jeudi 25 octobre 2012

Un 25 octobre... Il y a 25 ans

L'activité taurine bordelaise s'était mise en sommeil le Dimanche 9 juillet 1961. Ce soir-là, après une novillada de Prieto de la Cal pour Jesús Sánchez Jiménez, Tomás Sánchez Jiménez et Alfredo Sánchez, un escalier des arènes du Bouscat s'effondra, provoquant la mort d'une personne et en blessant sérieusement quatre autres. Après cet accident, une interdiction préfectorale fut prononcée quant à l'utilisation des arènes du Bouscat.
A cette date, Bordeaux possédait déjà une tradition taurine considérable car très ancrée.

Et puis, un après-midi d'automne 1987, les Toros sont revenus sur les bords de la Garonne.
A Floirac, le Dimanche 25 octobre 1987, il y avait à l'affiche des toros portugais de José Samuel Lupi pour Francisco Ruiz Miguel, Nimeño II et Miguel Sánchez Cubero. Un retour marqué par de nombreuses controverses, vingt-six ans après la fermeture des dernières arènes bordelaises.

A leur tour, les arènes de Floirac fermeront relativement jeunes, en 2006. Une histoire plutôt brève. Pourtant, elles auront été le traditionnel rendez-vous des corridas de clôture de chaque saison. Alors désormais, quand vient septembre ou octobre, il y a des dimanches où l'on rêverait voir surgir des toros à Bordeaux...

Car Bordeaux est un véritable lieu de tradition taurine. Ne l'oublions jamais. 

Florent

(Images : Le dernier paseo à Floirac le Dimanche 24 septembre 2006 / L'affiche inaugurale de la corrida du Dimanche 25 octobre 1987)

lundi 15 octobre 2012

Le syndrome de Dédé Nobel-Viar

C'est arrivé un matin sans prévenir et sans aucun signe préalable.
Mal de tête, jambes engourdies et sentiments obsessionnels...
J'ai dû aller voir le psy.

En rentrant, ma tête gonflée comme une pastèque a heurté la porte. Et mes chevilles enflées rendaient la marche difficile.
Je me suis assis, et longtemps j'ai attendu en me demandant avec inquiétude ce qui pouvait m'arriver.
Puis le médecin est entré, et m'a demandé de le suivre. Le périple entre la salle d'attente et le cabinet me paraissait être un exploit sortant totalement de l'ordinaire.

De nouveau assis, je voyais face à moi le médecin, et tout pouvait commencer. Le souvenir de cette consultation restera pour moi ancré. Sous le choc, je me rappelle encore de chaque détail...

- Bonjour Monsieur, dites-moi donc ce qui vous amène à consulter ?
- J'aimerais tant le savoir de manière précise et définitive. Hélas, il me semble que cela sera dur pour vous à cerner.
- Mais vous avez des symptômes physiques ?
- Oui, énormément. Le matin où je vous ai appelé pour une consultation, ma tête était gonflée, mes chevilles enflées, les idées pas très claires, mais je sentais malgré tout une sur-puissance de mon esprit. Depuis, tout cela ne me quitte plus.
- Vous avez une passion dans la vie qui vous permettrait d'oublier cette fixation permanente ?
- Oui, la tauromachie !
- C'est rare dites-moi, vous pratiquez ?
- Non, enfin comment dire ? La réalité est beaucoup plus complexe, car je possède de multiples casquettes en la matière !
- Et vous êtes convaincu que vos maux n'ont pas de rapport avec cette passion ?
- Je ne sais pas...
- Allons ! Peut-être faut-il creuser dans cette idée pour en savoir davantage. Comment vous positionnez-vous face à cette passion ?
- Ah ! Mes idées s'éclaircissent. Vous savez, j'ai une impression de toute puissance. Un peu comme si je possédais le pouvoir et le savoir d'un génie. Nul ne peut m'atteindre en la matière !
- Comment est-ce possible ?
- C'est trop difficile à expliquer. Il faudrait lire l'intégralité de ma prose pour mieux comprendre docteur !
Les exemples sont nombreux. Vous avez entendu parler du célèbre José Tomás ? Eh bien c'est grâce à mes écrits qu'il a triomphé à Nîmes en septembre.
Aussi, lorsqu'un organisateur que je n'apprécie guère propose une corrida, j'envoie un SMS aux cieux ainsi qu'à Météo France pour que la pluie s'abatte.
Enfin, la corrida d'Escolar Gil à Mont-de-Marsan au mois de juillet, peut-être en avez-vous également entendu parler ? Et bien là-encore, je me suis rendu dans le champ où vivaient ces toros quinze jours avant le grand rendez-vous ; je leur ai demandé d'être magnifiques et terribles à la fois !
- Dites donc, vous m'avez l'air fortement occupé dans ce domaine. Vous avez une finalité ?
- Sincèrement, je pense légitimement mériter un prix Nobel de tauromachie.
- Vous êtes de Vieux-Boucau ?

