mardi 10 juin 2014

Alberto Lamelas proche des étoiles, grandiose corrida de Dolores Aguirre

Ces images m'ont hanté l'esprit pendant tout le trajet du retour. A l'heure qu'il est (très tard), il est impossible de trouver le sommeil après avoir vu une course pareille. Une corrida unique, épique et intense. Une corrida de Dolores Aguirre, ce 9 juin 2014 à Vic-Fezensac.

A la mort du cinquième toro, on avait l'impression d'avoir assisté à une de ces corridas dont le souvenir est marquant, où la présence et le danger règnent en piste à chaque instant. Et puis Cantinillo, le sixième Dolores, est entré en piste.
Sous un ciel qui était une toile grise inquiétante, ce gigantesque toro s'est approprié d'entrée de jeu le sable vicois. Il titillait les planches, regardant ce qui se trouvait derrière, et menaça à plusieurs reprises de rendre visite aux occupants du callejón.
A la pique, ce toro d'une sauvagerie incroyable prit six rations de fer, sans jamais fléchir. Le picador Gabin fit très bien son métier, en allant chercher Cantinillo au-delà des lignes réglementaires. Et à la sixième rencontre, ce fut l'explosion, puisque le cheval vola en éclats ausi bien dans les airs qu'au sol.
Il est rarissime de rencontrer un toro comme ce Cantinillo, aussi puissant, aussi sauvage, aussi dangereux. Sa lidia fut un chaos.
Et au moment où Alberto Lamelas prit la muleta, pas mal de gens lui conseillèrent d'opter directement pour l'épée. Il faut dire que Cantinillo rentrait totalement dans la catégorie des toros aptes à vous envoyer à l'hôpital.
Seul sur le sable, seul au monde, Lamelas a été extraordinaire face à ce toro tout droit sorti de l'enfer. Des muletazos rageurs, dans une ambiance électrique et indescriptible. Chaque passe était un hymne au défi, au courage et à la vie. Cet après-midi, Alberto Lamelas était le seul homme au monde à avoir cherché la vérité. Sa vérité.
Il y a deux ans à la même époque, un toro avait failli lui ôter la vie dans une arène portative de la région madrilène. Mais Lamelas a surmonté l'épreuve, toutes les épreuves, et durant ce quart d'heure vicois, il a été un héros à nul autre pareil. Ce combat était à voir et à vivre.
Courageux, presque jusqu'à nous en faire pleurer, Alberto Lamelas a porté une estocade dans la continuité de sa faena de guerre. Et après un descabello, il fut acclamé comme rarement on acclame les toreros à l'heure actuelle. Hélas, la présidence (sans aucun critère) ne lui octroya qu'un seul trophée.
Pourtant, Lamelas aurait mérité de sortir en triomphe, au-dessus de nous tous.
Il s'était déjà joué la vie face au troisième, Pitillito, un toro encasté digne du sceau de Dolores Aguirre.

On pourrait parler de cette corrida durant des heures. Le premier toro, difficile et avisé, destiné à Robleño, alla "a más" au cours du combat, et donna le ton de l'après-midi.
Le deuxième, Comadroso, fut un grand toro de Dolores Aguirre. Après avoir pris cinq piques qui n'entamèrent guère son moral, il livra dans la muleta des charges à émotion. Mais Javier Castaño ne fut pas à la hauteur. Le malheureux Castaño et sa cuadrilla habituellement si confiante (Plácido Sandoval, Marco Galán, David Adalid, Fernando Sánchez) prirent l'orage face au cinquième, un Dolores très lourd, poderoso et difficile, qui renvoya tout le monde aux vestiaires.
Auparavant, le quatrième toro avait envoyé la cavalerie au tapis près des planches.

A cette heure-ci, les six toros de guerre de Dolores Aguirre sont morts. Ils ont vendu leurs charpentes et leur existence à un prix très élevé.
Pour Alberto Lamelas, les lendemains seront peut-être moins heureux, on l'ignore, mais il restera à jamais le héros de ce 9 juin 2014, et d'une corrida vouée à marquer des vies d'aficionados.


Florent

4 commentaires:

  1. Pierre THOMAZO10 juin 2014 à 09:44

    Florent j'ai ressenti la corrida exactement comme toi. J'ai eu des frissons, la chair de poule, la boule au ventre et les larmes aux yeux d'émotions de peur ou de je ne sais quoi.
    Le Président venait de Bilbao et était psychorigide. Il s'en tient à ses critères techniques. Au diable les critères dans ces moments là ! Quant au public vicois il est de plus en plus décevant ne comprenant rien à la lidia; Gabin Rehabi a été excellent en allant défier le toro au milieu de l'arène... Bref moi aussi j'ai eu du mal a trouver le sommeil et nous serons nombreux à nous rappeler de cette course.

    RépondreSupprimer
  2. Expliquez moi pourquoi on donne la vuelta al ruedo pour un toro aussi manso???????????

    RépondreSupprimer
  3. Qui a parlé de vuelta al ruedo ?

    RépondreSupprimer
  4. Il est certain que cela nous a changé des gatos, cabritas y babosas que l'on a coutume de voir;
    Beaucoup n'ont pas compris que Gabin partait au centre piquer ce toro;
    Quand au président, je ne parlerai pas d'incompétence mais plutôt d'irresponsabilité, lui qui a laissé un toro tout "cru" à Alberto en changeant le tiers malgré la demande du torero .
    En tous cas, piel de gallina et émotion, cela fait du bien et je ne regrette pas un instant d'être aficionado a los toros y alos toreros poderosos y valientes

    RépondreSupprimer