jeudi 20 février 2014

Déjà vu

























Certes, ce n'est qu'une histoire d'affiches, un domaine pour lequel on est souvent très nostalgique, en préférant les illustrations d'époque aux montages actuels.

En 2014, les cartels des ferias nîmoises figureront sur cette affiche que vous découvrez. Éternellement tournée vers son passé du 16 septembre 2012 (est-ce bien la seule date historique en ces lieux ?), Nîmes a choisi d'illustrer sa temporada avec le côté face de la chaquetilla que portait José Tomás le jour de son seul contre six.
C'est une agence de communication locale qui a réalisé ladite affiche.

Toutefois, il me semblait avoir déjà rencontré une affiche à peu près similaire. Effectivement, elle représente une chaquetilla de dos, et possède exactement les mêmes tonalités de couleurs.
Après recherches, c'est l'affiche de Bayonne 2005 !


Florent

lundi 17 février 2014

Fonctions polyvalentes


C'est donc hier, dimanche 16 février, que s'est ouverte la saison française 2014. L'évènement se déroulait à Magescq, au Sud des Landes, et non loin de la côte Atlantique.
La chose la plus étrange en arrivant dans le paisible et coquet village de Magescq, c'était le parcours du combattant dressé par les forces de l'ordre pour se rendre aux arènes. Des barrages filtrants, des fouilles au corps, et une question de sécurité prise très au sérieux. La raison ? Une cinquantaine d'antis-corridas, venus d'un peu partout, piailler leur rancoeur contre quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Par ailleurs, ces gens-là semblent avoir une tendance polyvalente, puisqu'on les retrouve à Notre-Dame-des-Landes (qui ne se situe non pas en Gascogne, mais en Bretagne !), ainsi que dans des manifestations à caractère hétéroclite mais toujours protestaire. Ces gens-là incarnent l'anarchie au sens péjoratif du terme. L'Histoire a connu de brillants intellectuels anarchistes, mais-là, en ce qui concerne l'aspect intellectuel, il y a encore du travail à fournir. Activité cérébrale en berne.

Le plus dur en fait, ce n'était pas de voir tous ces gens remplis de haine, ni même le fait d'être contraint à franchir un dispositif de sécurité. Non. Le plus dur, c'était de se rendre aux arènes pour la première fois de l'année, et de penser à ces personnes que l'on appréciait et que l'on ne verra plus dorénavant aux abords d'une arène. Parmi ceux qui sont partis récemment, j'ai pensé à mon ami Joaquín Monfil, et à Jean-Louis Fourquet, bien évidemment.

Une fois passé le dispositif de sécurité, voilà que se dressait un gymnase-arène. Pour la petite histoire, cette salle des sports, qui parfois s'habille de sable, a été inaugurée le 1er novembre 1989. D'après mes archives, elle aurait accueilli au total quatre corridas (toutes françaises : deux de Gilbert Mroz, une de Tardieu, et une autre avec trois Colombeau et trois Mroz), quatorze novilladas avec picadors (avec, parmi les plus connus, les venues de : Domingo Valderrama, Angel de la Rosa, Luis de Pauloba, El Tato, Juan José Padilla, Pepín Liria, Julien Lescarret...), deux festivals, une corrida à cheval, et huit novilladas sans picadors en comptant celle de 2014. Une arène polyvalente, dans tous les sens du terme !

C'est la première fois que je me rendais en ces lieux, et je les découvrais donc. Les gradins étaient parfaitement remplis. A l'affiche, une novillada sans picadors de Camino de Santiago (propriété du gersois Jean-Louis Darré), qui eut des comportements variés, mais qui se laissa généralement manoeuvrer. A noter que tous les erales étaient nés en juin 2011, et filaient donc vers leurs trois ans.
C'est "Tafallero", le numéro 46, qui a donc inauguré la saison française. Et comme pas mal de ses frères, il était doté d'un gabarit assez respectable pour une novillada sans picadors.

