lundi 17 mars 2014

L'histoire des indultos en France

Cela doit faire des années que cet article traîne au fond de mes cartons. Jusqu'alors, je n'avais jamais eu l'occasion de le compléter et de le boucler.
L'histoire des indultos en France : un grand désordre ! Difficile de mettre de la cohérence autour de ce thème.
Lorsque l'on se remémore les grands toros combattus dans notre pays, on ne pense pratiquement jamais à ceux qui ont été graciés. Les toros de bandera dans notre esprit, ils ont au maximum été ovationnés à l'arrastre voire honorés d'un tour de piste.
C'est un paradoxe de la corrida à l'heure actuelle : les toros graciés ne sont pas les meilleurs que l'on voit dans l'arène.

En France, l'indulto est une chose récente, puisque le premier "véritable" a été accordé en 1986.
Il faut dire que les évènements se sont accélérés dans les années 90, puisque de nombreuses grâces se sont produites en Espagne. Par ailleurs, les changements dans les règlements taurins y sont pour beaucoup. Auparavant, on ne pouvait gracier des toros qu'en corridas-concours.

En théorie, lorsqu'un toro est gracié, c'est parce que sa présentation a été respectable, et que sa combativité du début à la fin du combat a été exceptionnelle.
La réalité est bien différente, puisque cet acte de l'indulto est fortement dévalorisé. L'épreuve de la pique est généralement négligée, car on prime avant tout le prototype du toro moderne, d'une grande noblesse propice au troisième tiers. Or, s'il devrait être le summum pour un toro de combat, l'indulto à l'heure actuelle est un bémol au sérieux de la corrida, puisqu'il est généralement une recherche de publicité pour ganadero, torero et organisateur. On pense davantage aux conséquences de l'indulto sur un CV, plutôt qu'à la réalité pratique des toros reproducteurs.

En France, si le premier indulto eut lieu en 1986, l'histoire aurait très bien pu commencer le 21 septembre 1952 dans les arènes de Perpignan. C'est ainsi que le relate notamment Claude Sabathié dans son ouvrage "Toros en Perpignan", tout comme d'autres reseñas de l'époque. Ce jour-là, dans le chef-lieu des Pyrénées-Orientales, le vénézuélien César Girón affronta un novillo d'Alicio Cobaleda, qui lui lécha le visage alors que le torero lui caressait le frontal. La présidence décida de pardonner la vie du novillo, mais ce dernier ne pouvant être ramené au toril, il fut puntillé en piste. Hurlements de la foule et intervention des forces de l'ordre... Une anecdote historique.

De nos jours, les indultos sont incontestablement un synonyme de manque de sérieux dans les arènes. On néglige l'aspect fondamental de sa précieuse rareté théorique.
A l'instar des indultos, les tours de piste posthumes étaient également moins légions en d'autres temps.
Comme une mode, on gracie aujourd'hui des toros en nombre conséquent, notamment à l'occasion de corridas "évènements", comme c'est par exemple le cas lorsque des toreros affrontent seuls six toros. 
La liste qui va suivre est la plus exhaustive possible. Aussi, il est bien d'avoir sous la main des statistiques, encore faut-il les exploiter !
En me plongeant dans les archives à la recherche de ces cornus graciés, j'ai remarqué qu'un bon nombre d'entre eux étaient totalement tombés dans l'oubli. C'est ainsi. Il faut également préciser que les indultos dépendent des arènes et de la catégorie des spectacles, parfois très divers.

En France, donc, depuis 1986, j'ai comptabilisé 46 indultos. 20 en corridas, 8 en novilladas avec picadors, 8 en novilladas sans picadors, et 10 en festivals et fiestas camperas. Et depuis 2001, toutes les temporadas ont vu au minimum un indulto. L'année 2014 confirmera-t-elle une fois de plus cette nouvelle "règle" ?

Cette liste est établie de manière chronologique et comprend bien entendu uniquement des courses ayant eu lieu en public.

Le 11 novembre 1986 à Saint-Sever, un novillo de l'élevage landais de Marcel Linès est gracié par Juan Villanueva lors d'une fiesta campera sans picadors. Le torero franco-espagnol prendra l'alternative quelques années plus tard à Benicarló (Castellón).

Le 8 novembre 1987 à Pouillon (Landes), "Campesino", un eral de Jean-Charles Pussacq est gracié lors d'une novillada sans picadors par Christophe Aizpurua, qui reçoit à l'occasion des trophées symboliques, et deviendra par la suite banderillero.

Le 30 juillet 1988 à Garlin, "Gonzalo", n°42, novillo de Roland Durand par le novillero Sergio Sánchez (une oreille symbolique). Ce novillo fut le premier à être gracié en France au cours d'une novillada piquée. Face au cheval, "Gonzalo" reçut une pique. L'indulto fut demandé par l'éleveur.

Le 19 février 1989 à Samadet, "Jaquerito", n°60, novillo de Sepúlveda par José María Manzanares lors d'un festival (deux oreilles symboliques). Exemplaire gracié à la demande du torero.

Le 2 avril 1989 à Méjanes, "Jabonero", n°86, novillo de François André par le novillero Angel Leria (deux oreilles symboliques).

Le 20 mai 1991 à Nîmes, "Peleón", n°16, novillo des héritiers de Salvador Guardiola Domínguez par Manuel Montoya. Cet indulto sema le désordre dans le public, puisque malgré sa grande noblesse, ce novillo manqua de forces. La grâce fut en partie plébiscitée par le directeur des arènes, Simon Casas.

Le 18 juillet 1992 à Arles, un eral d'Alain Tardieu par Yann Arias "Yanito", qui s'habillait pour la première fois en costume de lumières.

Le 22 novembre 1992 à Nîmes, "Afligido", novillo de Jandilla, par Dámaso González lors d'un festival.

Le 28 février 1999 à Nîmes, "Tanguisto", novillo de Yerbabuena par Juan Bautista. Ce novillo d'encaste Pedrajas reçut trois piques et s'avéra brave.

Le 21 août 1999 à Saint-Laurent-d'Aigouze, toro n°516 de François André par Lima de Estepona. Il s'agit du premier indulto lors d'une corrida en France, obtenu par le modeste torero espagnol Lima de Estepona. Ce toro n'était pas baptisé, et cette course des fêtes votives du village gardois n'est pas restée dans les annales.

Le 1er juin 2001 à Nîmes, "Descarado", n°9, toro de Victoriano del Río par Enrique Ponce. Un toro de pelage burraco, noble, qui permit une grande faena à Ponce, mais n'avait rien "d'exceptionnel" selon les revisteros.

Le 8 septembre 2001 à Arles, "Invincible", n°15, toro de Zalduendo par El Juli. Peu piqué, il fut banderillé par El Juli lui-même, puis gracié du fait de sa noblesse. Le premier de la série d'El Juli à Arles.

Le 21 juillet 2002 à Lunel, "Pescaluno", n°964, novillo d'Hubert Yonnet par Emilio Laserna. Allant quatre fois à la pique, combattant jusqu'au bout avec caste et bravoure, Pescaluno fut un très grand novillo, qui marquera l'histoire de son élevage et celle des arènes de Lunel.

Le 22 juin 2003 à Istres, "Castillerito", n°137, toro de Cebada Gago par Pepín Liría.

Le 23 novembre 2003 à Rion-des-Landes, un novillo des Frères Jalabert par Fernando Cruz lors d'une fiesta campera. Le novillo fut gracié à la demande de l'éleveur, et ensuite baptisé "Rionero".

Le 25 avril 2004 à Garlin, "Idealista", n°128, novillo de Fuente Ymbro par Fernando Cruz. Premier indulto en France d'un pensionnaire de l'élevage de Ricardo Gallardo. Et pas le dernier...

Le 30 mai 2004 à Nîmes, "Anheloso", n°61, toro de Juan Pedro Domecq par Enrique Ponce. Indulto généreux, pour un toro qui manqua de forces. Curiosité : Ponce n'estoqua aucun adversaire lors de cette corrida matinale, puisque le quatrième se coucha durant la faena et dut être puntillé en piste.

Le 4 juillet 2004 au Grau-du-Roi, "Botinero", n°7, eral de Guadalest, par Raúl Martí lors d'une novillada sans picadors.

Le 11 juillet 2004 à Fréjus, "Coxico II", n°56, toro de Palha par Stéphane Fernández Meca. Cet indulto fut protesté, "Coxico II" n'étant d'ailleurs pas le meilleur toro d'une brave et encastée corrida de Palha.

Le 22 août 2004 à Saint-Gilles, "Escandalito III", n°14, toro de Robert Margé par Julien Miletto. Indulto à la demande de l'éleveur de ce toro d'origine Cebada Gago. Grande polémique et bronca sonore pour la présidence.

Le 2 octobre 2004 à Générac, un eral de Fare et Venant par le becerrista Jean-Loup Aillet au cours d'une fiesta campera.

Le 3 juillet 2005 à Eauze, "Gironcillo", n°34, toro de Javier Pérez-Tabernero par Julien Lescarret. Brave, mobile et encasté, ce toro avait reçu trois piques. Il ne survécut pas à ses blessures et mourut deux jours plus tard à son retour au campo.

Le 4 septembre 2005 à Bayonne, "Buen Oro", n°32, eral de Santafé Martón par Pepe Moral lors d'une novillada sans picadors. Cet eral fut récupéré par l'éleveur gersois Jean-Louis Darré qui l'utilisa comme reproducteur pour son fer de Camino de Santiago.

Le 13 août 2006 à Fréjus, "Condor", n°5, toro de Cortés (second fer de Victoriano del Río) par Juan Bautista. Dernière corrida dans l'histoire des arènes de Fréjus.

Le 15 août 2006 à Béziers, "Cara alegre", n°6, toro de Valdefresno par Iván García. Toro brave et noble, qui poussa longuement durant sa première rencontre à la pique. Ce toro mourut à son retour au campo quelques jours plus tard.

Le 14 octobre 2006 à Saint-Gilles, "Renegado", n°74, novillo de Miranda de Pericalvo par Richard Milian lors d'un festival.

14 octobre 2006 à Saint-Gilles, "Estampa", n°59, novillo de Miranda de Pericalvo par Sébastien Castella lors d'un festival. Deux indultos le même jour...

Le 14 août 2007 à Béziers, un eral de Robert Margé par Carlos Ruiz, novillero sans picadors de Chiclana de la Frontera. D'après les rumeurs, cet eral aurait été abattu dès la fin de la course dans les corrales. Comme toutes les rumeurs, ceci reste à confirmer et à vérifier. Même sept ans après...

Le 20 juillet 2008 à Châteaurenard, "Cantino", n°45, toro de Los Bayones par Antonio Ferrera.

Le 7 septembre 2008 à Dax, "Desgarbado", n°67, toro de Victoriano del Río par Miguel Angel Perera. Probablement le plus controversé des indultos de ces dernières années en France, avec un toro à peine âgé de quatre ans, peu piqué et très noble. Il faut dire qu'il s'agissait du sixième toro d'une médiocre corrida de Victoriano del Río.

Le 29 mai 2009 à Nîmes, "Llanero", n°83, toro de Garcigrande par Javier Conde. Indulto protesté.

Le 24 avril 2010 à Saint-Martin-de-Crau, "Sabanero", n°37, novillo d'Alain Tardieu par Esaú Fernández. Novillo tout juste âgé de trois ans.

Le 24 octobre 2010 à Rodilhan, "Deheso", n°80, novillo d'Olivier Fernay, par Marc Serrano lors d'un festival.

Le 22 avril 2011 à Arles, "Pasión", n°73, toro de Domingo Hernández par El Juli. Brave en deux piques et noble, il n'était cependant pas un toro exceptionnel. En outre, le toro précédent (le premier de la corrida) avait démontré davantage de bravoure.

Le 8 avril 2012 à Aignan, un eral du Lartet par le novillero sans picadors Tiago Santos.

Le 15 avril 2012 à Nîmes, "Becario", n°114, eral de Salvador Domecq par le novillero sans picadors Filiberto Martínez.

Le 15 juillet 2012 à Châteaurenard, "Madrugador", n°75, toro de Santiago Domecq par Sébastien Castella.

Le 20 juillet 2012 à Mont-de-Marsan, "Jazmín", n°193, toro de Fuente Ymbro par Matías Tejela. Même Mont-de-Marsan n'a pas résisté à la mode...

Le 12 août 2012 à Béziers, "Calabrés", n°57, toro de Daniel Ruiz par Miguel Angel Perera. Un toro anodin.

