mercredi 31 juillet 2013

Cahier de vacances (VI)

PILE OU FACE

Un cahier de vacances est souvent synonyme de laisser-aller, voire même de désordre. Rien d'étonnant pour le glandeur invétéré que je suis. Je traiterai donc dans le désordre des courses récemment vues, avec un oeil plus ou moins précis. Et c'est ainsi.

Dimanche, il y avait des cornus à Orthez. Dans cette petite ville du Béarn, les arènes ne voient des toros être occis qu'un seul jour dans l'année. Une cartouche unique pour une commission taurine qui aura toujours plus d'intentions que de réalisations. Si elle avait une semaine de courses à organiser, elle le ferait, et trouverait des noms d'élevages peu vus ailleurs.

Celui qui voit les toros d'un oeil de spectateur basique pourrait dire que "les toros ne bougent pas suffisamment à Orthez""ne sont pas assez toréables", et irrémédiablement "qu'il n'y a pas beaucoup d'oreilles". Oreilles ou non, la réussite d'une journée taurine annuelle relève du pile ou face. Ainsi, Orthez connaît ses risques en pariant sur l'originalité, tout comme ceux qui s'y rendent le dernier dimanche de juillet. Pour paraphraser Georges Marchais, cela peut s'avérer "Globalement positif". Ou alors l'inverse...

Dimanche 28 juillet, il faisait une chaleur à faire trembler des panneaux photovoltaïques sur les coups de onze heures. Les Miguel Zaballos à l'affiche remplaçaient leurs huits frères tragiquement expédiés par la maréchaussée espagnole après un accident de camion la semaine précédente.
Au change, le nouveau lot de Zaballos n'avait rien de scandaleux. Il était fin de type et sérieux d'armures en règle générale. Le novillo d'ouverture, avacado de morphologie, donnait une impression de zébu lors du tiers de piques, avec quatre rencontres prises en manso. A la muleta, ce fut autre chose, car il y avait beaucoup de noblesse et pas mal de mobilité sur la corne droite. Jesús Fernández donna quelques bons muletazos avant que l'ensemble ne baisse d'intensité.
Le quatrième, Rumboso, était charpenté et bien armé. Brave lors d'une première pique très forte, il en recevra deux autres plus légères. Lui aussi avait comme particularité d'être noble dans la muleta, mais du côté gauche cette fois-ci. Avec cet adversaire, le catalan Fernández a donné une meilleure image qu'à Céret (ce qui n'était pas difficile), livrant de bonnes naturelles éparses. Rien d'anthologique. Quant à Rumboso, il était le Zaballos le plus encasté du lot, et poursuivit longuement Fernández après une estocade engagée. Oreille pour le novillero et tour de piste généreux pour Rumboso.
Par rapport à l'an dernier, le basque Iván Abasolo fut absent. Il avait triomphé avec panache face au somptueux bétail de Fernando Palha. Mais là... Ce fut le vide, la transparence. Aussi bien face au deuxième, baptisé "Islero" (assez mauvais goût quand même...) et court de charge, qu'au cinquième, qui finira par s'en aller vers les planches avec désintérêt.
Le troisième homme de la matinée, c'était Alberto Pozo. Son premier opposant reçut deux piques très fortes, et puis Pozo le banderilla à l'improviste, comme un amateur. On vit rapidement que ce novillero n'avait quasiment aucun bagage. Inéluctablement, il se fit soulever à la muleta, et groggy, dut observer un repos de quelques minutes. En fin de compte, il retourna au centre de la piste pour porter une estocade courageuse. Le combat du dernier Zaballos vit le déroulement d'une scène curieuse. Alberto Pozo avait enlevé son gilet, et demanda à poser les banderilles. Le jeune fut snobé par ses subalternes qui ne s'en aperçurent qu'après la deuxième paire, laissant malgré tout la troisième part du gâteau à Pozo ! C'était l'une des seules anecdotes à raconter à propos du combat du sixième novillo, décasté, mais estoqué une nouvelle fois de bonne manière par Alberto Pozo.
Si le bétail de Miguel Zaballos n'a rien démontré d'extraordinaire, la matinée a tout de même été marquée par quelques estocades surprenantes et plus que correctes. Il s'agissait de novilleros ! Et l'après-midi, on vit un festival de bajonazos...

