mardi 5 février 2013

Le retour des Cuadris

La dernière fois qu'un lot de Cuadri a été combattu en France, c'était à Céret, le 12 juillet 2009... Et pour tout dire, ce fut un échec, un ennui, une déception, confirmant la mauvaise passe traversée depuis des années par cette devise prestigieuse.
Qui hormis les personnes veillant quotidiennement à la destinée de cet élevage pouvaient envisager un retour au premier plan dès la saison 2010 ?
Car du jour au lendemain, les toros de Cuadri ont de nouveau illuminé les ruedos. Prix au meilleur toro de la San Isidro 2010, lot d'un grand intérêt à Saragosse la même année, et puis des cuvées 2011 et 2012 de haut vol. La patience de la famille Cuadri et du mayoral José Escobar aura ainsi payé, si bien que les "Cuadris" sont redevenus une valeur sûre de l'arène.

Le dernier lot de toros de cet élevage combattu en France, c'était donc à Céret en 2009, et il y eut par la suite deux toros isolés. Le premier lors de l'exceptionnelle corrida-concours d'Arles de 2009 marquée par les exemplaires de María Luisa Domínguez Pérez de Vargas, Prieto de la Cal et Hubert Yonnet ; et le second, à Vic-Fezensac lors de la corrida-concours de Pentecôte 2011.
Durant ces trois dernières années qui ont été excellentes pour Cuadri, un seul exemplaire a été vu en France. Il faut dire que la maison ne fait pas dans la surabondance et encore moins dans la duplication de toros de type commercial. Un lot de Cuadri est donc une denrée rare.
Dans cet élevage, le toro lambda en impose, il est large, fier, sérieux et impressionnant. Le toro de Cuadri est d'ailleurs probablement celui qui a le plus de présence et de prestance en piste à l'heure actuelle.

Comme un symbole, c'est à Céret que les toros de Cuadri vont faire leur retour en France, là où ils étaient venus pour la dernière fois, il y a déjà quatre ans. Pour cela, l'ADAC est parvenue à obtenir le lot initialement prévu pour Bilbao. D'ailleurs, le choix de l'arène Basque de ne pas prendre cette course est étonnant, car Cuadri est un gage de sérieux et d'authentique. Mais il faut dire que Bilbao depuis un certain nombre de saisons sonne comme une plaza torista "canada dry". La plupart du temps, ce sont des élevages vus partout ailleurs durant la saison qui foulent le sable de Vista Alegre à la fin août, avec certes de la présence, mais occasionnant surtout pas mal de déceptions au final. Année après année, Bilbao fait dans la redondance au niveau des ganaderías, si bien que l'on n'a plus envie d'y mettre les pieds. De cette grande arène à la politique torista chancelante, le président Matías González et ses mouchoirs de couleurs diverses ne sont qu'un arbre cachant la forêt.

D'ailleurs, à bien y réfléchir, il est mieux que le lot de Cuadri dont il est question aille à Céret plutôt que dans n'importe quelle arène provinciale de première catégorie. En Espagne, dans l'écrasante majorité des arènes, et quel que soit le lot de toros ; l'autorité ainsi que les hommes en piste font tout pour éviter un tiers de piques intègre et propre ! A Bilbao ou ailleurs, on envoie deux fois minimum/maximum le cornu à la pique. Souvent, il en ressort dézingué. C'est quand même très frappant, car rares sont les fois où dans une grande arène espagnole (hormis dans le cadre des corridas-concours) on peut voir un toro aller plus de deux fois au cheval.
En France, la réalité est différente. Il y a des arènes qui se préoccupent bien plus du tiers de piques. Et pour cette raison (parmi tant d'autres), c'est bien que les toros de Cuadri atterrissent à Céret...

Florent

(Image : L'affiche des toros de Cuadri sur le mur des corrales de Céret en 2009. La corrida en question vit défiler cinq toros de Cuadri et un sobrero de Fidel San Román. Chez les piétons, il y avait Fernando Robleño, Sergio Aguilar, et David Mora qui remplaçait José Miguel Pérez "Joselillo" blessé à Pamplona)

2 commentaires:

  1. Geste très taurin de la part de l'ADAC !

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  2. Quand ils veulent, ne fonctionne pas toujours bien..

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