jeudi 18 décembre 2014

Pour que Jean-Pierre reste dans la garrigue (Rétro 2014)

C'était encore récent. Jusque dans les années 90 et même 2000, il n'y avait absolument aucun problème pour se rendre aux arènes, en France comme ailleurs.

Les arènes, situées au bout d'un chemin, étaient entourées d'une atmosphère calme ou bien festive, mais toujours en toute sérénité. Rarement, et dans certains endroits uniquement, il arrivait de voir des personnes silencieuses avec des pancartes hostiles à la corrida. Seule Floirac, en 1987, ainsi que quelques exemples peu nombreux, semblaient faire exception au climat paisible. 
Ces derniers temps, il est curieux de constater certains attroupements, des jours de corridas ou novilladas, dans des petits villages auxquels on ne peut accéder que par routes départementales. Mais pourquoi donc faire tout ce chemin et venir importuner les gens qui se rendent aux arènes ? Sans paranoïa, sans acharnement sur internet et sans se monter le bourrichon, les pseudo-manifestants n'auraient jamais connu l'existence de ces villages, ni même que l'on y célébrait des courses. 
Alors, en certains endroits, des barrières ont fleuri, avec des dispositifs de sécurité, qui sont là comme un moindre mal. Les pseudo-manifestants aimeraient être médiatisés comme s'ils étaient une horde. 
Et pourtant, ils mènent une croisade qui leur échappe totalement. Dernièrement, on a vu la publication d'analyses psychiatriques (sorties d'on ne sait trop où) concernant les dégâts faits sur les enfants qui vont aux arènes et sur les adultes qui y sont habitués depuis des lustres. De tous les aficionados que je connaisse, pourtant, aucun à ma connaissance n'a eu à comparaître devant une Cour d'assises, un Tribunal correctionnel, et aucun n'a été interné. Cela ne veut pas dire que nous aficionados, sommes des gens parfaits, mais je ne vois pas en quoi notre passion pourrait créer des troubles et des comportements déviants ou dangereux. Et puis d'ailleurs, le climat qui règne entre aficionados autour d'une corrida est toujours des plus calmes...
En revanche, je m'interroge parfois sur l'aspect psychologique de certains pseudo-manifestants. Je n'en ai aucune certitude, mais je m'interroge. Il suffit, devant certaines arènes, d'entendre l'intonation des cris, des braillements ou des insultes proférées. Le ton utilisé est grave, et les voix sont surexcitées. Et puis, en fin de compte, les comparaisons sont tellement exagérées qu'elles en deviennent grossières...
Chaque manifestation ressemble plutôt à une entrave à la liberté d'aller et venir, et un droit auto-proclamé à molester autrui. Le terme "d'action citoyenne" utilisé est pour sa part le plus grotesque. Comment dans de telles situations peut-on parler de citoyenneté ? Je ne parle même pas des concepts de "désobéissance civile" qui ont pu être évoqués par certains dirigeants de ces mouvements. 
Et puis, c'est inéluctable, la sauce monte, et il y en a toujours un, deux, trois ou quatre, pour faire grimper le niveau de bordel et de cacophonie. Logiquement, le fauteur de trouble est placé en garde-à-vue pour son fait. Mais ces gens-là vivent les faits répréhensibles comme des drames, un peu comme si chaque garde-à-vue ressemblait à la prise d'otage des Jeux Olympiques de Munich 1972. 
Et voilà qu'on nous sort ensuite "la France est une dictature tauromachique", et l'inévitable théorie du complot envers ces très chers antis-corridas. Pourtant, il semblerait que leurs possibilités d'expression soient parfaites contrairement à d'autres lobbys, et ils peuvent intervenir en de nombreux endroits bénéficiant d'une sur-médiatisation. Par bonheur, on a pu remarquer que cette sur-médiatisation était largement en baisse en cette année 2014. Quel média national a évoqué "l'ultra et géante manifestation européenne et internationale" d'Alès au mois de mai dernier ? Aucun. 
"La torture n'est pas notre culture !", disent-ils. Nous savons parfaitement la défendre et elle a ses milliers de raisons d'être. 
Mais la leur, est-ce notre culture ? Car leurs "manifestations", composées de "sit-in" et d'envahissements de lieux (en l'occurrence les arènes) dans les plus graves des cas, sont d'origine purement anglo-saxonne. Et pour cette raison, ces agissements ne sont pas notre culture. 
Toutefois, il existe encore des personnes qui possèdent l'envie de les croire, un peu comme si ces groupes étaient des "Robin des Bois" en fin de compte. Mais continuer à leur donner du crédit, à quelque niveau que ce soit, c'est mettre de l'huile sur le feu...
Pourtant, nous ne sommes pas ultra-sécuritaires, et nous ne voulons pas au fond voir ces gens en prison ou accablés d'amendes jusqu'à en devenir insolvables.
Non, nous aimerions juste qu'ils partent des arènes et de leurs alentours, puisqu'ils n'ont strictement rien à y faire.


Florent

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