mardi 13 août 2013

Cahier de vacances (IX)

LES BRAVES VENUS D'AILLEURS

Ne cherchez pas à localiser l'élevage de Valdellán au Campo Charro, en Extrémadure ou dans la province de Cádiz. Il se situe ailleurs, dans la province de León, une terre peu garnie en arènes et en élevages braves.

Des braves, il en manque beaucoup actuellement dans les arènes et au campo. A la place, on retrouve bien souvent des cornus insuffisamment dotés de cette caractéristique. Le décasté et le décaféiné sont devenus un pain quotidien.
Pour la saison 2013, il manquait à l'appel une course vraiment marquante, un sommet, avec des toros encastés et braves à fleur de peau.
Elle a mis du temps à venir... Vic-Fezensac, vendredi 9 août 2013, 19 heures, novillada de Valdellán.

Devant tout au plus 800 personnes, soit un cadre confidentiel, l'élevage de Valdellán a sorti un lot exceptionnel. Solide, mobile, avec du poder, énormément de codicia, et bien évidemment : de la bravoure et de la caste. Les six exemplaires présentés ont pris 17 piques en braves, parvenant même à faire oublier les mauvaises lidias auxquelles ils ont souvent eu droit.

Le feu d'artifice a débuté avec Guasón, un negro entrepelado mal piqué mais qui démontra une grande et belle noblesse. Le portugais Manuel Dias Gomes ne sut en profiter et accumula les passes sans effet.
Avec Carmelito II, le deuxième, on vit un grand tiers de piques. Ce novillo encasté semblait vouloir déssouder la cavalerie. A la muleta, il était toujours-là et offrait des possibilités. Face à lui, Rafael Cerro eut de bons passages, en étant le plus centré possible. Malheureusement, le jeune estoqua d'une lame atravesada.

Et puis le feu d'artifice continua...

Quand Pies de Plomo (le troisième) a poussé le cheval sur près de trente mètres à la première rencontre, le public n'en croyait pas ses yeux. Quelle merveille de novillo. Pour la petite histoire, il était officiellement numéroté 22. Mais à la suite d'une erreur de marquage lorsqu'il était veau, Pies de Plomo s'est retrouvé avec le numéro 222 sur le flanc. Après l'extraordinaire première pique, il en reçut deux autres, puis mit César Valencia en difficultés aux banderilles. Pies de Plomo était toujours présent au dernier tiers. Le novillero vénézuélien s'est appliqué et a été courageux. Il a même coupé une oreille, mais il n'y avait d'yeux que pour ce fantastique novillo, fortement ovationné à l'arrastre, et qui aurait amplement mérité le tour d'honneur réservé aux grands braves.

Ensuite, la course ne baissa pas pour autant d'intensité. Le quatrième fut saccagé et mal toréé (et lidié) par Manuel Dias Gomes et sa cuadrilla. Le portugais donna une autre faena interminable et sans relief.
Au cinquième, brave et très encasté, Rafael Cerro ne donna aucune distance à la muleta...
Enfin, le dernier Valdellán eut droit à un "milliard" de capotazos lors de la lidia. Valencia le toréa sur les bordures et en abusant de la voix. Si bien que Carasucio III finit par se désintéresser...

Le lendemain matin, au réveil, il y avait des Valdellán qui couraient dans tous les sens. La veille, Raúl Conde le mayoral, donna un tour de piste très acclamé. Novillada jubilatoire, un sommet de la saison. Six ovations à l'arrastre. Des louanges et des fleurs pour ces braves venus d'ailleurs...


Florent

1 commentaire:

  1. Venus d'ailleurs c'est clair. Le genre de courses qui te laissent des traces et le plaisir de l'avoir vécue. Les absents ont eu tort car le centre de la planète toro ce jour là, de par la grandeur des toros, c'était Vic.

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