jeudi 29 mars 2012

Indications

"... Mais il reste la France, et son Afición, saine, libre et fidèle. L'Afición française connaît les élevages espagnols où abondent les toros braves et solides : elle connaît également les élevages portugais qui recèlent d'inépuisables sources de satisfaction, pour peu que les responsables de chez nous veuillent bien consentir un effort d'imagination. Tout peut donc être sauvé. L'année qui vient sera-t-elle celle de la renaissance ? Tout dépend de vous, Messieurs les organisateurs. De vous seuls."

Jean-Pierre Darracq "El Tío Pepe", extrait de son éditorial du 1er janvier 1969. Revue Toros, numéro 853.

Quarante-trois ans nous séparent de ces quelques lignes. Bien des facteurs et des paramètres ont changé depuis, mais force est de constater que ces propos peuvent parfaitement être raccordés aux temps actuels...

Florent

jeudi 15 mars 2012

Flatteur

Valencia. Hier, Mercredi 14 mars. Corrida de Valdefresno, d'encaste Atanasio Fernández-Lisardo Sánchez, une chose pas inintéressante par les temps qui courent. Mais c'est à distance. Sur l'écran, la corrida commence à dix-sept heures. La télévision ôte énormément à la corrida, et il est impossible d'admettre qu'une course puisse être suivie intensément par cet intermédiaire. Mais puisque c'est le début de saison, la télé est utile ne serait-ce que pour se faire une idée, et dans l'attente de se rendre aux arènes dans les semaines ou les mois qui viendront.

Deuxième toro de l'après-midi, baptisé Lisonjero. Numéro 67, né en octobre 2006, soit presque cinq ans et demi, et seul cinqueño du lot. Lisonjero, cela veut dire "flatteur" en français. Il rentre en piste, il est sérieux, bien armé, les cornes pointant vers le ciel. Et il paraît vraiment imposant, pourtant, le panneau affiche 485 kilos...
Lisonjero est un beau toro, à l'habit hivernal, barbu, et poilu comme un bison. Il aurait même pu être appelé Bisonjero.
En Atanasio typique, il s'est montré suelto dans les premiers tiers, remuant aux quatre coins du ruedo. Sa lidia n'a pas été bonne, puisqu'à la première rencontre, il alla sur le picador de réserve, pour pousser longuement avec bravoure, et recevoir malheureusement une interminable pique trasera. La deuxième rencontre sur le cheval titulaire se fit sans mise en suerte là non plus. Et le châtiment fut plutôt bref.

Chez Lisonjero, on découvrait petit à petit que sa mobilité serait permanente. Cependant, il ne pouvait cacher un léger manque de forces, parfois gênant. Après tout, on peut trouver des excuses plus ou moins de bonne foi, comme la mauvaise lidia, le début de saison (nous ne sommes qu'en mars), ou encore cette caractéristique assez répandue qu'est la faiblesse chez Valdefresno, et comme c'est aussi le cas chez Puerto de San Lorenzo.

Puis vint le troisième tiers. Lisonjero était encasté, avançant au galop et trébuchant parfois. Face à lui, le jeune mexicain Diego Silveti passa d'entrée près de la correctionnelle sur un excès de confiance. Au fil de la faena, le toro s'avérait gaillard et pas évident. Encasté et noble, il ne mettait pas simplement et bêtement la tête, mais envoyait plutôt tout son corps dans la muleta du torero, avec le museau proche du sol, soit beaucoup de fijeza. Courageux, Silveti s'est débrouillé comme il le pouvait, et a même donné quelques bons passages à gauche. Mais en plus d'avoir mal tué, il est resté globalement en-dessous de Lisonjero qui offrait là deux véritables oreilles. Mais comment en vouloir à Diego Silveti quand on sait que les membres du G-10 semblent ne plus vouloir voir en peinture tous les élevages de la terre hormis cinq ou six ?

On restera alors avec la belle image de Lisonjero, un très bon toro de Valdefresno, encasté et détenteur d'un beau galop. Et puis c'était un Atanasio...

