mardi 30 décembre 2014

Vider la Maestranza (Rétro 2014)

Superbe était l'affiche de la temporada sévillane 2014. Signée par l'artiste chilien Guillermo Muñoz Vera, elle incitait à l'héliotropisme. La luminosité de l'Andalousie, le ciel bleu, le soleil et le calme. Une affiche belle, mais malheureusement prémonitoire, au moment où les cartels de Séville n'étaient pas encore sortis. 
Pendant tout l'hiver, l'empresa des arènes a été confrontée à la volonté de boycott du groupe des cinq grandes vedettes auto-proclamées. Menace mise à exécution, l'empresa a dû composer sans ces cinq toreros. 
En avril, l'aventure commence plutôt bien, puisque le dimanche de Pâques, les deux toreros du village de Gerena, Escribano et Luque, remplissent pratiquement les arènes pour affronter la corrida de Miura. Le dimanche suivant, on compte près de deux tiers d'arène pour la novillada piquée où torée José Ruiz Muñoz, le petit-neveu de Curro Romero. Les débuts de la temporada, encourageants, sont loin d'être calamiteux. 
Mais l'un des grands problèmes de cette feria composée par l'empresa, c'est le prix des places. Malgré l'absence des cinq vedettes en question, les tarifs furent maintenus. Sans pour autant aller jusqu'à les casser complètement (les places à Séville sont tout de même chères), l'empresa aurait quand même pu songer à les baisser considérablement. 
Mais à la place d'une baisse des tarifs, rien de rien, et peu d'originalité sur les affiches. Même pas une corrida-concours avec des élevages et des toreros de la province de Séville (car dans les deux cas ce n'est pas ce qui manque !) à un prix avantageux. Aucune idée nouvelle. La nouveauté : il faut croire que l'empresa n'y a même pas pensé une seule seconde. 
Rien dans cette programmation 2014 ne sortait de l'ordinaire. Il n'y avait aucune des cinq vedettes, mais en revanche, les ganaderías étaient toujours les mêmes. 
Le 1er mai, première corrida de feria, de Montalvo... et un tiers d'arène. 
Le 2 mai, un quart d'arène. Mais honnêtement, qui irait s'asseoir au soleil sous 35 degrés pour aller voir Esaú Fernández (c'est un exemple) affronter des toros de Fuente Ymbro ? Sous la chaleur tropicale des gradins soleil de la Maestranza, on ne pouvait certainement trouver que quelques courageux aficionados français, qui sont là, et profitent du lieu, le temps de leur séjour, quel que soit le cartel. 
Avec cette feria au début chaotique, on imagine bien qu'atteindre la moitié d'arène allait être un exploit avant la fin du cycle. A la fin de la feria, la San Isidro madrilène avait déjà commencé, et l'attention était ailleurs. 
Dans cette feria de Séville écrasée par la chaleur et l'indifférence, il n'y avait que la radio pour relayer ce qui se passait en piste. La télévision (si elle n'est pas le meilleur mode pour assister à une corrida) a déserté les lieux depuis quelques saisons, et cela a son importance. 
Les semaines suivantes, les novilladas de l'abonnement de mai et juin n'ont eu qu'une timide affluence, car il faut dire que la chaleur était encore plus écrasante. 
Pourtant, ce sont bien les novilladas qu'il faut détacher dans cette temporada sévillane. Quasi-plein le 3 juillet pour le mano a mano "remake" du triomphe de Borja Jiménez et José Garrido. Demi-arène le 10 juillet pour la première non piquée nocturne, deux tiers le 17, trois quarts le 24, et le plein pour la finale du 31 juillet, où le trophée mis en jeu a été remporté par Pablo Aguado face à un lot d'El Parralejo. Succès des novilladas nocturnes, avec des tarifs adaptés. 
En septembre, la catastrophe est revenue pour la feria de San Miguel. Là-encore, les cartels de cette feria avaient été annoncés plus de six mois avant, en même temps que ceux de la feria de printemps. 
Toujours les mêmes tarifs. Un quart d'arène le samedi 27 septembre pour voir une corrida de García Jiménez. Une timide moitié le lendemain pour un plat combiné avec des Juan Pedro Domecq et des Daniel Ruiz. 
La gestion de ces arènes, obsolète au possible, doit impérativement poser réflexion. Or, d'ores et déjà, on murmure qu'en 2015 des élevages à peu près identiques seraient programmés à la Maestranza. Il ne manquerait plus que les toreros et les prix soient les mêmes... 
Ne l'espérons pas, car à ce rythme là, la messe est dite.

Florent

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