Florent

jeudi 4 octobre 2012

Juillettiste (X)

ÉPILOGUE

Et puis l'Automne est arrivé, reléguant bien loin le caniculaire mois de Juillet. Avec Septembre, on a vu une fumée blanche pour la tauromachie émaner d'une décision du Conseil constitutionnel. Avec cette bonne nouvelle, des girouettes ou des opportunistes ont tenté de s'approprier la victoire et la fumée blanche. On ne les changera malheureusement pas.

A cette heure, j'entends que ça gueule par rapport à Mimizan, et on reproche à des aficionados d'avoir voulu en savoir plus sur la naissance des pensionnaires de Camino de Santiago combattus le 25 août. Je reviendrai sur cet épisode.
On nous parle beaucoup quoi qu'il en soit du Concours "Toros de France," si bien que certains y voient même une hégémonie des éleveurs français. On a pu pourtant constater que pas mal d'entre eux se sont lancés plus ou moins récemment dans l'entreprise de toros d'encaste Domecq, histoire de pouvoir jouer sur tous les tableaux et vendre leurs produits le plus possible.
Et pourquoi pas l'an prochain un Concours "Toros du Portugal" ici ? Car de nombreux élevages du campo portugais mériteraient d'être vus au moins une fois en corrida ou en novillada. La liste des prétendants pourrait être longue tellement ce campo regorge de noms intéressants...

Et puis il y a eu cette casaque de "Juillettiste", pour évoquer des courses qui se sont déroulées pendant le mois de Juillet. Pas très original je le reconnais. "Juillettiste", car il y a certainement un peu de français moyen qui sommeille en chacun d'entre nous sans exception.

Cet été, il y avait pas mal de possibilités dans les arènes de France et d'Espagne pour les aficionados, en fonction des préférences de chacun.

C'est ainsi que l'on pourrait imaginer l'histoire d'un quidam juillettiste, malheureux d'avoir quitté sa villégiature estivale dans le Sud-Ouest. Bien après l'été, il aurait rencontré sur une aire d'autoroute un autre quidam, aoûtien cette fois-ci, ayant séjourné sur les bords de la Méditerranée.
Après quelques échanges sur la tauromachie, les deux se seraient rapidement mis d'accord sur le Nirvana en la matière.
Pour les deux, cela correspondrait à un tissu de couleur orange. Et cela tombe parfaitement bien ! Puisque Jazmín de Fuente Ymbro a été vu par le juillettiste à Mont-de-Marsan, et Calabrés de Daniel Ruiz par l'aoûtien à Béziers.
En pays biterrois d'ailleurs, il faut relever qu'au-dessus du toril, il y a une pancarte publicitaire pour un pinard du coin avec indiqué "INDULTO : l'esprit de la feria". On en croirait même que l'affaire en piste était préméditée !
Et puis juillettiste et aoûtien prolongèrent leur conversation, avec l'envie de ne pas regagner la triste routine quotidienne.
Que c'est beau un indulto ! Les gens sont en délire, et ont l'impression qu'il s'agit de l'émotion à son paroxysme dans une arène. Le Nirvana !

Et pourtant... Il y a eu beaucoup (trop) d'indultos en France cette saison. Mais la mode ne fait que poursuivre son cours depuis des années maintenant. On sent derrière tous ces indultos l'amour pour une tauromachie linéaire, avec beaucoup de passes, peu de danger, et un toro collaborateur à souhait. C'est d'un linéaire qui n'en finit jamais... jusqu'à ce que dans les gradins, les gens se mettent à demander la grâce du toro. Un toro très noble, jusqu'à l'extrême parfois, mais qui rassure ceux qui n'attendent que l'extase.

Bien plus éloignés de la civilisation et du linéaire, laissez-nous apprécier Passionarito de Veiga Teixeira combattu à Orthez, Mirlito et Canario de José Escolar Gil combattus à Mont-de-Marsan. Ces toros-là, parmi d'autres remarquables, n'ont pas été graciés. Pourtant, ils resteront encore longtemps dans nos mémoires car ils étaient des coups de tonnerre, puissants, magnifiques, redoutables et sauvages. Loin de la civilisation et du triomphe programmé, on aime avant tout la fête sauvage.

Florent