Les victimes de ces coups d'épée si bas, ce furent les pensionnaires de Raso de Portillo. A bien regarder les arènes d'Orthez, on dirait que le toril est relié à la piscine municipale adjacente. Curiosité.
Les Raso de Portillo qui entraient par cette porte n'avaient pourtant rien de l'eau tiède. On avait en tête les virevoltantes et éclatantes sorties de Parentis en novilladas quelques années auparavant. On les avait en tête... Peut-être trop d'ailleurs. Raso de Portillo, rien que ce nom, c'est comme une ôde à la puissance, au caractère rugueux.
Mais dimanche, le bétail de la famille Gamazo a déçu, malgré sa belle présence, par manque de caste et d'étincelles. Quatre des six toros combattus étaient dans le lot de la novillada annulée à Parentis l'an dernier.
Le premier Raso a été bravito en trois piques, puis a démontré une noblesse éteinte. Aussi bien face à lui que face au quatrième (davantage décasté), Fernando Robleño a eu l'occasion de donner des muletazos lents et templés. Hélas, il ne s'agit pas du Robleño à son apogée. A fortiori avec l'affreux bajonazo porté au quatrième toro.
Le bétail de Raso de Portillo a été une déception, mais les hommes qui les ont affrontés n'ont pas pour autant donné de quoi se réjouir. Face au deuxième, qui prit quatre piques, s'avérant ensuite mobile et fuyard, Morenito de Aranda ne parvint jamais à canaliser une charge pourtant exploitable. Bajonazo final...
Manzanillo, le cinquième, était un beau toro, qui s'alluma fort lors de sa première rencontre à la pique. Luis Carlos Aranda le banderilla de superbe manière avant de saluer. Mais Manzanillo était un toro difficile et dangereux, un toro pour combattre. Un toro face auquel un mort de faim se joue la vie, même s'il n'y a aucune passe à en tirer... Morenito de Aranda, lui, a préféré abandonner, écoutant ensuite une bronca sonore.
Le troisième homme : Alfonso Oliva Soto ? Vêtu de bordeaux et noir, un brouillon théâtral à oublier.

Le pile ou face était joué, et les espoirs ont brûlé. Il est difficile d'avoir le sourire au sortir d'une telle course, car le nom de Raso de Portillo avait suscité de l'intérêt. Pour retrouver un peu d'allégresse, un ami me racontait après la course une anecdote datant d'une autre époque. A Orthez un jour, un organisateur s'était aperçu seulement peu de temps avant la corrida qu'il fallait recourir à une cuadra de caballos. Car ledit organisateur de l'époque pensait que chaque picador viendrait aux arènes avec son propre cheval...

Florent

mardi 16 juillet 2013

Cahier de vacances (V)

TIMIDE RAMAGE ET VRAI COURAGE

Annoncer un lot de Celestino Cuadri dans une arène française est à coup sûr un évènement.
Ce n'est pas souvent que l'occasion est donnée de contempler ces toros de ce côté des Pyrénées. Forte de sa réputation grandissante, l'ADAC avait réussi son pari en faisant venir ce lot tant convoité.

Un lot impressionnant de présentation, imposant et admirable. D'entrée, "Misterioso" (accusant 600 kilos sur la balance) a planté le décor. Quelle splendeur !
Mais au fur et à mesure, les espoirs se refroidissaient. Tandis que les tiers de piques ressemblaient à un atelier de charcuterie, les quatre premiers Cuadris s'avéraient arrêtés, éteints et sur la défensive. Ramage décevant. Un comportement figé rappelant la dernière sortie des Cuadris en France, c'était à Céret en 2009.

De José Ignacio Uceda Leal, qui venait pour la première fois à Céret, on retiendra qu'il porta une bonne estocade face à "Misterioso", le premier toro ; et qu'il écouta des sifflets au quatrième après une épée contraire et onze descabellos.
Fernando Robleño, assez connu dans cette arène (un euphémisme), réalisa de beaux gestes à la cape face au deuxième et toréa avec métier. Au cinquième, qui avait de la noblesse, Robleño donna des muletazos lents et relâchés lors d'une faena essentiellement droitière. Il perdit l'oreille après un affreux bajonazo. Il avait préalablement estoqué le deuxième Cuadri de la même manière...

