mercredi 25 décembre 2013

Corridón (de novillos) 2013

Malgré 34 novilladas avec picadors célébrées cette année en France – ce qui constitue un nombre assez faible –, les grands novillos combattus ont été légion !
Par chance donc, plusieurs novillos de bandera ont foulé le sable des arènes françaises en 2013.

Pour en retenir seulement six, le choix est large et cornélien.
On pourrait très bien y mettre l'intégralité du lot de Valdellán combattu le 9 août à Vic-Fezensac. Dans la liste qui va suivre, des novillos n'apparaîtront pas, mais ils pourraient très bien y figurer ou être des numéros complémentaires. Je pense notamment à un novillo de Miguel Zaballos (dénommé "Rumboso") combattu le 28 juillet à Orthez.
Alors, s'il fallait faire le choix d'en retenir six, la liste s'établirait ainsi :
(Vous noterez au passage qu'aucun des six novillos cités n'a été honoré d'un tour de piste... Étrange...)

PIES DE PLOMO, n°22, negro mulato listón, né en mai 2010, de VALDELLAN, combattu par César Valencia le 9 août à Vic-Fezensac.
La novillada des Gracilianos de Valdellán à Vic-Fezensac a été un moment majeur de l'année en France. Ce soir-là, le troisième novillo émerveilla les yeux des présents.
Il s'appelait Pies de Plomo, et n'avait rien d'impressionnant en présentation. A la première rencontre à la pique, il poussa la cavalerie sur plus de 25 mètres avec une caste et une bravoure extraordinaires. S'il ne partit pas promptement à l'assaut lors des deux autres rencontres, il fut tout de même d'une bravoure exceptionnelle dans le matelas.
Ensuite, il mit le novillero vénézuélien en échec aux banderilles puis fit preuve de caste jusqu'à sa mort, et garda la gueule fièrement fermée. Le mouchoir bleu aurait dû être de mise, mais l'on dut se contenter d'une immense ovation à l'arrastre...

NEFASTO, n°2, negro bragado meano corrido, né en novembre 2009, de RASO DE PORTILLO, combattu par Jesús Fernández le 10 août à Parentis.
Charpenté, ce quatrième Raso de Portillo du 10 août à Parentis alla quatre fois à la rencontre du picador Miguel Angel Herrero. A chaque fois, les impacts furent rudes et puissants. Il ne s'agissait pas de bravoure à proprement parler, mais l'intensité était grande.
La suite du combat fut déplorable de la part du novillero catalan. Effectivement, Fernández s'avéra aux abonnés absents, totalement débordé par la caste de Nefasto. Trois avis et bronca sonore pour le novillero (qui coupera deux oreilles à un Valdefresno le lendemain à Millas...), et ovation au beau combattant de Raso de Portillo.

ESTRIBERO, n°16, cárdeno claro salpicado mulato bociblanco listón, né en février 2010, de MIURA, combattu par César Valencia le 4 août à Hagetmau.
Avec Estribero, le dernier novillo du 4 août à Hagetmau, on a pleinement retrouvé la "magie" des Miura ! Cet exemplaire haut et imposant commença par prendre quatre piques sur l'ensemble de la piste en étant très mobile, encasté et peut-être même un peu fuyard.
La caste, Estribero la confirma tout le combat, en mettant en difficultés César Valencia, qui ne démérita jamais. Le Miura était d'une combativité redoutable et belle à voir, mettant fin à une notable novillada. Ovation à l'arrastre.

MISTERIOSO, n°36, cárdeno oscuro, né en octobre 2009, de JOSÉ ESCOLAR GIL, combattu par Tomás Angulo le 23 juin à Saint-Sever.
La novillada d'Escolar à Saint-Sever fut particulière, puisque les six exemplaires d'origine Albaserrada et Santa Coloma parcoururent l'encierro de midi dans les rues du village.
Le soir, le deuxième d'entre eux donna de l'émotion en piste. Misterioso, échu au sorteo à Tomás Angulo, prit trois piques mal administrées, mais avec puissance et une certaine bravoure. A la muleta, l'Escolar était encasté et possédait une excellente corne droite. Face à lui, le jeune Tomás Angulo fut souvent mis en difficulté et soulevé, connaissant ainsi de nombreuses sueurs froides. Tour de piste du novillero et grande ovation à l'arrastre de Misterioso.

TAPADO, n°114, tostado chorreado listón, né en janvier 2010, de PALHA, combattu par Rafael Cerro le 1er septembre à Mont-de-Marsan.
A l'occasion de la novillada-concours des fêtes de Saint-Perdon, le ganadero portugais Joao Folque de Mendoça avait envoyé un magnifique exemplaire au pelage châtain.
C'est par ailleurs ce dernier qui aurait mérité le prix au meilleur novillo, mais le jury décida de l'attribuer au représentant de Pedraza de Yeltes.
Tapado fut brave et beaucoup châtié lors de ses trois assauts face à la cavalerie. Néanmoins, il garda ensuite une noblesse encastée dont ne sut pas profiter Rafael Cerro. Ovation à l'arrastre.

GALAPIAN, n°8, negro, né en février 2010, d'HUBERT YONNET, combattu par Jesús Fernández le 13 juillet à Céret.
Issu du légendaire élevage basé à Salin-de-Giraud, Galapian donna une belle impression sous le soleil cérétan le 13 juillet. Effectivement, le Yonnet prit trois piques avec bravoure et puissance, et permit bien des choses à la muleta. Un bon novillo... complètement gâché par Jesús Fernández.

Florent

(Image : Le A de Miura sur la piste d'Hagetmau)

1 commentaire: