vendredi 1 février 2013

Il faut sauver le soldat Alès

Je garderai toujours l'image de ce ciel entièrement bleu en allant à Alès pour assister à une corrida étant gamin, c'était au printemps 1998. Un ciel bleu, comme éternel. Tout était parfait, que d'insouciance, la France allait être championne du monde, et puis on ne pensait même pas aux années qui allaient défiler. Éternelle, c'est ainsi que l'on rêve la jeunesse.

D'un point de vue au figuré, le ciel n'est plus aussi bleu au-dessus d'Alès. Il faut dire qu'avec la décision du Conseil constitutionnel du 21 septembre 2012 relative à la corrida, notre passion commune, une chose était certaine : Les anti-taurins ne s'arrêteraient certainement pas dans leur combat qu'ils trouvent juste, nécessaire, indispensable, moral et j'en passe...
Après avoir essuyé des échecs sur à peu près tous les fronts existants, voilà qu'ils tentent désormais de s'attaquer à la tauromachie au niveau local. Ces dernières semaines, on entend beaucoup parler d'Alès et des remous inhérents à la célébration de corridas dans cette ville des Cévennes, parallèlement à la nomination d'un nouvel organisateur.

C'est donc Alès et ses arènes dites du "Tempéras" qui sont les victimes des agitateurs, de la médiatisation excessive et des propos outrageusement fielleux envers la corrida et ses passionnés.
Plus le temps avance, plus on a l'impression que l'opposition à la corrida est un rôle agréable pour beaucoup qui ne tenteront pas de la connaître et d'ouvrir la première page. Etre contre la corrida aujourd'hui, c'est endosser le maillot du citoyen branché, suffisamment anti-conformiste, un minimum protestataire, ne serait-ce que pour faire semblant. En fait, on nous ressert un énième discours à la mode.
Le pire dans tout cela, ce ne sont peut-être pas les protestations des anti-corridas auxquelles nous sommes habitués, mais bien la position d'un homme en vue des élections municipales de 2014. Mais comment peut-on utiliser la corrida comme argument électoral et en faire un enjeu politique ? Dans beaucoup d'endroits, on nous dit qu'il faut en finir avec la corrida car elle génère trop de dépenses. Il faudrait signaler aux titulaires de ce postulat que l'économie de la corrida est quelque chose de très résiduel dans un pays comme la France.
Certains veulent faire de notre passion un thème national, d'une importance capitale, pour tenter de la sacrifier aux yeux de tous. Mais tant qu'il y aura des aficionados, ils auront bien du fil à retordre.
En parlant de statut d'anti-conformiste, à la banalité confondante, je relevais ce propos chez le candidat évoqué plus haut : "La société a évoluée depuis 1989 et la première Féria d'Alès, le regard des français comme des Alésiens sur la corrida a changé". En plus d'être affublée d'une faute d'orthographe, cette phrase ne veut strictement rien dire, et je suis presque désolé d'un tel constat ! La vacuité est en présence, et l'on aimerait demander sur quelles études s'appuie une telle affirmation.

Le ciel n'est donc plus aussi bleu au-dessus de la ville taurine d'Alès, elle est comme prisonnière de discours à la mode, sans fond, avec au-delà les carcans désormais inévitables imposés par des médias médiocres. Eux aussi anti-conformistes de façade.

L'un des autres postulats en présence, c'est affirmer qu'Alès ne possède pas de tradition taurine ! Ignorance pure.
Pour ceux qui ne seraient pas réfractaires à la lecture, il suffirait de parcourir le livre "Histoire taurine d'Alès" de Philippe Lavastre (qui a également réalisé le livre sur la tauromachie à Vichy).
Dans la petite arène ovale d'Alès, un jour pluvieux du printemps de l'année 1990, les toros du Curé de Valverde ont débarqué avec leur toute puissance. Parmi bon nombre de corridas notables, celles du Curé de Valverde suffisent pour caractériser un manifeste de la tradition taurine d'Alès.

Ainsi, en plus d'avoir une tradition taurine affirmée, les arènes d'Alès ont un caractère, fort et presque montagnard, il faut dire que les Cévennes sont voisines. Là-bas, tant de toros fiers et puissants, et tant de maestros téméraires sont passés. Pendant que les premiers vendaient chèrement leur peau et les seconds se jouaient la vie dans la solitude sonore de l'arène, peut-être qu'il y avait déjà un début de cacophonie avec des bruits protestaires. Ces bruits n'ont pas été entendus, car la vérité et la réalité de l'arène sont ailleurs, comme dans un monde à part. Il en sera certainement de même pour les futures courses à Alès. D'ici là, espérons que le ciel entièrement bleu revienne enfin. On le souhaiterait éternel.

Florent

P.S : Avant une corrida de la feria d'Alès 2004, des anti-taurins se sont jetés au centre de l'arène, pour s'enchaîner... avec des enfants comme boucliers. Triste époque.

4 commentaires:

  1. J'y étais! Et ces voyous dégagés manu militari- et comment pourrait-il en être autrement - se présentent ensuite en victimes!
    C'est le monde à l'envers. Mensonges, scénarios truqués pour apitoyer les médias en quête de scoops, pendant ce temps-là, occultés les vrais problèmes. Mais Xavier a raison; le silence assourdissant des aficionados en dit long sur la profondeur du mal

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  2. Je cite : "il faudrait signaler aux titulaires de ce postulat que l'économie de la corrida est quelque chose de très résiduel dans un pays comme la France."

    ça par contre, ce n'est pas défendable hélas

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  3. Pas défendable ? J'attends tes justifications.
    La somme des budgets d'organisation de toutes les corridas et novilladas en France chaque année atteint à peine quelques millions d'euros. Donc... comparé à la vie économique du pays, au PIB, franchement... Je sais que t'aimes bien l'antithèse mais quand même.

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  4. Ma justification est que même si c'est peu, un anti à cheval sur le sujet refusera logiquement que le moindre centime de ses impôts soit employé à combler le moindre trou taurin ; c'est comme ça que je vois la chose ; après, il y a le gain TVA qu'ils ne voient plus.

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