lundi 31 décembre 2012

En la plaza de Bugarach...

J'ai commencé à connaître cet amphithéâtre de pierres il y a maintenant plus de quinze ans. Son histoire taurine était déjà bien chargée, et que dire alors de son "Histoire" plus que millénaire....
Certainement pas grand-chose à côté de ce que des voix autorisées ont qualifié comme étant la course du siècle, la course de tous les temps à ne pas manquer ! Et beaucoup d'entre nous l'ont manqué, doit-on en pleurer ?

Le Dimanche 16 septembre de l'an de grâce 2012 en la Plaza de Toros de Bugarach... ou plutôt de Nîmes pardon, José Tomás (sobresaliente de Dieu sur terre nous dit-on) a affronté seul six toros terribles, rugeux, armés comme des hordes Perses, et indomptables.
José Tomás affronta en réalité ce jour-là six toros d'élevages différents mais tous du même mono-encaste, nobles et faibles à divers degrés, sans rien d'extraordinaire. Ah si, l'un d'entre eux, porteur du fer de Parladé, fut gracié, et sauvé de la fin du monde par José Tomás de Bugarach, non de Galapagar !
Il paraît que cette course – et je n'invente rien – serait la seule valable de toute l'année 2012. Quand j'étais petit, j'ignorais que l'arène romaine de Nîmes serait témoin d'une telle chose...

Nîmes, arène de première avec des toros de troisième, a vu en fait à cette occasion une corrida dans la lignée de beaucoup d'autres, symbolisant l'apogée de la corrida torerista. Je n'étais pas à Nîmes le 16 septembre, il est possible que José Tomás ait fait démonstration d'un toreo exceptionnel, mais dans quelle adversité ?
En revanche, je suis à peu près certain que les revendeurs et les cafetiers aient triomphé ce jour-là, et que la cavalerie Heyral soit sortie de l'évènement sans grands dommages.

L'année 2012 touche à sa fin, et c'est donc là la seule chose que l'on aimerait nous faire retenir au niveau des toros ? Allons !
Et dire que quelques mois plus tôt dans ces mêmes arènes, Javier Castaño a réalisé quelque chose de peut-être beaucoup plus périlleux. Mais Castaño connut la réussite, et marquera la saison 2012 grâce à de nombreuses et sérieuses prestations.

L'Association des Critiques Taurins de France section Sud-Est a attribué son prix au triomphateur de la saison 2012 à José Tomás, alors que ce dernier n'a effectué qu'une seule corrida en France et dans cette région ! Merveilleux.

On aurait aussi pu penser à José María Manzanares, beau gosse qui se soucie peu de l'habit de lumières et du respect de la profession. On dit qu'exporter la tauromachie dans des domaines autres, la mode par exemple, est une excellente chose. Doit-on absolument tout cautionner ? Doit-on accepter qu'un type travestisse l'habit de lumières en l'utilisant à des fins érotico-débiles ? Sur des photos récentes, on voit Manzanares demi-nu avec l'habit de lumières, on le croirait dans l'attente d'un film pour adultes, tandis que dans les arènes il n'affronte que des toros pour enfants, chicos, terciados, anovillados, ce que vous voulez.
Quelle saveur ont ses sorties par la Porte du Prince de Séville ?

Sur une échelle, il y aurait en haut José Tomás, Manzanares, et quelques autres... Alors que l'on laisserait dans l'ombre tant d'autres en dépit de leur courage et de leurs efforts.
Les sorties en triomphe de Manzanares ont-elles autant d'authenticité que les envols de Vicente Yangüez "El Chano", pour poser les banderilles dans le berceau des cornes, et en sortir sereinement. Notre très cher El Chano qui a été brisé durant cette temporada, ce qui nous a donné énormément de peine vu le nombre de souvenirs mémorables offerts par cet homme.
Je pense aussi à Domingo Navarro, le banderillero qui a décidé de mettre fin à sa carrière car estimant avoir perdu l'illusion. Un grand torero lui aussi, vêtu d'argent, et auteur de coups de cape à la fois discrets, salvateurs et magiques dans les ruedos de la planète taurine. Cela appartient au passé, puisque Domingo a pris cette difficile et inattendue décision.

Il n'y aurait donc pas seulement José Tomás et quelques vedettes en mesure de marquer la saison 2012 !
El Fundi et Antonio Barrera ont également mis un terme à leurs longues et belles carrières. Julien Lescarret aussi a cessé de porter l'habit de lumières, et il aura cette année tout donné à chacun de ses contrats, offrant à l'occasion de bonnes surprises.
Juan José Padilla est revenu de l'enfer pour triompher, une habitude pour ce personnage hors du commun.

Le meilleur pour la fin et pour l'avenir, un trio Fernando Robleño, Javier Castaño, Iván Fandiño. Et des toros que l'on aime tant, Cuadri, Escolar, Valdellán, Prieto de la Cal, Veiga Teixeira, Fernando Palha... et tant d'autres.
Si l'on devait établir une liste des élevages, des matadors et des novilleros que l'on aimerait voir plus souvent, ce serait long ! Saluons les petites arènes, qui ne doivent pas être écrasées par l'événementiel, et qui d'ailleurs, parviennent très bien à vivre sans. Enfin, un gros carton rouge à la municipalité de Collioure qui a laissé sa ville sans toros cette année, la dernière fois, c'était en 1948.

Florent

3 commentaires:

  1. A propos de Manzanares, les photos érotico-tauromachiques ne sont pas une nouveauté.
    Cela fait plusieurs années qu'il se livre à l'exercice -plutôt bien d'ailleurs disent les dammes et ... certains messieurs (il représente une icone du milieu gay ibérique)-
    Tout le monde ne pourrait d'ailleurs y prétendre, et je me demande si ne pointe pas dans tes propos un soupçon de jalousie devant de si magnifiques tablettes de chocolat!!!
    Bonannée

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  2. Bonne année Xavier !
    Mais tu écris "Dammes" comme Hély écrit "Victimmes" ? Tu as choppé le syndrome ?
    Sinon j'ai bien rigolé, car je savais que tu viendrais évoquer la jalousie voire le thème de l'homosexuel refoulé. C'est gentil de ta part...

    La bise.

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  3. Si la plaza de Nîmes était réputée pour la présentation de ses toros et la diversité de ses encastes ,cela se saurait.En effet,il n'y eut rien d'extraordinaire au niveau des toros,si ce n'est que le lot était relativement homogène , qu'ils tenaient debout et qu'ils embistaient.L'hystérie organisée a passablement faussé la course,mais cela était prévisible.
    Vous avouez humblement que vous n'y étiez pas et C'EST BIEN Là LE PROBLEME!!Car si les toros se sont révélés corrects, sans plus, dans l'ensemble,au delà de ce qu'on pouvait espérer,....POUR LE RESTE !!!!!

    manolo

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