dimanche 2 février 2014

Histoires de torils (II)

AU PIED DE L'IMMEUBLE

Les arènes sont toutes différentes. Il est bien difficile de trouver dans le monde deux arènes parfaitement identiques, avec le même ruedo, le même sable, les mêmes portes et les mêmes gradins. C'est vraiment tout le contraire des enceintes sportives. Le sport lui, est formalisé, puisque les terrains ont une taille réglementaire et égale.
En tauromachie, les choses varient fortement d'un endroit à un autre, et les histoires aussi.

A première vue sur cette image, on pourrait penser que derrière cette porte de toril, il y a des chiqueros et des corrales. Les corrales, selon toute logique, devraient approximativement se situer au rez-de-chaussée de l'immeuble que vous voyez.
Or, il n'y a pas de corrales. Du moins, il n'y en avait pas. N'ayez crainte pour les riverains, car deux fois par an jusqu'en 2006, les toros étaient à une distance raisonnable de leurs habitations. Désormais, les résidents de cet immeuble ont simplement de nouveaux voisins, puisqu'un autre immeuble a été construit à la place des arènes.

Jusqu'en 2006 donc, le toril de Floirac s'ouvrait deux fois par an. Une en mai, et l'autre en septembre. J'ai dû garder pas mal de photos de ces arènes. Non pas pour leur charme, car elles n'en avaient aucun, mais davantage pour leur force symbolique. Un jour de 1987, on décida d'instaurer à cet endroit un lieu taurin !
Il s'agit a fortiori d'un environnement bien étrange. Une plaza en fer et des immeubles aux alentours. Bienvenue en banlieue bordelaise !

Le toril de Floirac, avec cet immeuble coloré en toile de fond, était en fait une simple porte cachant un couloir d'une dizaine de mètres.
Un couloir en fer. Les toros qui le parcouraient sortaient directement du camion.
Le plus spectaculaire dans mes souvenirs, c'était une corrida de La Cardenilla en 1999. Des toros largement armés, qui faisaient un bruit infernal au moment de franchir ce couloir. On entendait des BIM ! BAM ! BOUM ! Imaginez un joueur de handball frapper de toutes ses forces sur le poteau d'une cage. Le bruit était à peu près similaire, comme les acouphènes.
Les toros de La Cardenilla avaient de beaux berceaux, et faisaient un bruit effrayant dans ce sombre couloir. Mais une fois en piste, ce fut la déception. Rien dans le ventre.

A Floirac, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu des toreros se rendre à genoux face au toril. On pourrait penser à plusieurs éléments de réponse. Le plus rationnel serait de dire qu'il y avait peu de courses à l'année pour au final avoir une chance d'assister à des portagayolas.
Mais à bien y regarder, cela devait filer le vertige de s'agenouiller face à ce toril, et surtout au pied de cet immeuble d'où les habitants vous contemplaient. Face à ce mystérieux couloir en fer, cette suerte d'accueil devait faire peur... Sûrement le vertige.

Florent

3 commentaires:

  1. Souvenirs...
    J'étais toujours assis juste un poil plus à droite.

    JPc

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  2. je crois que David Lombardo novillero de son état est allé se mettre à genoux devant le toril mais ma mémoire défaille peut-être

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  3. C'est fort possible. Mais je n'allais pas encore à Floirac à cette époque-là, j'étais encore sur Nîmes.
    Il y a certainement eu des portagayolas, mais elles n'ont pas été nombreuses.

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