vendredi 12 septembre 2014

Mais à la fin ce sont toujours les allemands qui gagnent... (IX)

BATTRE L'ALLEMAGNE

Au tout début de l'été, l'enjeu de la vingtième Coupe du Monde de football était de savoir qui détrônerait l'Espagne, vainqueur de chaque tournoi majeur depuis 2008. Très vite, le terrain a donné la réponse, puisque la "Rouge" s'est inclinée devant les Pays-Bas et le Chili. Élimination précoce.
Mais derrière l'Espagne se cache l'Allemagne.

Le dimanche 13 juillet, tard dans la soirée (à l'heure du Vieux continent), les allemands ont soulevé le trophée. C'était le quatrième titre mondial qu'ils venaient de remporter.
Une fois tous les quatre ans, le ton de l'été est dominé par la fin de la Coupe du Monde. Cette année, le début du tournoi a été très plaisant à voir, avant d'aller "a menos" en terme d'intensité, comme on dirait dans le jargon taurin. L'Espagne déchue, l'objectif premier pour toutes les équipes était désormais de battre l'Allemagne.
Le Ghana et l'Algérie furent proches d'y parvenir. Puis en finale, le 13 juillet, les allemands ont été opposés aux argentins. Tout s'est joué aux prolongations, sur un pile ou face. Et il s'en est fallu de peu pour que l'issue soit inverse. A l'instar de France – Italie en 2006, et d'Espagne – Pays-Bas en 2010...

Dans la soirée brésilienne (cinq heures de décalage horaire), les allemands ont brandi la coupe. Pendant ce temps-là, à Céret, Frascuelo, soixante-six ans, a illuminé nos yeux de toute sa classe, il y avait un peu d'Antoñete dans le texte, et une nostalgie inexplicable. A Soustons, les arènes ont célébré une corrida pour leur centenaire. A Pamplona, la course d'Adolfo Martín n'a rien donné. Tomás Angulo et Gonzalo Caballero ont été blessés à Las Ventas. Des Zalduendo ont été combattus aux Saintes-Maries-de-la-Mer (chouette...). A Las Navas del Marqués, le torero Rubén Pinar a été victime d'une crise d'épilepsie dans l'après-midi, et a dû être remplacé en dernière minute par le mexicain El Zapata, qui se trouvait dans les parages à ce moment-là.
Mais tout cela, au niveau purement médiatique, passe très loin derrière la victoire allemande en football. Les deux finalistes, Allemagne et Argentine, n'étaient pourtant pas les équipes les plus séduisantes de la compétition, qui avait démarré sur un ton flamboyant, vibrant et surprenant : Merci au Mexique, au Chili, à la Colombie, au Costa Rica... et aussi à la France.

Après avoir perdu contre les teutons en demi-finale du Mondial 1990, l'anglais Gary Lineker s'était à l'époque fendu d'une formule étrange : "Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin ce sont toujours les allemands qui gagnent". Ce n'est bien évidemment pas une généralité historique, mais force est de constater que les allemands ont bien souvent gagné même lorsqu'ils n'étaient pas au mieux de leur forme.
Cette phrase célèbre sous forme de sentence, je l'ai toujours trouvée à la fois drôle, pittoresque et inéluctable, puisqu'elle détient un fond de vérité. Gary avait raison, lui qui porte le même prénom que mon père (c'est le sang écossais qui a voulu ça...).
Pour asseoir et anéantir encore plus le pauvre Gary Lineker, en 1996, les allemands avaient gagné la Coupe d'Europe, sur le sol anglais, après avoir brisé les rêves du pays organisateur. C'était en demi-finale là-encore.

De véritables briseurs de rêves ces allemands... comme pour une certaine équipe tricolore. 1982, 1986... et maintenant 2014. Le 4 juillet, sur la pelouse crade et terreuse du Maracana, l'Allemagne s'est imposée face à la France. Il n'y eut certes qu'un seul but, en début de partie, mais il fut malheureusement suffisant.
Après cette ouverture du score, on eut l'impression d'un match dont le pouls ne battait pas, éteint, et écrasé par la chaleur. L'ennui prédominait certainement chez les spectateurs neutres de ce match.
Mais nous, rien à cirer, on voulait juste battre l'Allemagne. 90ème minute et des poussières, Benzema, vraiment brillant depuis le début du Mondial, échoue face à Neuer. A cet instant-là, c'est totalement fini.
Dans l'hypothèse de la balle expédiée par Karim au fond des filets, on pouvait sincèrement imaginer une prolongation très disputée, et une scène victorieuse quelques semaines plus tard... Sans pour autant être franchouillard. Car vraiment, la France a réalisé une superbe Coupe du Monde. Que dire de ce match où la Suisse a volé en éclats. Un 5 à 2 jubilatoire et historique.

Après ce triste quart de finale du Maracana, l'Allemagne a rencontré la route du Brésil, l'hôte de la compétition. Le Brésil, depuis tant de décennies, impressionne. On le voit mythique et invincible. Mais en 2014, l'impression n'est plus la même, et le drame s'approche irrémédiablement pour les brésiliens au plus la compétition avance. Une victoire chanceuse contre la Croatie, une victoire inespérée contre le Chili, une autre victoire à l'arrachée contre la Colombie... et puis se dresse l'Allemagne.

Demi-finale, le Brésil perd 7 buts à 1. Peut-être le match de haut niveau le plus pathétique depuis le début de ce nouveau siècle. L'impression d'une avalanche dans la défense brésilienne. 5 à 0 dès la trentième minute de jeu ! "Les carottes sont cuites", aurait dit le populaire Thierry Roland.
Le mythe des "auriverdes" s'est effondré, broyé puis noyé dans le cauchemar. L'équipe du Brésil a reçu à cette occasion la plus grave cornada de sa vie.

En bleu, blanc, rouge, la victoire aurait été belle pour l'équipe de France. Et la temporada aurait été encore plus joyeuse. Mais putain, à la fin, ce sont les allemands qui l'ont emporté...

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze...


Florent

1 commentaire:

  1. Et à la fin......
    J'assistais, le dernier dimanche d'Août, à la Novillada Concours de Saint-Perdon. Ce fut, une rencontre pleine d'émotions et d'engagement et à la fin, avec la vuelta du novillo de l'Astarac, les saluts de Gabin Rehabi et d'El Santo et les oreilles d'Husson, ce sont les français qui ont gagné ...Vous allez dire que la fiesta brava n'a pas (encore?) traversé le Rhin... Après le clin d'oeil à l'auteur de cette série d'article on peut saluer tous les acteurs de cette après-midi et avant tout, l'obstination et l'aficion des organisateurs qui mériteraient eux aussi bien des trophées.

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