lundi 3 décembre 2012

Souvenirs froissés (X)


COBALEDAS

Il n'y avait pas encore internet. Juste des revues taurines, et aussi des journaux, qui à force d'être découpés, triés et classés, rendaient les doigts sales si bien que la serviette de la salle de bain tirait ensuite une triste mine.
Je les ai vus défiler sur des photos en couleur, ou sur des clichés en noir et blanc.
Eux, ils étaient noirs et blancs.
Coliblancos : avec la queue blanche.
Berrendos : blancs avec de grandes tâches noires.
Luceros : avec une tâche blanche sur le frontal.
Girones, bragados, meanos. Calceteros... avec les chaussettes blanches !

Ils étaient pensionnaires de l'élevage de Manuel Sánchez-Cobaleda. A un moment précis, il y a plus de dix ans, je me souviens d'une cruelle interrogation : Ces toros sont-ils donc réservés à la corrida à cheval ?
A Arles ou à Dax si mes souvenirs sont bons, ils sortaient fréquemment pour le "rejón". Ailleurs, à cette  même époque (fin des années 90), ils sont certainement sortis lors de corridas ou de novilladas, mais beaucoup plus rarement.
Je pensais que ces toros, noirs et blancs, aux cornes toujours raccourcies vue leur destination... étaient exclusivement réservés à ce spectacle du rejón. Pas une fois dans ces années-là, une arène française de grande taille ne les a fait sortir en corrida de toros. Peut-être à Tyrosse une fois...

Mais pour le reste, que des corridas équestres, là où le cavalier joue d'espièglerie avec sa monture devant un public souvent différent de celui des corridas de toros. Pas vraiment mon truc.
Je feuilletais les magazines, les journaux, et je voyais ces toros de Sánchez-Cobaleda, toujours destinés au même spectacle.

Sur l'extrait du journal des arènes de Dax de la saison 2000, on voit le nom de l'élevage de Manuel Sánchez-Cobaleda. Il y a une petite erreur, puisque le "Castillero de Huelta" est en réalité "Castillejo de Huebra", le nom de la finca.

Les robes des toros de cet élevage et de cet encaste sont fascinants. Leur morphologie aussi, et certainement leurs comportements dans l'arène. Je n'allais pas voir le rejón, et je n'ai jamais vu combattre un seul toro de Manuel Sánchez-Cobaleda.

A l'heure qu'il est, il semblerait qu'ils aient déjà franchi la porte de l'abattoir...

Florent

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