Florent

mercredi 14 mars 2012

Souvenirs froissés (VIII)

LES ANNÉES FLOIRAC

Ce n'était pas un délire ferroviaire. Scène récente. Peu de temps après que le train ait quitté la gare de Bordeaux en direction de La Rochelle, juste après avoir franchi la Garonne, j'apercevais au travers de la vitre, à une centaine de mètres, plusieurs immeubles multicolores : du orange, du jaune et du marron. Un décor de grande agglomération. Et je repensais à tous les moments écoulés près de ces lieux, car cet endroit-là n'est pas banal. Du moins, il ne l'était pas.

Ces immeubles se situent à Floirac, sur la rive droite de la Garonne, et sous leurs balcons, il y eut des corridas entre 1987 et 2006. C'était une arène métallique, de sept mille places, à peu près comme Vic-Fezensac et Mont-de-Marsan. Une grande arène en fer, avec le vertige absolu pour celui qui irait s'asseoir au dernier rang et se retournerait pour contempler le vide. Du conditionnel ? Pourtant, ce n'est plus possible. Alors au passé : le ruedo était grand et rond, un beau ruedo ! Mais les burladeros étaient en fer et le sable beaucoup trop caillouteux. A Floirac, il n'y avait pas de corrales, pas terrible ça, si bien que les toros étaient débarqués directement du camion après avoir patienté plusieurs jours dans les corrales d'arènes Landaises, souvent Mont-de-Marsan. Assis sur les gradins en fer de cette arène, on voyait en arrière-plan pendant chaque course une gigantesque antenne relais clignoter en rouge toutes les cinq secondes. Mais les arènes ne sont plus là, l'antenne elle, l'est toujours.

Il était écrit que la tradition taurine Bordelaise devait survivre après la fin des arènes du Bouscat en 1961, suite à une novillada de Prieto de la Cal. Les choses ont donc repris en 1987 à Floirac, dans cette grande arène en fer, au pied des immeubles, sur la rive droite de la Garonne. Ces arènes avaient-elles une âme ? Sûrement pas de par leur aspect. Mais en réalité, probablement que oui, du fait qu'il était possible de dire : voilà des arènes à Bordeaux ! Pourtant, je ne pensais pas que cela allait s'arrêter aussi vite, sans un mot ni une cérémonie de fermeture.

A Floirac, il n'y avait pas de politique taurine définie. Pour schématiser vulgairement : plutôt torerista pour la corrida du mois de mai / plus sérieux au mois de septembre. Je me souviens de ces courses. En allant aux arènes, il y avait toujours entre cinq et vingt antis-corridas munis de pancartes. Vingt au maximum. Ils étaient passifs, faisaient partie du décor, et contribuaient au folklore. Passifs, car dans la fin des corridas à Floirac, ils n'y étaient pour rien.
Corrida de l'Oreille d'or au mois de mai, et du Cep d'Or au mois de septembre. C'est assez souvent que la pluie tombait sur le fer et sur le sable caillouteux de l'arène. Pour la corrida de septembre, il n'était pas rare de voir chaque année un matador à l'affiche remplacé pour cause de blessure.

La première à laquelle j'ai assisté, c'était en septembre 1998. Une pluie diluvienne avec des toros de Manuel Morilla. L'automne suivant, des La Cardenilla sérieux et largement armés, mais totalement vides de forces et de caste. Puis des Juan Luis Fraile en 2000.
Le 23 septembre 2001, Richard Milian devait effectuer à Floirac la dernière corrida de sa carrière. Mais à cause de la pluie, celle-ci fut reportée au 14 octobre, où cette fois il faisait un temps printanier ! Après trois semaines de corrales supplémentaires, les Javier-Pérez Tabernero étaient combattus par Richard Milian, Stéphane Fernández Meca et Denis Loré. Milian disait ce jour-là aurevoir à la profession de matador de toros, après avoir sillonné toutes les arènes de France et certaines d'Espagne. Et pas face aux toros les plus prisés par les vedettes...

