mercredi 12 juin 2013

Records de Catalunya (IV)

FINITO DE CORDOBA

Juan Serrano Pineda, plus connu comme "Finito de Córdoba", est né – comme son surnom ne l'indique pas – à Sabadell, banlieue de Barcelone. Il a fait ses premiers pas de becerrista dans le complexe touristique de la Isla Fantasia au temps pas si lointain où les taurins catalans organisaient des courses de promotion au beau milieu des touristes. Déjà à l'époque, il valait mieux un nom à consonance andalouse plutôt que catalane – un hypothétique "Finito de Sabadell – pour se lancer dans une carrière. J'évoque Finito car il mettra fin à la sienne cette année, après vingt deux ans d'alternative.

J'aime bien, comme tout aficionado, découvrir de nouvelles ferias pour me rendre compte sur place et par "moi-même". Voir si les images que j'en ai correspondent ou non à la réalité.
En ce début de saison, j'avais décidé de me rendre à Cordoue pour découvrir la feria de la Salud. Je m'attendais à voir des toros de petit format dans la plus grande arène d'Andalousie (16 700 places), classée en première catégorie (autre exception), et pas réputée pour son tiers de piques (est-ce possible en Andalousie ?). Je ne m'attendais pas à assister à la despedida de Finito chez lui, sur ses terres, qu'il avait rejoint à l'âge de dix huit ans.

Première bonne surprise tous les matins, puisque l'on peut assister à l'enchiqueramiento des toros du jour ainsi qu'au débarquement et au reconocimiento du lot du lendemain. Cela se regarde du haut d'un palco autrefois réservé aux actionnaires de la plaza – propriété privée – de forme tout à fait gratuite. Deuxième bonne surprise, de nombreux jeunes voire très jeunes aficionados accompagnés de leurs parents y assistent. Cela fait chaud au cœur de voir de nombreux jeunes gens assister au sorteo le matin et aux courses l'après midi. Troisième surprise, il est exposé sur le bar des arènes un cadre avec tous les toreros cordouans d'alternative. Notre futur retraité s'appelant alors "Finito de Córdoba de Sabadell" ! Là a vrai dire, j'en suis tombé sur le derrière. Je n'avais jamais vu ça. On ne l'a même pas osé en Catalogne. Chapeau !

L'après midi, autre rareté. Finito se mit à genoux pour exécuter una larga afarolada près des planches. Ma voisine de tendido voyant alors un drapeau catalan dans les gradas avec un toro dessus commentait : "Tiens des Catalans. Ils sont venus assister à la despedida du Fino. Eux aussi, ils ont droit aux toros que leurs politiciens et autres extrémistes de tout poil leur ont interdit". "Merci madame" lui répondis-je, lui expliquant mon statut de Catalan du Nord, pro-taurin, et m'étant porté là un peu par hasard en ce jour si spécial pour eux.

A la fin de la course on assita même à "une vraie pique", qui laissa exsangue le Jean-Pierre Domecq, et priva le petit Manzanares de faena. La moitié du public se mit à applaudir le piquero ! Je ne m'attendais pas à cela en ces lieux, preuve que l'on peut rebâtir partout, certains sont preneurs. Au final, les toros ont été un peu mieux présentés que l'an dernier et les entrées nettement meilleures, m'a-t-on assuré... Cordoue veut retrouver son rang.
Avant de repartir, le matador local Agustín Castellano "El Puri" me racontait le souvenir de sa tarde cérétane de 1963 avec de bons novillos et... un bon cachet. Juan Antonio son compagnon de "tertulia" nous disait qu'il aimerait bien découvrir Céret, pour voir si la réalité correspond à celle décrite par "El Puri". Cosas de aficionados...

David Duran

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