Ne blâmons pas les novilleros du jour, âgés de 16 à 18 ans, même si deux d'entre eux doivent prochainement débuter dans l'échelon supérieur.
Face à deux erales tout à fait toréables, notamment le premier, très noble mais faible, le dacquois Louis Husson est apparu emprunté et laissa passer une occasion de se tailler un succès à sa portée.
Le triomphateur du jour fut le péruvien Andrés Roca Rey, le plus polyvalent des trois, puisqu'il banderille. Cependant, malgré de bons gestes, Roca Rey montra aussi un côté précipité et parfois brouillon, que ce soit muleta en main ou avec les banderilles, souvent à cornes passées. Mais c'est le début de saison...
Quant au plus "torero" des trois, ce fut sans doute Ginés Marín, qui n'a pas encore 17 ans, et qui vint s'agenouiller face au toril pour accueillir son premier adversaire. D'ailleurs, il toucha les deux erales les plus compliqués du lot, avec un premier manso et retranché sur les bordures, et un second compliqué, aux charges irrégulières. En outre, il n'est pas improbable que l'éclairage insuffisant ait influé sur le comportement de ce dernier eral.

S'il semble être le plus inspiré des trois, Ginés Marín effectua des redondos normaux ainsi que des redondos inversés, à l'instar de ses deux compagnons d'affiche. Plus qu'une mode, c'est un véritable carcan, une sorte de conformisme gênant, duquel les novilleros devraient absolument tenter de se sortir. Une façon de sortir de l'hiver....

Florent

mardi 11 février 2014

Un contrat sur la tête de Campos y Ruedos

Un lecteur anonyme de ce blog a tenu à faire parvenir une vidéo bien mystérieuse... La voici.


dimanche 9 février 2014

Histoires de torils (III)

MOUCHOIR VERT TARDIF

En voyant cette porte de toril grande ouverte, ce groupe de cabestros, et ce novillo à l'écart orné de deux banderilles sur le morrillo, on pourrait croire à un indulto dans une petite arène.
La scène se déroule à Lodosa, un torride après-midi du mois d'août 2008. Il faisait près de 38 degrés. Quelques heures plus tôt, en partant de Bayonne avec un ami, le thermomètre n'affichait guère plus de 20 degrés. Un sacré écart de température !

Lodosa se situe tout au bout de la belle Navarre, à son extrémité Sud. L'ambiance de ses arènes est festive, et il y a même un bar au-dessus de la porte d'arrastre ! Au soleil, les jeunes du village se font des batailles d'eau pendant la course, et les anciens vous offrent sandwichs, jolis morceaux de jambons, piments (c'est la spécialité locale), et grands verres de Gin Tonic. A la sortie, vous êtes carbonisés, mais vous avez passé un excellent moment, d'une convivialité à nulle autre pareille.

A Lodosa, ce 4 août 2008, la novillada de Pilar Martínez (propriété de Julio Aparicio) avait été d'un ennui extraordinaire. L'ensemble fut faible et sans fond, donnant le pire visage de l'encaste Domecq.
Il était au moins huit heures du soir quand sortit le dernier novillo de l'après-midi. Et si certains de ses frères étaient faibles, lui fut carrément invalide !
Dès le début, le public protesta un peu, puis gronda pour de bon. Des cris dans tous les sens, un vacarme invraisemblable ! Au milieu de tout cet environnement, le président joua à l'autruche et changea les tiers, confondant toro de combat et vache laitière.

Avant de débuter sa faena, le novillero Daniel Palencia se rendit au pied du callejón pour dédier (ce n'était pas un cadeau !) son adversaire au matador Francisco Marco, présent dans les tribunes.
Au même moment, les anciens du village se réunirent au dernier rang, et nous firent signe à tous de quitter les arènes en guise de protestation.

C'est alors que tout le monde commença à emprunter les escaliers, tandis que le jeune Palencia allait débuter sa faena. Pris de panique, le président de la course sortit alors le mouchoir vert !
Et là, la porte du toril s'ouvrit, et l'on fit rentrer le novillo aux corrales.


