mardi 16 juillet 2013

Cahier de vacances (V)

TIMIDE RAMAGE ET VRAI COURAGE

Annoncer un lot de Celestino Cuadri dans une arène française est à coup sûr un évènement.
Ce n'est pas souvent que l'occasion est donnée de contempler ces toros de ce côté des Pyrénées. Forte de sa réputation grandissante, l'ADAC avait réussi son pari en faisant venir ce lot tant convoité.

Un lot impressionnant de présentation, imposant et admirable. D'entrée, "Misterioso" (accusant 600 kilos sur la balance) a planté le décor. Quelle splendeur !
Mais au fur et à mesure, les espoirs se refroidissaient. Tandis que les tiers de piques ressemblaient à un atelier de charcuterie, les quatre premiers Cuadris s'avéraient arrêtés, éteints et sur la défensive. Ramage décevant. Un comportement figé rappelant la dernière sortie des Cuadris en France, c'était à Céret en 2009.

De José Ignacio Uceda Leal, qui venait pour la première fois à Céret, on retiendra qu'il porta une bonne estocade face à "Misterioso", le premier toro ; et qu'il écouta des sifflets au quatrième après une épée contraire et onze descabellos.
Fernando Robleño, assez connu dans cette arène (un euphémisme), réalisa de beaux gestes à la cape face au deuxième et toréa avec métier. Au cinquième, qui avait de la noblesse, Robleño donna des muletazos lents et relâchés lors d'une faena essentiellement droitière. Il perdit l'oreille après un affreux bajonazo. Il avait préalablement estoqué le deuxième Cuadri de la même manière...

Cette corrida mal engagée se termina avec "Goyesco", 630 kilos, le plus lourd de l'envoi. Il fut le seul à aller trois fois au cheval, mais ne montra pas de bravoure flagrante. En revanche, au dernier tiers, il était un toro à émotion avec une charge vibrante. Face à lui, il y avait Joselillo, un torero-amateur dont la première profession est celle d'ingénieur. Le passe-temps de cet homme de Valladolid est d'aller affronter plusieurs fois par an des toros de respect... Et en ce qui concerne le respect, Joselillo a le notre. On sent des carences techniques dans sa tauromachie, mais il ne triche jamais. Il a été en-dessous de Goyesco, un très bon toro sur les deux cornes, un Cuadri pour triompher.
Jusqu'au bout pourtant, Joselillo s'est accroché, et a fini par porter une estocade en rentrant droit, avec voltereta à la clé. Joselillo n'est certainement pas un ingénieur du toreo, mais il s'y connaît en matière de courage...

Florent

2 commentaires:

  1. Joselillo torerazo ! Esthétiquement parlant il y a mieux, on y a vu Robleño sur le 5e, mais en ce qui concerne la vaillance et le courage ce monsieur est une référence, peut-être même la référence du weekend.

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  2. Desde hace tiempo los toros de Cuadri son impresionantes pero cada año pierden la casta de forma inexorable ¿Degeneración? No lo sé pero algo pasa. También lo de Escolar pierde la casta cada año. De Victorino ya ni hablar. Y ojo con Adolfo, porque su camada es muy corta.
    Joaquín.

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