samedi 20 décembre 2014

"Ton quotient intellectuel est inférieur au numéro de ton maillot" (Rétro 2014)


On pourrait l'annoncer avec une intonation façon Julien Lepers dans Questions pour un champion :
Il est le torero qui a fait le plus de paseos depuis le début des années 2000. En 2014, il est le deuxième de l'escalafón avec 66 corridas, 142 oreilles et 8 queues. De qui s'agit-il ? Oui... vous l'avez ? 
David Fandila... EL FANDI ! Exceptionnel non ? 
Le dimanche 31 août dernier, El Fandi toréait dans les arènes de Priego de Córdoba. Au même moment, au Plumaçon, trois novilleros se jouaient la vie face à une novillada-concours pas évidente dans le cadre des fêtes de Saint-Perdon. José Garrido, Alejandro Marcos et Louis Husson ont payé de leur physique pour mener cette course à terme. 
Au même moment en Andalousie, El Fandi a réalisé un geste passé presque inaperçu au sein des médias taurins espagnols. Ce sont des blogueurs qui l'ont relevé. Il faut dire qu'à ce moment de l'année, les courses sont nombreuses et ce genre de corridas peut parfaitement passer inaperçu. 
A Priego de Córdoba, El Fandi a exécuté un geste inqualifiable qui avait, il est vrai, déjà existé par le passé. Heureusement de manière très rare. 
Après avoir regardé le toro affalé au sol pendant une minute, El Fandi est allé s'asseoir sur lui. La scène est authentique, puisque des photos sous plusieurs angles existent, ainsi que des vidéos. 
Les toros étaient de Zalduendo, et El Fandi a ce jour-là... obtenu quatre oreilles et une queue ! A croire que ce geste n'avait rien de choquant pour le public venu assister à la pantalonnade. 
On comprend mieux ainsi les 142 oreilles et 8 queues obtenues par ce torero en 2014. Une simple façade masquant des corridas honteuses. 
Honteux oui, car El Fandi est un matador d'alternative et appartient à ce que l'on appelle les "maestros" dans le jargon. Ceux qui sont parvenus à franchir toutes les étapes. 
Mais ainsi, avec un tel comportement, le terme de maestro est totalement dévalué et même insulté. Cela est rageant de voir El Fandi faire de telles pitreries, en sachant que la corrida a quand même gagné en sérieux dans pas mal d'arènes ces dernières années. Mais il faut malheureusement toujours un clown pour tout foutre en l'air... 
La France, qui est un excellent baromètre en matière de tauromachie, dévoile la supercherie par ses simples statistiques. El Fandi est un torero qui n'y a jamais fait rêver personne et qui n'y a jamais eu d'écho. Preuve en est qu'il existe ici un certain sérieux. 
El Fandi n'a plus toréé en France depuis le 24 mai 2012 à Nîmes. Un an auparavant à Arles, le torero populiste moissonneur d'oreilles qu'il est en Espagne avait été totalement éclipsé par de superbes gestes de Juan Mora et les deux oreilles obtenues par le torero local Juan Bautista. 
Demander un boycott ou une levée des boucliers des organisateurs envers El Fandi ne servirait pas à grand chose. En France, il a déjà obtenu le fruit de ses mascarades, puisqu'il ne vient plus. En Espagne, il aura encore certainement beaucoup de courses sans intérêt, destinées à des publics bien trop peu avertis et exigeants. 
De la colère ? Pas tellement. Ce qui règne surtout, c'est l'incompréhension. Car El Fandi a un potentiel considérable et des capacités physiques exceptionnelles. Il avait démontré des dispositions intéressantes en début de carrière, notamment en affrontant des toros de Dolores Aguirre à Bilbao. 
Mais franchement, comment avec aussi peu de fierté a-t-il pu transformer sa carrière en imposture ? Plutôt que de prendre des risques et devenir un torero respectable, El Fandi semble avoir choisi la voie d'une carrière quantitative mais infiniment médiocre. Ce geste, réalisé à Priego de Córdoba, est un peu le couronnement de ce royaume de médiocrité. 
Un jour, l'ancien footballeur britannique George Best avait glissé à son cadet, Paul Gascoigne, le numéro 8 de l'équipe d'Angleterre : "Ton quotient intellectuel est inférieur au numéro de ton maillot". Pour El Fandi, on n'en est pas loin...


Florent

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