, dans le département du Gers. Pour cette novillada nocturne, "El Macareno", âgé de quinze ans, remplaçait Raúl Gracia "El Tato", blessé. Macareno avait débuté dans cette catégorie peu de temps avant, le 24 juin 1991 à Gérone (Catalogne).
Cette année-là, El Macareno fit un total de trois paseos en France, puisqu'il toréa également en août à Argelès-sur-Mer puis à Port-Barcarès. Lors de cette dernière, et pour l'anecdote, un novillo s'échappa des arènes au moment du tiers de piques et fut abattu au fusil par un forain !
On remarquera que sur les quatre arènes précédemment citées, plus aucune n'est en activité à l'heure actuelle (hormis Cazauabon si l'on donne de la considération à sa corrida portugaise annuelle...).

Quant à El Macareno, il prend sa retraite aujourd'hui, 12 décembre 2012. Mais El Macareno a abandonné ce pseudonyme il y a bien longtemps. C'est le nom d'Antonio Barrera qui l'a remplacé sur les affiches.
C'est au Mexique que Barrera, alias El Macareno à ses débuts, va mettre fin à une carrière de plus de vingt ans ! Une carrière avec des hauts, des bas et certaines graves blessures.
Loin d'être un torero d'époque, il s'était présenté en tant que matador en France en juillet 2002, à l'occasion de l'alternative de Julien Lescarret. C'était à Eauze.

Dix ans après, toujours dans ce même département du Gers, il a signé à Vic-Fezensac une prestation héroïque face à l'un des toros les plus armés de la saison. Un Esteban Isidro lors de la corrida-concours de Pentecôte.
Le souvenir s'est peut-être un peu estompé dans les mémoires, car c'était au mois de mai, et la période estivale est arrivée ensuite, offrant d'autres courses et souvenirs notables.
Barrera a affronté le toro d'Esteban Isidro sous un soleil de plomb, vers midi. Peut-être que le ciel n'était pas suffisamment sombre pour pouvoir transmettre une atmosphère des plus inquiétantes. Le toro, impressionnant et très difficile, était des plus inquiétants. Et alors que cela aurait pu être une panique totale, Barrera a triomphé à base de courage, de sérénité, et grâce à un métier affirmé. C'était vraiment beau de voir un torero n'ayant plus rien à gagner se jouer la vie de telle manière dans une arène. On en a même oublié de lui offrir un prix à l'authenticité en fin de saison. Ne serait-ce que pour ce geste, rien que pour ce geste...

Bon vent !

Florent

2 commentaires:

  1. Non, non, le souvenir de Vic ne s'est pas effacé...
    D'autant que ce type de faenas et de toreros "con cojones" (comme Escribano à Tyrosse) devient une rareté.
    Type très dévalorisé par l'élite "chic" qui n'a plus que l'esthétique à la bouche, mais qui appartient à part entière à la tauromachie.
    Merci d'en avoir parlé Florent...

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  2. Le meilleur moment de la feria de Vic. Antonio Barrera y a laissé - un peu tardivement, il est vrai - sa carte de visite à l'aficion du sud-ouest.

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