lundi 17 décembre 2012

Sonorités oubliées

Pendant un bon moment, je me suis demandé ce que chacun d'entre nous pourrait advenir sans avoir lu la fameuse "lettre ouverte" de septembre 2012 ! Il paraît que José Tomás a lu cette "lettre ouverte", tout comme Alejandro Talavante, et certainement beaucoup d'autres. Ceux-là ont tout bon et seront gagnants. Pour El Juli, cela semblerait différent...
Que de fantasmes. Il est quand même dingue qu'une personne s'autoproclame "porte-parole de l'afición française" en paraphrasant ce que des centaines d'aficionados affirment depuis maintenant un bon bout de temps.
Tu n'as pas donc pas lu la "lettre ouverte" ? Alors tu es foutu !
En définitive, dans cette obscure affaire, l'afición française voyait peut-être arriver un héros, un sauveur. En fait, elle a simplement vu débarquer un deuxième Chuck Norris, ou plutôt un Tartarin de Tarascon de l'afición. Rien de très intéressant.

Plus les temporadas passent, plus on trouve parfois certaines divergences avec le temps. Ces différences sont parfois avérées, tandis que d'autres fois elles ne sont que pure invention.
Dans les arènes, il semblerait que les sonorités aient changé. Sur les reseñas d'hier, on retrouve bien plus souvent la mention "bronca" envers des toreros qu'à l'heure actuelle. Ce constat est-il dû au fait que l'on "torée mieux" de nos jours ? Aucune certitude, et puis ce postulat est contestable.
Par contre, il est à peu près certain que le public s'offusque moins qu'à une autre époque, pas tellement ancienne.
Bien évidemment, il y a encore des broncas à l'heure actuelle dans les arènes, pour protester des toros mal présentés entre autres choses. Mais ce sont là des broncas plutôt courtoises.
De nos jours, les broncas destinées aux toreros s'arrêtent généralement au bout d'une dizaine de secondes. Elles se transformeraient presque en silence. Le public préférerait donc ignorer et oublier, plutôt que de conspuer. Les broncas déchirantes et délirantes semblent avoir vécu.
A Séville, la Maestranza a toujours été réputée pour son silence glaçant et indifférent envers les toreros sans réussite. Aujourd'hui, ce silence est souvent rompu par des applaudissements, qui incitent parfois même à des "saluts au tiers" galvaudés.

Il est possible qu'il y ait beaucoup moins de broncas qu'auparavant, même s'il en reste quelques vestiges isolés. Il est également probable que le silence total ait disparu. Tout cela est peut-être faux, mais de nombreuses sonorités semblent avoir changé.
Les grandes broncas appartiendraient-elles au passé ?

Florent

(Image : Les arènes de Royan (actuel département de la Charente-Maritime), dévastées par le public mécontent, début du XXème siècle. Image publiée dans Toros n°1175 du 2 mai 1982)

3 commentaires:

  1. avec la passion qui s'étiole peu à epu chez beaucoup , les sentiments s'exarcèbent beaucoup moins et les réactions tièdissent
    soci&té de consommation oblige , en panne on jette et on ne répare plus..déçu, outré on passe à autre chose et on oublie vite c'est également vrai pour les succès de pacotille qui ne veulent plus dire grand chose
    évolution sociétale!!!!

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  2. La dernière vraie bronca que j'ai vécu c'est paradoxalement dans une course toreista ou le public est réputé "cool" avec des toros de JP Domecq. Le 12 aoôut 2005 à Gijon, JM Manzanares père est sortie sous les huées et une pluie de coussins à l'éfigie de la croix rouge. Il me manquait plus qu'on brûle les arènes pour faire un bond au XIX ème siècle. C'était inoubliable
    Mig93

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  3. Ma dernière bronca en date c'est à céret cette année.
    Elle n'était destinée ni aux toros, ni au torero.
    Mais ce fut un réel plaisir de la recevoir.

    JPc

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