En 2003, il y eut une corrida-concours qui avait de la gueule sur le papier avec des toros de Tardieu, Fernando Palha, Sao Marcos, Jesús Tabernero Hernández, Françoise Yonnet et Clemares Pérez-Tabernero. Julien Lescarret avait ce jour-là coupé une + une oreille face aux deux toros les plus maniables (Sao Marcos et Clemares). Domingo Valderrama (par ailleurs le seul matador à avoir pris son alternative à Floirac, dix ans auparavant) n'avait pu affronter qu'un seul toro. C'était le Fernando Palha ! Un cinqueño, berrendo en colorado, imposant, manso, mobile et puissant. Valderrama avait sué face à cet adversaire, et dut jeter l'éponge à cause d'une blessure à la main. El Fundi se retrouva ce jour-là avec trois toros, dont le Tabernero Hernández (Vega-Villar) encasté, et le Françoise Yonnet, haut, sérieux et difficile. El Fundi avait été très bon. Le prix au meilleur toro ne fut pas attribué, mais cette corrida-concours reste tout de même un bon souvenir. Un concours inédit, varié, et qui ne serait pas à jeter à l'heure actuelle...

Jusque là, je n'ai pas du tout évoqué les corridas du mois de mai. Et c'est normal, les toros n'y étant généralement pas l'élément principal ! Quant à la dernière corrida importante à Floirac, ce fut celle de Cebada Gago en septembre 2004, avec des toros mobiles et encastés. Par ailleurs, le lot fut primé en fin de saison, et ce fut le dernier de Cebada en France avant plusieurs années d'absence pour motif de Langue Bleue.

Dimanche 24 septembre 2006. Five O'clock. Dernier rencart. 2 toros de Andrés Ramos + 2 Antonio Bañuelos + 2 Mercedes Pérez-Tabernero. Un mélange à ne faire rêver absolument personne ! Devant ce lot bricolé, il y avait Sánchez Vara, Julien Miletto et Mehdi Savalli. Une corrida sans histoire devant moins d'une demie arène. Il n'y eut aucune annonce officielle, et pourtant c'était la dernière...
Cela fait vraiment bizarre d'y repenser aujourd'hui, car je ne pensais pas que cela allait péricliter aussi vite. Dix-neuf ans de corridas dans ces lieux, c'est à la fois beaucoup et rien. Tout est parti d'un coup, et j'ai bien peur que ce soit un jour à l'image de la tauromachie en général. Pourtant, j'essaye de me convaincre du contraire...

Florent

(Images : Arènes de Floirac / La dernière affiche : 24 septembre 2006)

jeudi 8 mars 2012

Le Santa Claus vicois et ses clients

Depuis plusieurs années, la plaza de Vic-Fezensac a perdu peu à peu l'exemplarité qui était la sienne. Car l'histoire taurine de ce village du Gers est très riche, et pour tout dire, Vic-Fezensac aura été le grand bastion du Toro-Toro en France durant des décennies. Et puis, des choses se sont passées, faisant qu'à partir d'un moment, la réputation durement gagnée est venue se ternir progressivement.
Samedi 11 Juin 2011. Ce jour-là, plusieurs éléments nous ont fait penser que Vic-Fezensac se trouvait peut-être dans un virage...
11 heures 03, dans ces eaux-là. Une émouvante minute de silence venait nous rappeler que le maître des lieux, Jean-Jacques Baylac, s'en était allé l'hiver précédent.
18 heures. Début de la corrida de Palha, mal présentée, avec plusieurs bêtes invalides. Mais au final, elle ne fut pas autant protestée qu'elle aurait dû l'être. Comment était-il possible d'embarquer un tel lot pour Vic-Fezensac ? Ne serait-ce qu'au Portugal, n'y avait-il pas autre chose pour remplacer les toritos de Joao Folque de Mendoça ?
Plus tôt dans la journée, il devait être 10 heures 55. Juste avant la corrida de Dolores Aguirre, une annonce au micro faisait état de "clients" plutôt que d'aficionados, à propos des personnes venues s'asseoir sur le ciment de la plaza Joseph Fourniol. Cela n'avait échappé à personne. "Client" ? Un terme curieux, bien plus économique qu'autre chose, et censé désigner de simples consommateurs.

