jeudi 18 décembre 2014

La terre d'Hubert Yonnet (Rétro 2014)

A chaque fois que l'on entre dans l'arène de Parentis, l'effet de surprise est toujours le même. Il y a sur la gauche une usine de charbon actif qui fonctionne même le dimanche. Derrière le toril, côté Atlantique, il y a l'imposant château d'eau qui fait partie du décor. Et puis, ce n'est pas anecdotique, on remarque la taille de cette belle arène. Une grande piste et des gradins vastes. Ce n'est pas une petite arène. On se pose des questions et l'on se dit que la plaza est suffisamment grande pour que l'on y célèbre des corridas. Pourtant ici, on a seulement dérogé trois fois à la règle. En 1980 et en 1994, et aussi en 1992 avec une corrida mixte de deux toros et quatre novillos. Mais Parentis est une arène de novilladas et veut chaque année rester fidèle à cette tradition. 

Le dimanche 10 août, au cœur de l'arène, le fer d'Hubert Yonnet y est dessiné pour la première fois. C'est aussi la première fois que les pensionnaires de l'élevage sortent en piste depuis la mort d'Hubert le 28 juillet. Coïncidence, Hubert Yonnet est né à la fin de l'année 1926, au moment où l'on construisait les arènes de Parentis, inaugurées l'année suivante. 

Hubert Yonnet aura pour sa part accompagné ses toros jusqu'à la fin de sa vie, puisque trois mois avant ce dimanche 10 août, aux arènes d'Alès, il fut honoré en piste avant la corrida. 
Rien de plus éloquent que le nom d'Hubert Yonnet quand on parle d'élevages de taureaux de combat en France. Une légende, forgée sur les terres de la Bélugue, à l'embouchure du Rhône. Combien d'aficionados français n'ont jamais vu un seul cornu appartenant à Monsieur Yonnet ? Vous en trouverez bien peu. 
A Parentis, la novillada débute de manière inhabituelle. Pour rendre hommage à l'éleveur, les alguazils défilent à pied en tenant leurs chevaux par la bride. Un long discours d'hommage résonne entre les murs des arènes. Et l'on appelle en piste le mayoral, Olivier Faure, pour une longue ovation. 
Les novillos portent sur leur dos une devise noire en guise de deuil. Le premier orphelin du jour s'appelle "Salinier". Un nom sans équivoque qui rappelle l'élevage et son environnement. Sérieux, âpres, exigeants et difficiles, avec dix-huit rencontres face au cheval, les exemplaires d'Hubert Yonnet auront été fidèles à leur réputation. Des toros qui nécessitent le combat et une attention de tous les instants. 
Il y avait ce dimanche 10 août trois jeunes qui n'étaient pas des novilleros de renom, mais dont l'effort est à saluer. Défier les toros et les novillos de chez Yonnet n'est pas une mince affaire. Luis Gerpe, Juan Millán et Guillermo Valencia se sont accrochés et ont été courageux. Gerpe et Valencia sont parvenus à obtenir une oreille. Face au dernier novillo, le picador Juan Agudo a excellé dans son métier, en réalisant un premier tiers exceptionnel. 
A la fin de la course, le mayoral Olivier Faure donna une dernière vuelta en compagnie de Guillermo Valencia et du picador Agudo. Pour la première fois, Hubert Yonnet n'était pas là, lui qui avait l'habitude d'être aux premières loges à chaque sortie de ses taureaux en France comme en Espagne. 
La devise verte et blanche a écrit une histoire à nulle autre pareille. Sur les terres qui s'étendent de Salin-de-Giraud à Parentis, de la Méditerranée à l'Atlantique, et même au-delà, personne n'ignore cette histoire.


Florent

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