Le 16 septembre 2012 à Nîmes, "Ingrato" ou "Vandalo" (le nom de ce toro dépend des versions), n°31, toro de Parladé combattu par José Tomás. Autre toro anodin, qui sauta dans le callejón en début de combat. Seul contre six de José Tomás.

Le 3 novembre 2012 à Gimeaux, un eral du Curé de Valverde par le novillero sans picadors Andy Younes lors d'une fiesta campera.

Le 17 mars 2013 à Samadet, "Jalado", n°224, novillo de Fuente Ymbro par Juan Leal. Seul contre six de Juan Leal. Troisième indulto d'un pensionnaire de Ricardo Gallardo en France.

Le 15 juin 2013 à Istres, "Golosino", n°45, toro de La Quinta par Juan Bautista. Seul contre six de Juan Bautista.

Le 7 septembre 2013 à Arles, "Velero", n°103, toro de Domingo Hernández par El Juli. Troisième indulto obtenu par El Juli dans les arènes d'Arles.

Le 29 septembre 2013 à Arles (arènes du Sonnailler), "Plumero", n°5, eral de Sainte-Cécile par le novillero sans picadors Maxime Solera.

Le 20 octobre 2013 à Manduel (Gard), "Presumido", eral de Gallon par l'ancien matador Frédéric Leal lors d'un festival.

Preuve en est qu'en France (et c'est également le cas en Espagne), les plus grands toros de l'histoire ne sont pas ceux qui ont eu les honneurs du mouchoir orange...

Florent


(Image : Le sorteo du 22 avril 2011 à Arles. Des arènes où El Juli a gracié trois toros dans sa carrière)

vendredi 14 mars 2014

Histoires de torils (IV)

"SE LLEVA EL ZAPATO DE ORO..."

Ce week-end, les samedi 15 et dimanche 16 mars, la ville d'Arnedo (province de La Rioja) accueillera deux courses (une corrida à cheval et une novillada sans picadors) dans le cadre des fêtes de la Saint-Joseph.
Ces courses auront lieu dans l'enceinte de l'Arnedo Arena. Un label futuriste derrière lequel se cache en réalité une salle omnisports, entourée de terrains de football. Le bâtiment a été édifié il y a quelques années, et inauguré début 2010 lors d'une corrida avec l'énigmatique José Tomás.

Auparavant, Arnedo possédait une arène d'un tout autre cachet. Rien à voir avec la froideur de l'arène couverte multi-usages.
Inaugurées en 1903, les magnifiques arènes d'Arnedo ont eu une belle et longue histoire. Elles ont accueilli pendant plusieurs décennies la feria de novilladas la plus prestigieuse d'Espagne : le Zapato de Oro, chaque année à la fin du mois de septembre.

Le jour où j'ai eu l'occasion de me rendre pour la première fois à Arnedo, c'était pour la dernière novillada du dernier Zapato de Oro organisé dans l'histoire de ces arènes ! Ce n'était cependant pas l'ultime course organisée en ces lieux, puisqu'il y eut le 12 octobre 2009 un seul contre six de Diego Urdiales.

Le 2 octobre 2009 donc, j'avais pris soin d'amener un petit appareil photo – moi qui ne suis pas expert en la matière –, dans le but d'immortaliser la chose devenue destructible. Je me souviens avoir pris de nombreux clichés de cette splendide plaza. Malgré son caractère centenaire, ce joyau d'arène n'a eu droit à aucune pitié.
Il a été détruit, et il n'en reste que de la nostalgie pour ceux qui ont pu s'y rendre. Les bulldozers sont passés par-là au début de l'année 2010. Connerie d'urbanisme !

Pour cette dernière du Zapato de Oro, ce sont les novilleros Ignacio González, Cristian Escribano et Esaú Fernández qui affrontèrent cinq novillos de José Cruz et un de Baltasar Ibán. Deux novillos furent par ailleurs changés. Et pour un mois d'octobre, c'était l'été indien. Un temps splendide !