Cette corrida mal engagée se termina avec "Goyesco", 630 kilos, le plus lourd de l'envoi. Il fut le seul à aller trois fois au cheval, mais ne montra pas de bravoure flagrante. En revanche, au dernier tiers, il était un toro à émotion avec une charge vibrante. Face à lui, il y avait Joselillo, un torero-amateur dont la première profession est celle d'ingénieur. Le passe-temps de cet homme de Valladolid est d'aller affronter plusieurs fois par an des toros de respect... Et en ce qui concerne le respect, Joselillo a le notre. On sent des carences techniques dans sa tauromachie, mais il ne triche jamais. Il a été en-dessous de Goyesco, un très bon toro sur les deux cornes, un Cuadri pour triompher.
Jusqu'au bout pourtant, Joselillo s'est accroché, et a fini par porter une estocade en rentrant droit, avec voltereta à la clé. Joselillo n'est certainement pas un ingénieur du toreo, mais il s'y connaît en matière de courage...

Florent

Cahier de vacances (IV)

SOLERAZO !

Vendredi 12 juillet, veille de Céret de Toros, un train déraille en région parisienne et alimente copieusement la rubrique "faits divers". Ce genre d'accident est devenu très rare, et il étonne car le train est l'un des moyens de transport parmi les plus sûrs. D'emblée, la compassion quasiment morbide et surabondante a été de mise, comme souvent dès qu'un drame se produit. Pourtant, cela fait quelque chose de savoir qu'un train a quitté les rails.
Et c'est vraiment un thème fascinant le train, ces convois qui parfois empruntent des passages improbables, entre montagnes, bords de mer ou forêts. Si je n'avais pas connu les toros, je me serais certainement passionné pour les trains, les vieilles locomotives et les sentiers ferrés éloignés de toute civilisation.

Se rendre en train à Céret est une chose impossible, puisque le chemin de fer reliant cette petite ville est désaffecté depuis belle lurette. Pour débuter la feria cette année, c'était une novillada d'Hubert Yonnet, le plus grand élevage français de l'histoire.
Les pensionnaires de la Bélugue avaient été acheminés dans la nuit. Sérieux, fins de type et d'armures, ils se comportèrent diversement sur le sable catalan. Affirmer qu'ils ont été mal piqués (en dix-sept rencontres) ne constitue pas une surprise. C'est quasiment (et partout) une norme par les temps qui courent.
Des Yonnet, le deuxième bis (remplaçant un novillo invalide du même fer) fut le plus faible. Le premier, assez brave à la pique mais fortement châtié, s'éteignit vite. Enfin, deux autres novillos furent en vue. Le quatrième, "Galapian", puissant et avec une certaine bravoure en trois piques, encasté et ovationné à l'arrastre. Le cinquième "Briscon", fut lui aussi intéressant. Malheureusement, ces cornus ont croisé la route de Jesús Fernández et Cayetano Ortiz, à côté de leur sujet ce samedi matin.