A la fin de l'année dernière, les combinaisons ganaderas pour Pentecôtavic 2012 étaient déposées sous le sapin. Une édition bien singulière par rapport aux précédentes, marquée par le signe du changement. En effet, on a appris que la fête traditionnelle de Pentecôte autour des arènes et dans le village serait suspendue pour deux années à partir de 2012. Sans grand risque de se tromper, on pouvait avec cette information envisager que cela aurait des conséquences sur la fréquentation des arènes le mois de Mai venu.

Mais plutôt que d'émettre des hypothèses sur le remplissage des arènes lors de la prochaine Feria, revenons-en plutôt aux élevages annoncés pour les cinq courses de la Pentecôtavic 2012 :

- Le Samedi après-midi, il y aura une corrida de José Escolar Gil, un élevage en forme, et qui n'avait pu venir en 2011 à Vic à cause d'un problème de carte verte. Admettons.

- Le Dimanche après-midi, il y aura une corrida des Frères Granier (devise française d'encaste Santa Coloma) rentrant dans le cadre du Concours "Toros de France". Cela fait d'ailleurs longtemps que cet élevage n'a pas été affiché en course complète (corrida ou novillada). Alors pourquoi pas ? Admettons.

- Le Lundi matin, ce sera une corrida de Flor de Jara (anciennement Bucaré), d'encaste Santa Coloma-Buendía. Un fer souvent vu en novillada ces dernières saisons. Admettons.

- Le Dimanche matin, ce sera une corrida-concours. Élevage par élevage, cela donne ça :
1) Carriquiri, un nom historique..... d'encaste Núñez depuis des lustres.
2) Joaquín Moreno de Silva, les Saltillos. Ce n'est pas souvent ces derniers temps que l'occasion a été donnée de voir des toros adultes de cet élevage. Il y aura d'ailleurs une corrida complète pour Céret de Toros.
3) Fidel San Román. Anciennement Guardiola Domínguez. Actuellement, ce sont les frères Carreño qui s'en occupent.
4) Esteban Isidro. Anciennement appelé Martínez Elizondo, propriété de la famille Chopera. Du Domecq.
5) Alcurrucén. Un nom bien connu, d'encaste Núñez, et qui depuis trois ou quatre ans peut parfois apporter son lot de surprises.
6) Joselito. Encaste Domecq. Un élevage qui fournit de temps à autres des toros vraiment encastés et intéressants. Notons que chaque année, la famille Chopera fait acquisition de la quasi-intégralité de la camada.
Rien de très exotique donc pour cette corrida-concours. A condition qu'il ne s'agisse pas de fonds de tiroirs... Admettons.

- J'oubliais, le Samedi matin, en ouverture de la Feria de Vic, il y aura une novillada hybride, que l'on pourrait même appeler la "Novillada 2+2". Ce seront deux novillos (avec picadors) et deux erales (sans picadors) provenant d'élevages départementaux. Quant à la dernière novillada formelle à Vic-Fezensac, elle a eu lieu en 2010. Et elle ne reviendra probablement pas cette année... Difficile à admettre. Et dire que la novillada de Pentecôte a été pendant longtemps quelque chose d'important au sein de la feria (comme seul exemple, on peut citer les courses de Barcial des années 90).

Voilà donc ce qu'il en est au niveau ganadero de la prochaine feria vicoise. Il faudra par ailleurs attendre un peu de temps afin de connaître les noms des piétons pour pouvoir se faire une idée globale des affiches. Pour ce qui est des cornus, malgré la présence des Escolar, on ne retrouve rien de très enthousiasmant, ni même de variété dans les encastes présentés. Et je n'aborde même pas la question du prix des places... "Clients" ils avaient dit ?