Pour clôturer plus d'une trentaine d'éditions du Zapato de Oro en ces lieux, les novillos sont sortis par la même et habituelle porte de toril.
Une porte de toril située sous le même porche que celle de l'infirmerie. Il ne fallait vraiment pas avoir la pétoche en tant que novillero en regardant sortir ses adversaires tout en voyant un peu sur la gauche l'inscription "Enfermería".
Tous les novilleros qui sont passés par-là ont été confrontés à un enjeu de taille : le prestigieux Zapato de Oro, qui représente par ailleurs une grande valeur, puisque c'est un soulier en or massif.

Il est rare d'observer une telle proximité entre toril et infirmerie. Je n'y avais d'ailleurs pas particulièrement prêté attention ce jour-là, puisqu'il y avait tellement de choses attirant le regard.
Et en toile de fond, le sacrilège de démolir une telle merveille.

Cette arène vivait donc ses dernières émotions, et c'est Esaú Fernández qui remporta le "dernier" Zapato de Oro. Il eut surtout la chance de tomber sur un grand novillo de José Cruz Iribarren.

Et puis, à la fin de la course, alors qu'éclatait un feu d'artifice dans le ciel encore clair, l'orchestre des arènes effectuait un tour de piste, en jouant le classique "Feria Taurina de Arnedo". Une mélodie dont le refrain se termine par "Y el diestro que ha triunfado, se lleva el Zapato de Oro...". Le public reprit en choeur.

Puis la musique s'est arrêtée. Désormais, les novilleros n'auraient plus à l'avenir à regarder ce toril, et cette inquiétante infirmerie qui pourrait quasiment être la même porte.

Mais seuls les souvenirs restent, car cet endroit n'existe plus.


Florent

jeudi 13 mars 2014

Les numismates

Il n'est pas scandaleux d'écrire que dans l'histoire de la tauromachie, l'élevage d'Albarreal ne pèse pas grand-chose. Le week-end dernier, ce fer andalou tenait une place prépondérante dans les arènes couvertes de Samadet : quinze vaches en tienta le samedi, quatre erales et six novillos le dimanche !
Et s'il n'est qu'une création récente, cet élevage a dans un passé récent été associé à un nom bien plus célèbre !

La présentation en France du fer d'Albarreal s'est faite à Nîmes, lors d'une corrida pour le jeudi de l'Ascension de l'année 2004. Ce jour-là, trois toros d'Albarreal et trois de Concha y Sierra furent combattus dans l'amphithéâtre.
Ces deux noms étaient associés car tous les deux étaient jusqu'à récemment propriétés de la famille García Palacios. Mais entre l'héritage historique (Concha y Sierra) et le desecho du Marquis de Domecq (Albarreal), les propriétaires ont préféré garder le deuxième élément, mettant en vente le premier.
Certes, cela fait des années que l'on n'entend quasiment plus parler des toros Vazqueños de Concha y Sierra, mais leur rareté méritait tout de même davantage de considération.
A la place, les propriétaires ont préféré garder un produit bien plus courant, qui se vend mieux, et que les toreros ne rechignent pas à affronter.
Dans le domaine de la numismatie (les gens qui collectionnent des pièces), les García Palacios n'ont eu guère de scrupules. La belle et rare pièce a été vendue, et l'on a conservé la monnaie courante.

Dans l'arène couverte de Samadet, les pensionnaires d'Albarreal n'ont franchement pas été bons. Ils allèrent sept fois au total à la pique, et se sont généralement avérés faibles et sans caste.
Face à eux, il y eut trois jeunes qui savent toréer, chose indéniable, puisqu'ils possèdent une mécanique bien rodée. Cependant, quelques errements les ont conduits à des vols planés au-dessus des cornes. Heureusement sans gravité.
Les oreilles décernées relèvent de l'anecdote puisqu'elles furent généreuses, et obtenues dans une adversité décevante. Une pour Francisco José Espada, une pour Alvaro Lorenzo, et trois pour le bordelais Clemente. Rideau.

Il faisait un temps magnifique à l'extérieur des arènes. En quittant les lieux, on était obligatoirement confronté à des numismates d'un nouveau genre. Des gens qui ne collectionnent rien d'extraordinaire, hormis des covoiturages peu glorieux. De longs kilomètres qui les conduisent à devenir des machines à insultes en libre-service. D'une grande violence verbale et d'une extrême vulgarité. Je ne mettrai jamais une pièce sur eux. Et il faudra un de ces quatre mettre fin à la gabegie. Je parle bien évidemment des antis...

Florent