samedi 18 janvier 2014

Imanol et l'avenir

L'avenir, quelle belle question ! Elle ne semble cependant pas être à l'ordre du jour dans tous les esprits en ce moment. En guise d'illustration, on peut contempler chaque semaine les frasques des vedettes de la tauromachie, qui semblent décidées à contrôler le futur et à avoir toutes les cartes en mains.
Pourtant, il ne s'agit que de quatre ou cinq vedettes. Quatre ou cinq vedettes qui ne sont rien comparées aux centaines de carrières de matadors et de novilleros. Quatre ou cinq vedettes, qui n'affrontent généralement que quatre ou cinq élevages. Quatre ou cinq élevages qui ne sont rien comparés aux centaines de ganaderías existantes.
Mais ainsi vont les choses, on ne se préoccupe guère du futur, et on a l'impression que ces quelques vedettes ont Thomas Malthus comme livre de chevet. Ces toreros veulent tout contrôler. Et dire que certains d'entre eux ont déjà des écoles taurines à leur nom, à leur effigie, tandis qu'ils sont encore en activité !

L'avenir de la corrida, il faudrait davantage s'en préoccuper, sans penser à ces divas qui ne font que du gagne-petit, alors qu'elles pourraient tirer leur compétition vers le haut en tentant des gestes improbables et inédits.

A l'heure qu'il est, je pense à Imanol Sánchez. Je pense a ce tout nouveau matador, car l'évolution de sa carrière est digne et n'a jamais été ornée de cadeaux.
Imanol Sánchez a débuté avec picadors fin 2008 en Navarre. Mais ce n'est que quatre ans plus tard, en 2012, qu'on entendit parler de lui en France. C'est donc cette année-là que nous allions le découvrir. Les aficionados français avaient vaguement eu connaissance de ce novillero courageux, venu d'Aragon. Le baptême du feu eut lieu à Céret.
Avec cette carrière, on réalise combien les arènes françaises sont un tremplin important pour les novilleros. Imanol Sánchez a fait au total sept apparitions en France, avec chaque fois l'envie d'en découdre.
A la fin de l'été dernier, il a pris l'alternative en Aragon. Mais il existe malheureusement un vide entre la carrière de novillero et celle de matador, ce qui fait que certaines promesses partent trop vite aux oubliettes.
Trop souvent, les organisateurs hésitent à engager des matadors nouveaux, et n'osent pas assez. La preuve en France l'an dernier, puisqu'un seul matador s'est présenté dans notre pays sur l'ensemble des corridas célébrées. Il y a comme un malaise.

Parmi tant d'autres, Imanol Sánchez mérite d'avoir une place, et ne doit pas rester comme un simple souvenir. Car c'est un torero à l'ancienne, avec un véritable sens de la lidia, et qui s'entraîne qui plus est face à du bétail... de caste navarraise !
En France, au cours de ses sept apparitions dans le circuit des novilladas, il aura laissé une bien belle impression.

. Céret. 15 juillet 2012.
Dans un habit rouge et noir et sous une forte chaleur, Imanol Sánchez débute en France avec "Fuentecillo" de José Escobar, un novillo encasté et difficile. Ce matin-là, Imanol aura surtout montré du courage, malgré sa technique limitée. Face à "Fuentecillo", il se fit déchirer le bas du costume, se retrouvant avec un pantalon aussi large que ceux des mangas japonais !
S'il connut des difficultés lors de cette novillada cérétane, Imanol Sánchez ne démérita jamais, en plantant les banderilles dans le berceau et en tuant avec sincérité.

. Orthez. 21 juillet 2012.
La vaillance d'Imanol Sánchez dans les trois tiers et son esprit bagarreur se confirment, face à une belle novillada de Fernando Palha.

. Parentis-en-Born. 4 août 2012.
Face aux Valdellán, Imanol Sánchez démontre une tauromachie beaucoup plus aguerrie que le mois précédent. Il met bien en suerte le quatrième ("Partidario") face au cheval, puis torée avec une volonté à toute épreuve. Une faena de bûcheron et une estocade engagée lui permettent d'obtenir la seule oreille.

. Hagetmau. 13 juillet 2013.
Imanol Sánchez coupe deux fois une oreille à ses adversaires d'Alma Serena et Malabat.

. Hagetmau. 4 août 2013.
En ce beau dimanche du mois d'août, Imanol Sánchez affronte une forte novillada de Miura, qui s'avérera intéressante. Le premier, brave et puissant, se brise un sabot pendant la lidia, et Imanol doit abréger à notre plus grand regret.
Au quatrième, on assiste à un beau combat, avec porta gayola, banderilles, générosité et muletazos de face. Épée engagée (comme d'habitude) et grosse oreille dans l'escarcelle d'Imanol.

. Parentis-en-Born. 10 août 2013. 
Novillada de Raso de Portillo. Dans sa plénitude, Imanol Sánchez fait ce qu'il faut face à un premier adversaire noble mais un peu fade. Comme à Hagetmau, il réalise ensuite un grand combat, face au cinquième "Melancólico", un novillo encasté et poderoso.

. Carcassonne. 1er septembre 2013.
La dernière novillada d'Imanol Sánchez en France, du fer de Miura. D'après les présents, ce fut peut-être la sortie la moins brillante en France d'Imanol Sánchez, qui connut des difficultés. Il faut dire qu'il prenait l'alternative une semaine plus tard...

L'alternative, Imanol la reçut donc le 9 septembre 2013 à Calatayud, et eut comme cadeau de bienvenue "Guitarra", un Alcurrucén âgé de quasiment six ans. Le nouveau matador coupa une oreille de ce toro, et il s'agit pour le moment de son unique paseo en corrida.

Cet hiver, Imanol Sánchez a décidé de partir au Pérou pour glaner des opportunités. Là-bas, la fiesta brava est très différente d'ici, car moins orthodoxe et beaucoup plus folklorique.
Cependant, Imanol Sánchez, parmi tant d'autres jeunes matadors ou novilleros, constitue l'avenir de la profession. Nous avons là un torero prometteur pouvant (et voulant) affronter tout type de toro. Imanol a les capacités physiques, la carure, et la technique pour affronter tous ces toros... Espérons que les organisateurs ne passeront pas à côté...


Florent

1 commentaire:

  1. les vicois ont trouves qu'il etait un peu jeune en alternative pour venir chez eux. tu parles ils ne sont pas nombreux ceux qui l'on vu en 2012 et 2013. nous n'etions pas nombreux a calatayud le 9 septembre 2013.

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