Avec Vicente Soler – venu en remplacement du colombien Castrillón –, on a retrouvé le sourire et le véritable esprit des novilladas ! A l'échelon des courses avec picadors, il s'est présenté en France le dernier jour du mois de juin, à Rieumes, avec une imposante novillada de Couto de Fornilhos, avoisinant les 550 kilos. Il coupa ce jour-là deux oreilles.
A Céret, le décor n'avait pas changé, car le bétail d'Hubert Yonnet lui aussi avait une présentation redoutable. "Escaludo", le troisième, était un novillo haut et très armé, qui alla trois fois à la pique. Soler le banderilla (chose rare chez les novilleros à l'heure actuelle), et s'illustra surtout avec une deuxième paire exposée. A la muleta, ce fut un beau combat, car "Escaludo" était difficile et baissait rarement la tête. Soler l'a affronté sans complexe, avec patience, courage et confiance. La faena se termina par des passes de poitrine, et s'en suivit une estocade aussi magnifique que fulgurante au centre de la piste. Une oreille de catégorie tombait dans l'escarcelle de Soler !
Cela aurait très bien pu s'arrêter là... Mais le jeune Vicente montra très vite ses intentions au sixième, avec un bon accueil cape en main. Les banderilles furent posées dans le berceau des cornes, et les cites de loin fleurirent, tandis que les deux autres novilleros n'avaient jamais donné de distance.
L'ultime Yonnet avait des possibilités mais rien d'évident. Malgré son peu d'expérience, Soler a affiché un certain métier, et réalisa de superbes muletazos sur la corne droite. Vaillant et d'une envie indiscutable, le novillero donna en fin de faena une passe changée dans le dos, alors que les aiguilles du Yonnet semblaient caresser son costume. A la première tentative avec l'épée (un pinchazo), Vicente Soler se fit prendre au niveau de la cuisse... Second essai, une estocade sensationnelle, avec un accrochage violent, puisque le Yonnet le chercha longuement au sol avant de s'écrouler !
Soler aurait dû sortir en triomphe, sur les épaules et sous les acclamations. Il réalisa seulement deux tours de piste sans récompense, car l'oreille lui fut refusée malgré une pétition unanime. Dans n'importe quelle arène, Soler pouvait prétendre au trophée sans contestation. Quelle prestation ! Quel engagement ! Et quelle médiocrité de la part d'une présidence aux abois et sans critères. Comment peut-on se comporter ainsi face à un jeune au courage hors du commun, venu à deux reprises offrir son artère fémorale pour estoquer un novillo ?

Vicente Soler a triomphé, c'est une certitude. Il aurait en tout cas dû être le premier novillero à sortir sur les épaules depuis que l'ADAC organise des courses à Céret. La dernière fois qu'un novillero a quitté ainsi les arènes de Céret, c'était en 1986 ! Il s'appelait Luis Parra "Jerezano".

Il y avait de quoi être enthousiaste avec la prestation de Vicente Soler. Peut-être que les lendemains seront moins prometteurs et moins heureux... Espérons simplement que ce jeune continuera sur de bons rails. L'espoir est revenu, il y a encore des Novilleros...


Florent

Cahier de vacances (III)

AUTRES VESTIGES

Canet-en-Roussillon, et sa mystérieuse Avenue des Arènes...
Car il n'existe aucune arène le long de ce chemin goudronné de plusieurs centaines de mètres, entouré de résidences et non loin du littoral.
Pour trouver un début d'explication, il faut se plonger dans les archives !

Et l'on retrouve en date du 10 juin 1951 une corrida sur la commune de Canet, avec un novillo de Joseph Sol pour le rejoneador français Roger Cantaloup, ainsi que six toros de Pio Tabernero de Paz (devenant plus tard Tabernero de Vilvis) pour Jorge Medina, Manuel Cantero "Calerito" et Antonio Chaves Flores. Il s'agissait d'arènes en bois !
Leur présence dans ce village catalan fut éphémère, puisqu'elles furent ensuite installées à Carcassonne entre 1952 et 1954, puis terminèrent à Marseille, où leur capacité fut portée à 7 000 places.

Florent

vendredi 12 juillet 2013

Cahier de vacances (II)

BELLE DE PRINTEMPS

Cela fait pas mal de temps que je n'ai pas alimenté les lignes blanches sur fond noir de ce blog. Pourtant, je ne l'ai pas oublié, puisque j'y pense chaque jour. Mais le manque de temps et parfois d'envie en ont décidé ainsi.
Je n'ai pas évoqué pour le moment la novillada d'Escolar Gil de Saint-Sever d'il y a déjà trois semaines... Mais je repensais dans un autre contexte à un bonhomme excédé (toujours à Saint-Sever) un mois et demi plus tôt, à la fin de la corrida de Sánchez-Fabrés. Dans un élan de colère (je ne me souviens plus de l'origine du différend), il s'était exclamé de manière pathétique : "Va falloir qu'on en parle !".

Alors oui, pour reprendre cette formule si triviale, les Escolar de Saint-Sever : va falloir qu'on en parle !
Mais tout d'abord, je ne peux m'empêcher de songer à elle, charmante, belle, et au regard intense. Les années passent, et également, les filles se cassent, les unes après les autres. J'ai donc une pensée pour elle et ses douces étreintes. Ce souvenir a hanté ce printemps si pluvieux marqué par la grisaille.

