vendredi 19 avril 2013

Toros de Sánchez-Fabrés en Saint-Sever

A peine trois mois se sont écoulés depuis les premiers mouvements du collectif baptisé "Pedro Llen". Pedro Llen, c'est le nom de la finca du Campo Charro où vivent les toros de Sánchez-Fabrés, rares détenteurs à l'heure actuelle du sang Coquilla.
Le but de l'association qui venait de se former, c'était de faire courir en France l'unique lot de toros que possède Juan Sánchez-Fabrés. Une démarche pour éviter deux choses à ces toros : au pire l'abattoir, au mieux une fiesta campera ou un combat en privé.

En 2013, les toros de la branche Coquilla de l'encaste Santa Coloma sont quasiment un anachronisme dans les ruedos. Il faut dire que depuis les années 90, ils ont progressivement disparu des affiches, et les occasions de les voir sont devenues de plus en plus rares.
Le 8 mai à Saint-Sever, il y aura donc une corrida avec six toros des Herederos de Alfonso Sánchez-Fabrés, puisque le collectif mis en place a atteint son objectif, après avoir recueilli suffisamment de fonds. Racket malhonnête pour les détracteurs, forme audacieuse de "corrida participative" pour les enthousiastes, en tout cas personne n'était obligé d'envoyer des dons à cette association. Le consentement était libre, mais plusieurs barrières ont été mises sur la route de l'association de manière incompréhensible. En définitive, l'afición semble avoir répondu à cet appel, pour éviter aux six toros de Sánchez-Fabrés le sort de l'anonymat.
Ils méritaient bien une sortie en corrida formelle ces toros si rares ! Et il s'agira à l'occasion de la première corrida de l'année dans les Landes. Le plus étonnant dans l'affaire, c'est de savoir qu'au début de l'année, absolument aucun organisateur espagnol n'avait dans ses plans le lot en question pour une feria ou une corrida isolée.
Au Campo Charro, l'époque est morne, seuls les Garcigrande, les affreux García Jiménez de la famille Matilla, les Lisardos de Valdefresno et Puerto de San Lorenzo, et peut-être aussi les Adelaída Rodríguez parviennent à se tailler des parts de marchés. Les autres sont quasiment tous tombés aux oubliettes.

A l'initiative de la "corrida participative" du 8 mai, il y a des jeunes aficionados, Luc Larregain, et également Antoine Capdeville, qui aura à coeur que le projet aille jusqu'au bout dans de bonnes conditions, puisque les arènes portent le nom de son grand-père.

"Corrida participative" oui, car chacun ayant apporté sa pierre à l'édifice pourra le 8 mai se sentir un peu plus concerné qu'en des temps habituels.
Ce jour-là, il y aura à l'affiche José Calvo, un torero de Valencia qui s'est présenté en tant que novillero en France le 21 mai 1995, à Dax, face à des novillos portugais de Sao Marcos. En France la même année, il toréa à Fréjus et à Beaucaire. Et depuis 1995, Calvo n'est jamais revenu chez nous ! Le 16 mai 2010, il était annoncé à Alès avec une corrida du prestigieux fer d'Adolfo Martín, mais il fut sérieusement blessé la veille lors d'une corrida en Castille. Saint-Sever sonnera pour lui comme une seconde chance. Ce sera là sa présentation en France en tant que matador.
Il y aura également au cartel le colombien Luis Bolívar, qui connaît une carrière en dents de scie, et le français Thomas Dufau, qui a immédiatement accepté cette corrida lorsqu'elle lui fut proposée.

Le 8 mai à Saint-Sever, il y aura donc "6 toros de Sánchez-Fabrés 6". Vers 20 heures 30 ce soir-là, le ruedo aura donné son verdict.

Même s'il ne sera jamais la norme, et c'est bien compréhensible, le modèle de "corrida participative" nous laisse à réfléchir, car il est viable, se situant hors du circuit conventionnel, et pourrait permettre pourquoi pas de ressusciter des traditions taurines en sommeil...

Florent

(Images : Fernando Tendero face à "Granizo" de Sánchez-Fabrés, le 12 juillet 2009 à Céret / "Español", n°30, pour le 8 mai à Saint-Sever)

1 commentaire:

  1. " Vers 20 heures 30 ce soir-là, le ruedo aura donné son verdict."

    Et après ?

    JPc

    RépondreSupprimer