Florent

mardi 6 mars 2012

Souvenirs froissés (VII)

SUR LA RHUNE

Rubrique souvenirs, numéro 7, saison 1997.
Ma première corrida à Bayonne. Quelques jours auparavant, j'avais aperçu la Rhune, point culminant du Pays Basque, de l'Euskadi, ou de la Basquie si vous préférez. Les six pupilles de la corrida de Bayonne appartenaient à l'élevage de Doña María Loreto Charro, d'encaste Atanasio Fernández. Parmi quelques images que j'ai de cette course donnée sous un ciel voilé distribuant des gouttes de pluie, il y a celle d'un toro soulevant la cavalerie.
Un Loreto Charro, un Atanasio, pas venu là pour faire de la figuration et qui à l'heure du tiers de piques, poussa puis souleva le cheval ainsi que le cavalier avec une puissance sublime. L'image qui me reste est figée. Le cheval était "en haut", dans les cordes, et on aurait dit qu'il allait terminer sa course de l'autre côté des barrières. Très haut ! Sur une dune, sur la Rhune, voire sur la lune.
Je n'ai retrouvé qu'une seule image de ce moment-là, de ce moment précis, c'est peu, mais c'est déjà beaucoup. Elle est issue de la revue Semana Grande. On y voit donc le Loreto Charro envoyant dans les airs la cavalerie. Quelques années seulement après cette corrida, l'élevage de Doña María Loreto Charro n'avait plus aucune goutte de sang Atanasio, ce dernier étant substitué par du Domecq... Soupir.
Le plus extraordinaire dans cet instant figé resté en mémoire, c'est que bien des années plus tard, j'ai su en plus que le cheval en question était un Fontecha, nom propre auquel on pourrait associer comme synonyme celui de forteresse. Une forteresse sur la Rhune.

Florent

dimanche 4 mars 2012

Invictus

Je suis rentré chez moi un soir, on m'a dit que Padilla était entre la vie et la mort. Je n'ai jamais réellement compris cette expression. Toutefois, elle laisse planer beaucoup de gravité et quelque chose de dramatique dans l'atmosphère. C'était à Saragosse, Juan José Padilla venait de recevoir un horrible coup de corne au visage. Le descriptif de la blessure a déjà été détaillé mille fois, et il est inutile de le rappeler. Simplement, il s'agissait peut-être là de l'effroi à son paroxysme.
Je pensais pourtant naïvement que Padilla était à l'abri de ce genre de choses depuis le temps, comme si ses déboires à cause de la corne n'appartenaient qu'au passé. Mais voilà, un toro est venu rappeler la réalité de l'arène et ses dangers.
Juan José Padilla était dans un état très grave, mais pourtant, je dois reconnaître que je n'ai pas eu une énorme inquiétude à son égard une fois sa vie sauvée. Cette histoire est extraordinaire, et pourtant, pour ceux qui connaissent le tempérament de ce matador, elle n'est pas étonnante, du style : si Padilla est en vie, alors forcément, il retournera dans l'arène...

C'est aujourd'hui, Dimanche 4 Mars, qu'il va de nouveau s'habiller de lumières, à Olivenza. Il affrontera à cette occasion des Núñez del Cuvillo. Des Cuvillos certes, mais au fond peu importe. Car Padilla est de retour, pour continuer à vivre face au toro de combat, et se lancer un putain de défi. Il n'aura en tous cas jamais baissé les bras depuis le mois d'Octobre, et son parcours a de plus en plus quelque chose de légendaire et d'indescriptible.
Il est vrai que les médias en ont beaucoup fait à propos de Padilla depuis cinq mois. Dès aujourd'hui, le "morbo" battra certainement son plein. Le "morbo", en espagnol, une sorte de sentiment malsain, de voyeurisme. Car forcément, il y aura des gens qui auparavant n'avaient aucune idée de la tauromachie mais qui pour le coup, vont vouloir voir, juste comme ça, l'homme qui s'est relevé.... une fois de plus. Le voyeurisme et la recherche permanente du sensationnel existent, c'est ainsi, et il est impossible de lutter contre.

Cependant, l'important reste que les aficionados soient conscients du courage de Padilla, de sa volonté, de son abnégation, malgré une blessure effroyable. On pourra sans honte aucune dire que le terme "héroïque" est faible. Il s'agit de quelque chose que l'on ne peut pas passer sous silence, une histoire hors du commun, au sein d'un domaine hors du commun, celui où des hommes vont jouer leur existence face à des toros de combat.

Florent