mercredi 25 décembre 2013

Corridón 2013

Le temps est venu de jeter un dernier coup d'oeil à l'année 2013. Par la même occasion, je souhaite à tou(te)s ceux/celles qui passeront par ce blog de bonnes fêtes de fin d'année !

Certes, les bilans de la saison taurine ont été nombreux depuis le mois d'octobre. Mais il est toujours plaisant d'évoquer une dernière fois ce que nos rétines ont trouvé de mieux, et c'est un beau cadeau à notre époque, aussi moderne soit-elle, de pouvoir se délecter de la splendeur des toros de combat, et de cette chose unique qu'est la corrida.

Aujourd'hui, un "corridón" des toros combattus en France cette année. Une sorte de top 6 si vous préférez, formant un lot de très haute tenue. Un peu comme les quotidiens sportifs réalisent des "équipes-type", voici un "lot-type" de la saison 2013.
Je tiens par ailleurs à m'excuser d'avance de la subjectivité de son contenu. Et j'ai également quelques regrets, comme le fait de ne pas avoir assisté à la corrida de Dolores Aguirre de Saint-Martin-de-Crau, pour laquelle tous les aficionados ont été unanimes. Aucun des toros combattus ce jour-là ne figurera donc dans ce "Corridón 2013".

Alors, par leur présence, leur puissance, leur bravoure, leur caste, et l'émotion qu'ils ont donné, je retiendrai surtout les six toros suivants.

TANQUISTO, n°10, negro listón, 556 kg, né en janvier 2009, de CUADRI, combattu par Javier Castaño le 15 août à Dax.
C'était un toro sérieux, détenteur du physique typique et unique des Cuadri. Sorti en première position le 15 août à Dax, il fut un toro donnant de l'émotion dès la cape. En quatre rencontres avec la cavalerie, il fut malheureusement mal piqué et on ne put le voir tel qu'on l'aurait aimé à cet instant.
En revanche, ce Tanquisto fut présent en piste du début à la fin. Et dans la muleta de Javier Castaño, il possédait une charge vibrante, brave et encastée, digne des plus grands toros. Un toro qui permettait de se tailler un triomphe d'importance, mais Castaño ne fut pas en réussite avec l'épée.
Grande ovation à l'arrastre de Tanquisto.

CONDESTABLE, n°31, negro entrepelado bragado meano corrido, né en décembre 2008, de SANCHEZ-FABRÉS, combattu par Luis Bolívar le 8 mai à Saint-Sever.
Le 8 mai à Saint-Sever, sous un temps humide, étaient combattus les derniers Coquillas de Juan Sánchez-Fabrés. Le deuxième d'entre eux, Condestable, était haut et charpenté. Certes peu armé, il avoisinait les 600 kilos d'après les dires du boucher les jours suivant la corrida.
Condestable donc, un toro de respect, qui alla a más au cours du combat. Par trois fois, il se rendit promptement à la pique, mais il aurait tout de même pu être mieux mis en valeur.
Au troisième tiers, c'était un toro puissant, encasté et exigeant. Il impressionnait, car il mettait tout son corps dans chaque passe du colombien Luis Bolívar. Le torero donna par ailleurs une faena trop timorée et distante. A Saint-Sever, Condestable fut lui aussi fortement ovationné à l'arrastre.

LAGARTO, n°4, castaño oscuro salpicado listón, 545 kg, né en août 2007, de CEBADA GAGO, combattu par Marco Leal le 31 mars à Arles.
Toro de cinq ans et demi, Lagarto arborait très joliment le type Núñez. Il eut la chance d'avoir sur sa route Marco Leal, qui désira le mettre en valeur à tous les instants. Et c'est ainsi que nous vîmes quatre rencontres entre ce magnifique toro et le picador Gabin Rehabi. Un grand moment, Lagarto partant tout d'abord trois fois avec bravoure et caste vers le châtiment. A la quatrième rencontre, qui fut la plus belle, le toro fut placé au centre de la piste, et le cheval devant la porte des cuadrillas.
Malgré un tiers de piques exigeant beaucoup de forces, Lagarto était encore vif à la muleta. Un grand toro, honoré d'un tour de piste.

VIDENTE, n°33, negro, 622 kg, né en décembre 2008, de CUADRI, combattu par Javier Castaño le 15 août à Dax.
Vidente fut probablement le toro le plus impressionnant de la saison française. Et c'est lui qui occasionna le tiers de piques le plus épique !
Ce Cuadri à la présence extraordinaire dévasta deux fois la cavalerie menée par le célèbre picador Plácido Sandoval. Lors des deux autres rencontres, Vidente confirma sa caste et son poder.
C'était un vrai toro de premier tiers, qui s'avéra ensuite âpre et difficile à la muleta.
Le souvenir de sa puissance et de son poder restera encore longtemps dans les mémoires.

CANTARERO, n°14, cárdeno bragado meano, né en novembre 2008, de JOSÉ ESCOLAR GIL, combattu par Rafaelillo le 21 juillet à Mont-de-Marsan.
Si la ganadería d'Escolar Gil n'a pas connu le triomphe comme en 2012, elle a néanmoins fourni quelques toros très intéressants en 2013.
Parmi eux, Cantarero, combattu sous une forte chaleur (près de 40 degrés) aux arènes du Plumaçon. Après trois piques et une lidia moyenne, Cantarero démontra toute sa caste face au courageux Rafaelillo. C'est d'ailleurs ce jour-là que l'on retrouva le torero de Murcie sous son meilleur jour.
Toro très encasté, peu évident et exigeant, Cantarero permit de voir un beau combat. Il fut honoré d'un mouchoir bleu tandis que Rafaelillo obtint une oreille avec forte pétition de la seconde.

DISPARATE, n°4, cárdeno oscuro, né en janvier 2009, de VICTORINO MARTIN, combattu par Alberto Aguilar le 20 juillet à Mont-de-Marsan.
S'il ne fut pas un toro particulièrement brave, Disparito fut une véritable alimaña dans le type de la maison Victorino. Fortement piqué en deux occasions, cette épreuve n'entama pas son moral.
Et ce fut un combat sous haute tension, entre ce Victorino dur et dangereux, et le matador Alberto Aguilar, très courageux.

A venir, prochainement... Le "Corridón de novillos 2013"...

Florent

(Image de Laurent Larrieu : Tanquisto de Cuadri, à Dax)

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