Pour la petite histoire, le sobrero était le plus astifino du lot, également le plus puissant, et permit à Daniel Palencia de couper la seule oreille du jour. Comme quoi, la menace et la désapprobation avaient eu du bon. Et je n'ai jamais su si Palencia était allé remercier les anciens du village...

Florent

samedi 8 février 2014

Fragiles, les Prietos

La télévision n'est pas vraiment le meilleur angle pour "assister" à une corrida. Néanmoins, elle permet de se faire une idée, même minimale. Et c'est déjà ça, surtout en plein hiver !
Ce 7 février, dans les arènes couvertes de Valdemorillo (Madrid), c'était la première novillada avec picadors de l'année en Europe. A l'affiche, du bétail de Prieto de la Cal, un élevage qui connaît une grande sympathie auprès de l'afición.
La rareté du sang Veragua qui coule dans les veines de ces toros y est aussi pour quelque chose. Et puis, des "Prietos", on en a beaucoup de souvenirs vifs, avec de beaux et âpres combattants marqués du "A" sur la cuisse.
En revanche, l'élevage a connu l'an dernier deux cuisantes sorties en France, avec les corridas d'Alès et d'Aire-sur-l'Adour.
Malgré tout, cette ganadería est assez sollicitée de l'autre côté des Pyrénées en ce début de saison, puisqu'elle fournira une autre novillada le 24 mars à Castellón.

Chez le toro de Prieto de la Cal, l'aficionado recherche avant tout sa présence singulière en piste, sa puissance et sa combativité. Au cours de sorties relativement récentes, des toros de cet élevage ont démontré toutes ces vertus, parfois couronnées d'une belle bravoure, voire même d'une bonne dose de sauvagerie ! De cette catégorie-là, on en vit ces dernières années à Arles, à Céret, à Saint-Martin-de-Crau, et à Cenicientos notamment. Il s'agit du côté pile.
Cependant, le côté face n'est pas très réjouissant. Car pas mal de fois aussi, les pensionnaires de Prieto de la Cal ont démontré des signes beaucoup moins enthousiasmants. Faiblesse, manque de caste, têtes dans les nuages et gueules ouvertes, en refusant et en snobant le combat.

Hier à Valdemorillo, les novillos de Prieto de la Cal – dont quatre des sept étaient nés en mars 2010 (donc proches de l'âge adulte) – ont démontré une réelle fragilité au cours de leurs combats. Fragilité, au niveau des forces comme au moral.
Avec sept rencontres à la pique, et une caste parfois absente, on était loin de l'image attendue des pensionnaires de cet élevage. La course commença mal, avec un premier novillo fortement piqué et qui se décomposa très vite, puis un deuxième qui s'avéra complètement décasté.
C'est au troisième que la course reprit un poil de couleurs, puisque ce Prieto en question possédait du genio.
Mais la note la plus positive de cette novillada vint avec les combats des quatrième et cinquième novillos. Le quatrième tout d'abord, de nom "Lucero", exigeant et encasté, et qui déborda César Valencia. Ensuite, le cinquième, "Rompedor", au beau pelage jabonero claro, qui après avoir montré d'inquiétants signes de faiblesse en début de parcours, se récupéra et démontra un bon fond.
Curieusement, le sixième titulaire, "Aguardentero", se blessa aux vertèbres exactement comme son congénère huit mois plus tôt à Aire-sur-l'Adour. La même distance à la sortie du toril, et la même accélération fatale. Toutefois, "Aguardentero" fut raccompagné aux corrales au bout de longues minutes par une meute de cabestros, à l'inverse d'Alondro, le beau berrendo en castaño d'Aire-sur-l'Adour...
Enfin, le sixième bis fut noble et juste de forces.
En résumé, un ensemble pour le moins hétéroclite.
Si ce lot de Valdemorillo n'inspirait rien d'extraordinaire, il fut quand même meilleur que ce qu'ont rapporté les reseñas incendiaires des sites taurins espagnols de "premier plan".

