mardi 18 décembre 2012

Pas de fantasme pour Adélaïde

Récemment – pas plus tard que dimanche dernier –, plusieurs parties siégeant à l'UVTF ont tenté de faire adopter à toutes les villes membres l'adoption de la pique française. De nombreuses arènes l'utilisent déjà, et il aurait été question de faire un vote en faveur de l'utilisation unique de cette pique.
Contrairement à la pique classique, celle-ci, inventée par Alain Bonijol, ne possède pas de "cordes", et de ce fait, rentre plus facilement dans le corps du toro. Cependant, il n'y a au final pas eu de vote concernant l'adoption systématique de cette pique, car aucune étude et aucune analyse totalement aboutie n'ont été réalisées !
Simple supposition : pour certains, cette pique française devrait être adoptée définitivement car elle ferait moins de dégâts que le modèle classique. Mais étant donné que dans l'écrasante majorité des cas, la pique atterrissant en moyenne à 20, 30 ou 40 centimètres à l'arrière du morrillo, ne serait-elle pas susceptible de causer au contraire davantage de dégâts puisqu'elle est censée entrer "comme dans du beurre" ? Nous verrons prochainement l'avenir de ce débat, même si les choses risquent de rester en l'état.
Concernant l'UVTF, le nombre de questions qu'elle devrait étudier dans la réalité représente un chantier considérable.

Les arènes de Vic-Fezensac utilisent par exemple la pique française à chaque corrida. (Vous noterez que cette phrase me sert seulement de transition pour pouvoir évoquer les élevages choisis en vue de la prochaine feria de Pentecôte !)
On avait murmuré les noms de Valdellán, Dolores Aguirre ou encore Moreno de Silva. Mais aucun de ces trois fers ne sera présent l'an prochain sur la piste gersoise. Il y aura une première corrida de compétition avec deux toros de Murteira Grave (c'est bien !), deux de La Quinta (c'est beaucoup moins bien) et deux de Robert Margé (pourquoi cet élevage à Vic-Fezensac ?). Pour le dimanche matin, le CTV s'est mouillé et a choisi une corrida de José María Escobar (branche Graciliano de l'encaste Santa Coloma), un élevage qui sort très rarement en corrida de toros. Avec celle-ci, les Vicois ont opté pour l'originalité et le pari, et l'on peut supposer que les toros ne seront pas exclusivement de José María Escobar, et qu'il y aura comme à Céret cette année des bêtes porteuses du second fer, celui de Mauricio Soler Escobar (du Buendía avec apport il y a une dizaine d'années de bêtes de San Martín (Chafik)).

Les courses les plus énigmatiques sur le papier sont cependant celles du dimanche et du lundi après-midi !
Pour le dimanche, le Club Taurin Vicois a annoncé une corrida de Cebada Gago, un élevage qui s'est refait une santé aux quatre coins de la géographie taurine grâce à des toros mobiles et encastés. Seulement, le fer de Cebada Gago sera présent dans de nombreuses arènes l'an prochain, et c'est à se demander si c'est bien le rôle d'une plaza aussi emblématique que Vic de présenter un tel élevage. D'ailleurs, ce n'est pas à Vic-Fezensac que les Cebadas ont gagné leur répétition, surtout si l'on se souvient du lot éteint et ennuyeux de la Pentecôte 2011.

Et puis pour finir, des Adelaida Rodríguez comme dessert ! Cet élevage m'avait laissé il y a quelques années maintenant une impression franchement pas terrible, puisqu'à la fin d'une novillada de Fernando Palha à Céret, l'affaire s'était terminée en eau de boudin avec successivement deux sobreros d'Adelaida Rodríguez aussi invalides l'un que l'autre. C'était lors de Céret de Toros 2004.
Cependant, cet élevage a connu quelques belles sorties par la suite en corrida. Je me souviens particulièrement d'un lot à Bayonne lors de l'été 2007, avec López-Chaves, Juan Bautista et Fernando Cruz. Un lot fort intéressant parmi tant d'autres.
Mais ce fer semble être à la baisse ces dernières années... Il y eut notamment La Brède, avec quelques lots de peu de mobilité et de caste. Surtout en 2010, avec six toros très peu piqués et dociles... On pourrait il est vrai avancer le fait qu'à La Brède, les arènes sont portatives et les toros débarqués directement du camion...
Mais la dernière sortie française des Adelaida n'est pas non plus une bonne "avocate", puisque c'était à Istres en août 2012, une course sans histoire. 

Chaque année, il est surprenant que Vic cherche pour sa corrida du Lundi, des lots permettant de mettre des matadors plus "huppés" que la moyenne habituelle de ceux qui viennent à Vic ! Pourtant, le symbole de Vic-Fezensac a toujours été "le Toro avant tout". Et pour cette raison, on ne comprend pas bien certains choix.

Pour finir sur une note très positive, il serait question au mois d'août du retour de la novillada après cinq ans d'absence... et celle-ci proviendrait de Los Maños !

Florent

(Image : un burraco d'Adelaida Rodríguez le 12 août 2007 à Bayonne)

1 commentaire:

  1. Simple supposition : pour certains, cette pique française devrait être adoptée définitivement car elle ferait moins de dégâts que le modèle classique. Mais étant donné que dans l'écrasante majorité des cas, la pique atterrissant en moyenne à 20, 30 ou 40 centimètres à l'arrière du morrillo, ne serait-elle pas susceptible de causer au contraire davantage de dégâts puisqu'elle est censée entrer "comme dans du beurre" ? Nous verrons prochainement l'avenir de ce débat, même si les choses risquent de rester en l'état.
    Concernant l'UVTF, le nombre de questions qu'elle devrait étudier dans la réalité représente un chantier considérable.


    TU AS TOUT DIT QUANT A L'HYPOCRISIE DU MILIEU TOUT ENTIER A CE SUJET

    Quant aux matadores plus "huppés", ils auront loisir à s'amuser, à saboter à la pique et à se profiler pendant 2h30 sur la concours et l'Adelaida, c'est clair !!! Sachant qu'un lot d'Adelaida irait à Bilbao, on n'aura déjà pas, pour les présents de clients, le plus joli.

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