Avant d'être combattu l'après-midi, le bétail couleur grisaille de Don José Escolar Gil devait courir l'encierro dans les rues de Saint-Sever. Cette course fut effective sur les coups de douze heures et douze minutes. Pendant plusieurs dizaines de secondes, les rues de ce village landais habituellement si paisibles se sont transformées en coupe-gorge.
Chacun connaît ses risques lorsque l'on fait circuler en pleine rue un taureau de combat avec des piétons. Dimanche 23 juin, 12 heures 20, bilan de l'escarmouche : un blessé par corne. Il s'en est remis.

Le ciel couleur plomb surplombant les Landes à cette période de l'année nous faisait dire qu'il n'était guère plus possible de s'y retrouver dans les saisons. Nous étions pourtant le 23 juin. Le ciel, lui, était hors-saison.
La maison d'Escolar Gil avait envoyé comme artillerie les pensionnaires suivants (dans l'ordre) : Caminante, Misterioso, Armensito VI, Bustillo, Castellano II et Cobrador II. Loin d'être terrifiants de présentation, ils étaient inégaux en type et en charpentes, et pour le point négatif, on retiendra la corne droite sanguinolente du cinquième. Ils étaient des novillos que José Escolar ne souhaitait pas faire combattre à quatre ans et plus.
En comportement, les cárdenos et negros entrepelados ont été d'un intérêt majeur, tous sont allés a más ! Par ailleurs, plusieurs d'entre eux ont montré de la bravoure lors du premier tiers, mais tous ont été mal piqués par des picadors trop souvent maladroits et peu expérimentés.
La novillada est vraiment très bien sortie, et on attendait peut-être pas autant des Escolar à cet âge-là.

Pour rester pudique vis-à-vis du travail des novilleros ce jour-là, on dira qu'ils n'ont pas tiré la quintessence du lot proposé. Un lot de caractère, doté d'une mobilité et d'une noblesse sans docilité. Tous ont démontré de l'intérêt, même le premier, faible et noble, et qui semblait récupérer au cours du combat.
Pour la rétine de l'aficionado, il y eut surtout le deuxième, Misterioso. Un cárdeno oscuro qui déborda dès le début le jeune Tomás Angulo, à qui le métier semblait manquer, ce qui n'est pas du tout une honte à cet échelon-là. Misterioso a été piqué trois fois de mauvaise manière, et d'une belle caste, il est allé a más. Angulo a été dépassé par ce novillo encasté et de triomphe, avant de jouer les cascadeurs à l'heure de vérité. Le novillero est ressorti accroché, le costume et le visage tâchés de sang. L'arrastre de Misterioso a quitté la piste landaise sous une grande ovation.
Face au cinquième Escolar, Tomás Angulo démontra de beaux gestes et donna espoir le temps de quelques naturelles. Il fut encore soulevé au moment de l'estocade.

Quant au français Cayetano Ortiz, il est passé à côté du premier lors d'une faena trop longue, et a coupé une petite oreille du quatrième, un très bon novillo.
Pour ce qui relève de Borja Jiménez, on put constater qu'il avait tendance à toréer encore plus "fuera de cacho" que son frère Javier (ce qui est pourtant une chose peu évidente !). D'un ennui colossal face à son premier adversaire (qui avait des possibilités), il frôla les trois avis. Au sixième, Jiménez se rattrapa quelque peu lors d'une faena bercée par le mélancolique "Concerto d'Aranjuez".
Dans les cuadrillas, parmi le peu de choses remarquables, on détachera Javier Rodríguez, ancien torero de Valencia d'une certaine corpulence, qui salua au quatrième après deux excellentes paires de banderilles. Rodríguez avait toréé l'une de ses dernières courses de matador sous le froid d'Ajalvir, dans la région madrilène, un 31 janvier 2009. Sa reconversion semble réussie.

Pour débuter cette période estivale, c'était donc une novillada avec picadors, un type de course qui se raréfie. Aussi, on a tendance à exiger des novilleros les mêmes choses qu'aux matadors. C'est faire erreur, compte tenu de l'expérience et du métier. Pour celui qui torée en novillada, l'important c'est "d'être en novillero", sans jamais se calquer sur les vedettes ou prétendues telles.

L'été commençait ainsi, et la belle de printemps n'était pas là...

Florent

Cahier de vacances (I)

VESTIGES

Au hasard d'une route départementale...


Florent