Face à ces Prietos, les novilleros ont écouté le silence en six occasions. Une chose à la fois étonnante et inquiétante, car les novillos ne posaient généralement pas de problèmes insurmontables, malgré leurs défauts de forces ou de caste.
Par ailleurs, trois des six novillos ne furent pas du tout mis en suerte au cheval, dont deux à l'actif (ou plutôt au passif) du vénézuélien César Valencia. Il n'y eut en outre pas grand-chose à dire à propos des trois novilleros du jour : César Valencia, Daniel Crespo et José Antonio Carreiro.

En regardant de plus près les dernières sorties des Prieto de la Cal, on remarque que c'est à cinq ans qu'ils livrent leurs meilleurs sorties. Et s'il existe un archétype de toro qui doit sortir âgé et fier de ses cinq herbes, c'est bien celui de Prieto de la Cal. Les dernières temporadas nous l'ont montré.

Florent

vendredi 7 février 2014

Toutes les temporadas sont bizarres

Chaque temporada qui arrive, on croit qu'un bouleversement d'envergure va s'opérer dans le monde de la tauromachie, et que beaucoup de choses vont changer. Or, ces dernières saisons, rien n'a vraiment bougé en réalité.
En fait, tout laisse à penser que les changements s'opèrent à long terme.
Il n'empêche que chaque temporada est bizarre, et à part entière. Et toutes les temporadas sont différentes les unes des autres, puisqu'elles comportent chacune leurs lots d'imprévus.

Cette photo a été prise il y a cinq ans. Putain, déjà cinq ans ! C'était le 31 janvier de l'an de grâce 2009, dans l'antre portative d'Ajalvir, en périphérie de Madrid. Il faisait un froid glacial, il y avait peu de monde, et les toros étaient de Rocío de la Cámara. Sans aucun rapport avec les redoutables toros du même élevage combattus une dizaine d'années auparavant notamment du côté de Vic-Fezensac.
Le lendemain, dimanche 1er février, des toros d'Alberto Mateos Arroyo, d'origine Baltasar Ibán, et élevés dans la région de Zamora, auraient dû être combattus. Il n'en fut rien, car la neige s'abattit violemment sur toute la Castille ce jour-là. D'ailleurs, il paraît même que les Alberto Mateos avaient été remplacés au dernier moment par d'autres toros, de Cándido García.
Souvent, c'est donc à Ajalvir que chaque temporada européenne débute. Les courses qui y ont lieu relèvent de l'anecdotique ou du confidentiel, mais c'est tout de même à cet endroit que les hommes s'habillent de lumières pour la première fois de l'année.

Cette année, c'est David Luguillano qui s'est illustré à Ajalvir, face à un toro de Pereda qui n'avait pas vocation à sortir ailleurs que dans une arène de troisième catégorie.
J'aime bien Luguillano, ce torero de Valladolid de 45 ans, sa personnalité, ses costumes très chargés en dorures. Luguillano torée peu, mais son répertoire est très inspiré, plein de torería, et l'homme n'est jamais tombé comme d'autres prétendus "artistes" dans l'auto-caricature. David Luguillano, qui va souvent tienter chez Raso de Portillo, est un torero qui essaye de transmettre beaucoup en peu de muletazos. Les almanachs taurins de fin d'année retiendront qu'il aura été le premier triomphateur d'une feria européenne en 2014 : la petite feria polaire d'Ajalvir.

