vendredi 19 décembre 2014

Corrida de Pedraza de Yeltes : le jour où Dax a gagné à la loterie... (Rétro 2014)

Samedi 16 août. Le ciel bleu d'été incite au littoral, à la plaisance et au calme. Mais au fond, les maillots de bain et la baignade pourront bien attendre un peu. 

A Dax, l'élevage de Pedraza de Yeltes, basé dans la province de Salamanque et d'origine Domecq, fait combattre pour la première fois une corrida de toros en France. 
De cette devise récente, il n'y a presque que de bons échos. Déjà, il ne s'agit pas d'une usine à toros et c'est un bon point. Les propriétaires avancent doucement, pas à pas, et connaissent le succès presque systématiquement, puisque leurs produits s'avèrent intéressants dans toutes les arènes où ils sortent. 
A Dax, les six combattants du jour s'appellent Deslumbrero, Bellito, Miralto, Portadito, Bello et Fantacioso. Et pour une première en France, le lot est particulièrement charpenté. Aux pelages marrons et roux, les Pedraza oscillent entre 570 et 640 kg. De quoi faire démentir les dictons qui affirment que les toros de plus de 600 kg sont impropres au combat, et nécessitent d'être calibrés pour être bons. 
Imposante, et splendide aussi bien en présence qu'en comportement, cette corrida de Pedraza de Yeltes a été un véritable événement. Un festin pour tout aficionado qui se respecte. 
Un lot bravissime en dix-sept piques très fortes et parfois mal données, des piques qui en valaient peut-être vingt-cinq ou trente au total tellement les picadors ont voulu s'acharner. Mais rien n'y fit, car l'on vit ces splendides toros inonder le sable de Dax de leur bravoure, de leur caste et de leur transmission. C'est ce toro d'encaste Domecq que l'on veut voir dans les arènes ! Oui, celui-là ! Celui qui ramène l'émotion en piste, et rappelle que la corrida dure trois tiers. Et cela fait énormément de bien dans l'échelle des valeurs, surtout lorsque l'on voit les trophées (grâces et tours de piste) accordés à tant d'autres élevages du même sang, pour un résultat infiniment moins riche. 
La réalité est cruelle, mais il existe des ganaderías qui viennent depuis des décennies en France, et n'ont jamais atteint le niveau de cette seule corrida de Pedraza de Yeltes du 16 août à Dax. Et plus cruel... On peut presque croire qu'elles ne l'atteindront jamais... 
Alors, pour le souvenir, il y eut ce troisième toro, Miralto, numéro 21, colorado, 580 kg. Pourtant, il n'avait pas un physique qui pouvait laisser présager un combat d'une telle grandeur. Haut sur pattes, et avec un port de tête qui n'avait rien d'extraordinaire. 
Extraordinaire, ce toro le fut lors des quatre piques auxquelles il se rendit avec une bravoure de rêve. Javier Castaño, qui aura été le torero le plus honnête de l'après-midi, le plaça à quasiment trente mètres pour la dernière rencontre. Et l'assaut fut immédiat, au grand galop... Pour une intense émotion. Plus tard, Miralto sera honoré d'un tour de piste fleuri et acclamé.
Dans cette corrida de toros exceptionnelle, il y eut aussi Bello, le cinquième, 640 kg sur la bascule. Sèchement piqué en trois rencontres, mais brave d'un bout à l'autre du combat sans jamais fléchir...
A Dax, cette corrida de Pedraza de Yeltes aura été celle de tous les adjectifs au superlatif...

Florent

(Photo : Le départ de "Miralto" vers la pique – Image de Bernard Hiribarren parue dans Semana Grande le lundi 18 août)

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