mardi 31 décembre 2013

Des abreuvoirs d'inculture

L'année 2013 touche à son terme. Une fois de plus, le débat "pour ou contre" la corrida a fait couler beaucoup d'encre. Disons qu'il s'agissait d'une énième fois !
Depuis près d'un siècle et demi, c'est-à-dire depuis la première corrida formelle en France en 1853, des critiques sont systématiquement émises.
Cependant, la corrida a changé, les époques aussi, tout comme les moyens de contestation. De plus en plus, on a l'impression d'assister à un phénomène de sur-médiatisation de la corrida, voire même d'hyper-médiatisation.
Le problème des médias vis-à-vis du sujet, c'est qu'ils le traitent uniquement sous l'aspect du conflit "défenseurs / détracteurs". Quand ces médias montrent la corrida, on dirait que la connaissance en est acquise, et que tout le monde sait ce qu'est. Or, le contenu n'est abordé que de manière superficielle, et encore...

Ainsi, cette hyper-médiatisation conduit à ce que certains placent la corrida au sommet d'une hiérarchie de l'horreur. La première chose à mentionner, c'est une évidence, mais il faudra tout de même l'affirmer systématiquement : c'est que les gens qui s'opposent à la corrida ne savent même pas de quoi il s'agit, et n'y connaissent rien. Ils n'en ont que des images très vagues.
Cette année encore, les discours de haine et le courroux des opposants à la corrida ont été marquants, car totalement disproportionnés et éloignés de la réalité.
On nous dit que la corrida est un simple acte de torture et de barbarie. Or, ces postulats sont erronés, et nous savons tous, nous aficionados, que la réalité est ailleurs, qu'il y a un combat, des explications, une histoire, un culte pour le toro.
La haine contre ce sujet inconnu de ses détracteurs a mené à des mensonges. Au-delà d'une certaine consternation, n'a-t-on pas envie de sourire lorsqu'en voyant un défilé anti-corrida, on remarque des pancartes où il est indiqué : "40.000 toros massacrés chaque année avec nos impôts".
Il est relativement drôle de voir que parfois, ce sont des personnes de nationalité belge (ou autres) qui tiennent ces pancartes. A fortiori, les toros ne sont pas massacrés, et ce sont entre 800 et 900 qui sont combattus chaque année en France.
Quant à la question des impôts, si des subventions viennent à entrer en compte dans le budget des corridas, il s'agit de l'argent des collectivités locales où les courses ont lieu. Ce genre de pancarte peut donc directement trouver sa place en déchetterie ou dans un sac de tri sélectif.
Rappelons enfin à nos opposants que les aficionados qui se rendent aux arènes payent un billet où le taux de TVA est compris. C'est par ailleurs indiqué explicitement sur chaque billet.

En 2013, on a vu une farouche opposition à la corrida, qui en certains endroits a ressemblé à une prise d'otages des aficionados. Je pense notamment à Rion-des-Landes et à Rodilhan.
Parfois, on ne critique même plus la corrida, mais on s'en prend directement aux aficionados. On parle de troubles mentaux et de sujets malades. Pour ma part, du haut de mes 23 ans, j'attends encore le verdict des médecins inquisiteurs. La corrida est une grande partie de ma vie, elle me rend heureux, et sans elle, tout serait certainement très différent.
On parle de troubles psychologiques, mais également d'illégalité. C'est la question du verre à moitié vide ou à moitié plein. On nous dit que la corrida est illégale sur la majeure partie du territoire français et que son existence dans le Sud est anormale et scandaleuse. Les gens qui tiennent ce genre de propos ont le droit de penser ainsi, mais ils peuvent également se référer à la décision constitutionnelle du 21 septembre 2012 qui leur expliquera le reste.

L'opposition à la corrida dans les médias, c'est tenter de savoir qui de Jean-Pierre Garrigues, de Thierry Hély, d'Hubert Montagner ou de Claire Starozinski aura la peau de la corrida.
On essaye par tout moyen de sensibiliser sur un sujet qui serait une horreur à bannir. On tente de l'ériger en question importante, si bien que beaucoup aimeraient un débat national. Mais la question de la corrida n'a rien de national, c'est un domaine mineur en France.

Alors, en 2014, continuera-t-on à nous abreuver de sondages inutiles sur internet où l'on peut voter approximativement 49 fois (pour une même personne) à la question itérative "êtes-vous pour ou contre la corrida ?".
Par ailleurs, mes yeux aimeraient se révulser lorsque j'entends que l'on réclame "l'abolition" de la corrida. Car on a aboli l'esclavage, on a aboli la peine de mort. Mais pour la corrida ? Je ne crois pas.
Je considère la formule "Abolition de la corrida" comme un oxymore. Abolition est un mot beaucoup trop fort, car les opposants ne connaissent pas le sujet en profondeur. "Interdiction" oui, peut-être, mais par pitié, arrêtez d'invoquer "l'abolition".

Mais derrière cette volonté d'interdire la corrida, il y a parfois un projet de société mettant l'animal au même étage que l'être humain. Comme les autres années, il faudra savoir s'en méfier.
En outre, en ce qui concerne les journaux et sites spécialisés en tauromachie, il serait bien de ne pas consacrer tant d'éditoriaux au thème de l'opposition à la corrida.
Ce serait amplifier la chose et donner trop de craintes inutiles. N'autoproclamons pas non plus des "Sauveurs" de la corrida. Personne n'en a le destin en mains.

La corrida existe toujours et nous pouvons pleinement profiter de notre passion. Dès qu'il y aura un litige, des professionnels du droit seront là pour se pencher sur la question, et défendre les courses de toros.
Nous en sommes là, face à beaucoup d'ignorance dans le camp adverse, qui place de manière ridicule la corrida comme un summum de l'horreur.
Je salue donc tous ces gens pour leur patience, et qui ont su être hermétiques, à Rion-des-Landes, à Rodilhan ou ailleurs.

Pour la suite, soyons fiers, et surtout, parlons de toros, en faisant abstraction des fallacieux pourfendeurs.

Florent

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire