lundi 17 février 2014

Fonctions polyvalentes


C'est donc hier, dimanche 16 février, que s'est ouverte la saison française 2014. L'évènement se déroulait à Magescq, au Sud des Landes, et non loin de la côte Atlantique.
La chose la plus étrange en arrivant dans le paisible et coquet village de Magescq, c'était le parcours du combattant dressé par les forces de l'ordre pour se rendre aux arènes. Des barrages filtrants, des fouilles au corps, et une question de sécurité prise très au sérieux. La raison ? Une cinquantaine d'antis-corridas, venus d'un peu partout, piailler leur rancoeur contre quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Par ailleurs, ces gens-là semblent avoir une tendance polyvalente, puisqu'on les retrouve à Notre-Dame-des-Landes (qui ne se situe non pas en Gascogne, mais en Bretagne !), ainsi que dans des manifestations à caractère hétéroclite mais toujours protestaire. Ces gens-là incarnent l'anarchie au sens péjoratif du terme. L'Histoire a connu de brillants intellectuels anarchistes, mais-là, en ce qui concerne l'aspect intellectuel, il y a encore du travail à fournir. Activité cérébrale en berne.

Le plus dur en fait, ce n'était pas de voir tous ces gens remplis de haine, ni même le fait d'être contraint à franchir un dispositif de sécurité. Non. Le plus dur, c'était de se rendre aux arènes pour la première fois de l'année, et de penser à ces personnes que l'on appréciait et que l'on ne verra plus dorénavant aux abords d'une arène. Parmi ceux qui sont partis récemment, j'ai pensé à mon ami Joaquín Monfil, et à Jean-Louis Fourquet, bien évidemment.

Une fois passé le dispositif de sécurité, voilà que se dressait un gymnase-arène. Pour la petite histoire, cette salle des sports, qui parfois s'habille de sable, a été inaugurée le 1er novembre 1989. D'après mes archives, elle aurait accueilli au total quatre corridas (toutes françaises : deux de Gilbert Mroz, une de Tardieu, et une autre avec trois Colombeau et trois Mroz), quatorze novilladas avec picadors (avec, parmi les plus connus, les venues de : Domingo Valderrama, Angel de la Rosa, Luis de Pauloba, El Tato, Juan José Padilla, Pepín Liria, Julien Lescarret...), deux festivals, une corrida à cheval, et huit novilladas sans picadors en comptant celle de 2014. Une arène polyvalente, dans tous les sens du terme !

C'est la première fois que je me rendais en ces lieux, et je les découvrais donc. Les gradins étaient parfaitement remplis. A l'affiche, une novillada sans picadors de Camino de Santiago (propriété du gersois Jean-Louis Darré), qui eut des comportements variés, mais qui se laissa généralement manoeuvrer. A noter que tous les erales étaient nés en juin 2011, et filaient donc vers leurs trois ans.
C'est "Tafallero", le numéro 46, qui a donc inauguré la saison française. Et comme pas mal de ses frères, il était doté d'un gabarit assez respectable pour une novillada sans picadors.

Ne blâmons pas les novilleros du jour, âgés de 16 à 18 ans, même si deux d'entre eux doivent prochainement débuter dans l'échelon supérieur.
Face à deux erales tout à fait toréables, notamment le premier, très noble mais faible, le dacquois Louis Husson est apparu emprunté et laissa passer une occasion de se tailler un succès à sa portée.
Le triomphateur du jour fut le péruvien Andrés Roca Rey, le plus polyvalent des trois, puisqu'il banderille. Cependant, malgré de bons gestes, Roca Rey montra aussi un côté précipité et parfois brouillon, que ce soit muleta en main ou avec les banderilles, souvent à cornes passées. Mais c'est le début de saison...
Quant au plus "torero" des trois, ce fut sans doute Ginés Marín, qui n'a pas encore 17 ans, et qui vint s'agenouiller face au toril pour accueillir son premier adversaire. D'ailleurs, il toucha les deux erales les plus compliqués du lot, avec un premier manso et retranché sur les bordures, et un second compliqué, aux charges irrégulières. En outre, il n'est pas improbable que l'éclairage insuffisant ait influé sur le comportement de ce dernier eral.

S'il semble être le plus inspiré des trois, Ginés Marín effectua des redondos normaux ainsi que des redondos inversés, à l'instar de ses deux compagnons d'affiche. Plus qu'une mode, c'est un véritable carcan, une sorte de conformisme gênant, duquel les novilleros devraient absolument tenter de se sortir. Une façon de sortir de l'hiver....

Florent

2 commentaires:

  1. Je vous prie de ne point mélanger les antis corridas avec d'autres manifestants pour les causes que vous citez, luttes souvent bien plus légitimes et bien plus profondes. Il y a peut être certains individus qui trempent partout mais si peu.
    Ne mélangez pas non plus les mouvements anti corridas aux mouvements anarchistes ou renseignez vous bien sur le courant anarchiste au préalable. Des gens qui combattent au quotidien et vos allusions sont ainsi très réductrices.

    Contentez vous de parler de tauromachie car en plus vous le faites très bien.

    Pour l'analyse taurine, les vidéos parues sur d'autres sites parlent d'elles même, vous avez bien perçu l'essentiel du spectacle visiblement, le cameraman aussi.

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  2. Dans l'attente du barrage filtrant de Magescq dimanche, où nous étions mêlés à des antis-corridas, j'ai entendu l'un d'eux s'exclamer « c'est comme à Notre-Dame-des-Landes ». Désolé, mais je n'ai rien inventé.
    J'ai par ailleurs souligné le caractère hétéroclite de certaines manifestations, mais cet article parle de Magescq, et je ne me voyais pas faire un papier d'ambiance intégral portant sur l'anarchie. J'en suis désolé.
    Par ailleurs, il est très présomptueux de me faire dire des choses, et de penser à ma place. Ce que vous faites.
    Par contre, vous avez très bien le droit de penser, pourquoi pas, que je parle mal de tauromachie, ou que je dis des conneries. Libre à vous.
    C'est dommage, je trouve que votre commentaire n'apporte pas grand chose.

    Et puis, des gens qui veulent braver des arrêtés préfectoraux, coûte que coûte, en pensant que leur morale est la bonne et fait force de loi, c'est une forme d'anarchisme non ? Cela correspond à la définition, me tromperais-je ?

    Florent

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