mardi 14 janvier 2014

Le mystère de l'hiver

1, 5, 6, 7, 8, 40, 54, 65, 66.
Ces neuf chiffres pourraient très bien constituer une combinaison gagnante de loterie. Il n'en est rien. Car il s'agit en réalité des numéros des neuf toros de Miura pré-sélectionnés pour être combattus le 25 janvier... au Venezuela !

La présence des toros de Miura au Venezuela est assurément l'attraction de l'hiver. A l'occasion de la cinquantième feria de San Cristóbal, l'empresa "Fabio Grisolía" a été ambitieuse, en annonçant pour le 23 janvier une corrida de Torrestrella avec Enrique Ponce, El Fandi et l'alternative de Fabio Castañeda. Et le 25 janvier, une corrida de Miura avec César Vanegas, Javier Castaño et un remplaçant d'Alberto Aguilar (blessé à Cali), avec en supplément un toro colombien d'El Capiro pour le rejoneador Leonardo Hernández.

Des neuf toros de Miura choisis, seuls sept devraient être exportés de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agit toutefois d'un feuilleton sans fin, puisque les Miura et les Torrestrella auraient dû arriver le 12 décembre dernier sur le tarmac vénézuélien. Ensuite, ils auraient dû effectuer un parcours rocambolesque en passant par les corrales de la plaza de Valencia (Venezuela) avant d'arriver à San Cristóbal.
Or, les choses ne se passèrent guère ainsi. La compagnie Iberia aurait dans un premier temps dû assurer le vol de ces toros, mais cela ne s'avéra pas possible. On a même parlé d'un avion de l'armée vénézuélienne pour les acheminer !

Alors, à peine dix jours avant la corrida, les toros de Miura (tout comme ceux de Torrestrella) ne seraient pour le moment pas encore arrivés.
Dans la presse et sur les sites internet vénézuéliens, on pouvait lire que pour ce voyage, les toros de Miura seraient équipés de fundas, ce qui n'est pourtant pas une habitude de la maison Zahariche.

Aussi, les rumeurs les plus folles ont couru depuis deux mois sur la possibilité de ces corridas. Des détracteurs de l'empresa ont parlé d'un canular, d'autres moins acides ont évoqué une promesse impossible à tenir, tandis que l'empresa n'a jamais cessé de publier des démentis, en assurant que ces toros espagnols seraient bel et bien combattus au Venezuela en janvier.

Faire voyager les toros en avion n'est pas une nouveauté entre l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud, en revanche, il semblerait que cela soit une première entre l'Amérique et l'Europe.
Pourtant, les toros de Miura ont régulièrement été combattus à une époque sur le sol d'Amérique latine. Dans le numéro 871 de Semana Grande, du 16 décembre 2013, Marc Lavie détaille largement cet historique, avec un premier toro de Miura combattu en 1888 à La Havane. Au cours du siècle suivant, on vit des toros de Miura à Mexico, à Lima, à Quito, et même en Uruguay ! La dernière fois que les toros au "A" se sont retrouvés de l'autre côté de l'Atlantique, c'était en 1983 dans la périphérie de Lima.
Mais pour toutes les histoires précédentes à celle de 2014, les toros traversaient l'Océan en bateau.

Pour le moment, la présence de ces toros espagnols reste toujours une énigme, en suspens.

Quant aux Miura, beaucoup de toros et de novillos de ce fer nous ont donné espoir dans les ruedos en 2013, grâce à leur caste. On ignore s'ils débuteront leur saison au Venezuela, et ce que cette course donnera. Mais pour la suite de l'année, on peut parier qu'ils vendront chèrement leur peau sur le sol du continent qui les a vus naître.

Florent

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