45 ans, c'est aussi l'âge de José Miguel Arroyo "Joselito". Si l'on dressait une liste des toreros à la retraite dont le retour semble improbable, on aurait cité il y a peu le nom de Joselito.
Mais voilà, le grand matador madrilène, devenu ganadero, a annoncé qu'il revêtirait une nouvelle fois l'habit de lumières : onze ans après ! Certes, ce sera à Istres devant des Garcigrande, mais ce retour a quelque chose d'imprévu.
La carrière qu'a eu Joselito à la fin des années 80 puis dans les années 90 est impressionnante.
A l'heure actuelle, pour une figura, se rendre à Madrid est un geste, quel que soit l'élevage à l'affiche. On dirait que les caprices sont exponentiels, et que les "gestes" annoncés n'en sont plus désormais.
Joselito aura pour sa part été une figura dans les années 90, et c'est incontestable. Sa légende, et son histoire en France, il l'a notamment forgée à Mont-de-Marsan. C'était en 1995 face à des toros de Cuadri ! Imaginez de nos jours une vedette s'annoncer à Mont-de-Marsan avec des toros de Cuadri. Impensable ! Cela ne veut pas dire que Mont-de-Marsan est une petite arène, mais qu'a fortiori, aucune figura ne se laisserait aller à un "geste" au Plumaçon, déjà que ce n'est pas le cas à Las Ventas...
En 95 donc, Joselito avait réalisé l'un des plus grands moments de l'année, face à l'encasté "Brujo", de Celestino Cuadri. L'année d'après, Joselito retourna à Mont-de-Marsan, toujours face aux Cuadri. Mais les choses se passèrent très différemment...

Et constatons tout de même qu'en vingt ans, les "Gestes" ont bien changé.

Florent

dimanche 2 février 2014

Histoires de torils (II)

AU PIED DE L'IMMEUBLE

Les arènes sont toutes différentes. Il est bien difficile de trouver dans le monde deux arènes parfaitement identiques, avec le même ruedo, le même sable, les mêmes portes et les mêmes gradins. C'est vraiment tout le contraire des enceintes sportives. Le sport lui, est formalisé, puisque les terrains ont une taille réglementaire et égale.
En tauromachie, les choses varient fortement d'un endroit à un autre, et les histoires aussi.

A première vue sur cette image, on pourrait penser que derrière cette porte de toril, il y a des chiqueros et des corrales. Les corrales, selon toute logique, devraient approximativement se situer au rez-de-chaussée de l'immeuble que vous voyez.
Or, il n'y a pas de corrales. Du moins, il n'y en avait pas. N'ayez crainte pour les riverains, car deux fois par an jusqu'en 2006, les toros étaient à une distance raisonnable de leurs habitations. Désormais, les résidents de cet immeuble ont simplement de nouveaux voisins, puisqu'un autre immeuble a été construit à la place des arènes.

Jusqu'en 2006 donc, le toril de Floirac s'ouvrait deux fois par an. Une en mai, et l'autre en septembre. J'ai dû garder pas mal de photos de ces arènes. Non pas pour leur charme, car elles n'en avaient aucun, mais davantage pour leur force symbolique. Un jour de 1987, on décida d'instaurer à cet endroit un lieu taurin !
Il s'agit a fortiori d'un environnement bien étrange. Une plaza en fer et des immeubles aux alentours. Bienvenue en banlieue bordelaise !

Le toril de Floirac, avec cet immeuble coloré en toile de fond, était en fait une simple porte cachant un couloir d'une dizaine de mètres.
Un couloir en fer. Les toros qui le parcouraient sortaient directement du camion.
Le plus spectaculaire dans mes souvenirs, c'était une corrida de La Cardenilla en 1999. Des toros largement armés, qui faisaient un bruit infernal au moment de franchir ce couloir. On entendait des BIM ! BAM ! BOUM ! Imaginez un joueur de handball frapper de toutes ses forces sur le poteau d'une cage. Le bruit était à peu près similaire, comme les acouphènes.
Les toros de La Cardenilla avaient de beaux berceaux, et faisaient un bruit effrayant dans ce sombre couloir. Mais une fois en piste, ce fut la déception. Rien dans le ventre.

A Floirac, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu des toreros se rendre à genoux face au toril. On pourrait penser à plusieurs éléments de réponse. Le plus rationnel serait de dire qu'il y avait peu de courses à l'année pour au final avoir une chance d'assister à des portagayolas.
Mais à bien y regarder, cela devait filer le vertige de s'agenouiller face à ce toril, et surtout au pied de cet immeuble d'où les habitants vous contemplaient. Face à ce mystérieux couloir en fer, cette suerte d'accueil devait faire peur... Sûrement le vertige.

Florent