jeudi 29 janvier 2015

Janvier 2015 : Le mois du bonheur et de la gaieté

Depuis le début de cette nouvelle année, je me suis mis à inscrire sur une feuille de papier des faits relatés dans les journaux, à la télévision, à la radio et ailleurs... L'avantage de l'écriture sur papier, c'est qu'elle est plus sûre et pérenne que celle d'une machine informatique.
Tous ces faits n'ont pas systématiquement un lien entre eux. Loin de là, parfois le lien est inexistant. 
Et d'ailleurs, la liste qui va suivre n'est pas exhaustive. 
J'en viendrais simplement à la conclusion suivante : l'humanité a peut-être évoqué trop tôt le concept de "modernité". Et il serait bon, parfois, de faire abstraction de l'actualité...

Le 1er janvier : Secrètement, comme chaque année, sans même le dire à voix haute, on pense à ce que pourrait être la "Paix dans le Monde". Mais, de nombreux territoires en guerre, au Moyen-Orient ou ailleurs, avec des luttes armées, empêchent ce vœu qui serait magnifique s'il était exaucé. 
Le 3, au Nigeria, le groupe armé Boko Haram continue son équipée sanglante. Dans les médias occidentaux, on arrondit à 2.000 le nombre de morts au cours de ces exactions. 2.000, dans l'anonymat, mais le nombre est certainement beaucoup plus élevé... 
Le mercredi 7, au numéro 10 de la rue Nicolas Appert, à Paris, dans le XIème arrondissement, deux individus pénètrent dans les locaux du journal Charlie Hebdo. Journalistes, dessinateurs, forces de l'ordre, employés d'entreprises de nettoyage, il y a au total douze morts et une dizaine de blessés graves. 
Charlie Hebdo devient un symbole en France, en étant victime directe d'un attentat. Le mobile de la tuerie, simplement des idées. Pourtant, jamais personne n'avait été obligé de lire ce journal et son contenu. Au XXIème siècle, Charlie Hebdo est historiquement relié à cette tuerie. Au XXème siècle, Charlie Hebdo avait déjà été un symbole, dans un contexte bien moins sanglant, puisqu'il avait été censuré en novembre 1970, alors qu'il portait le nom de "Hara-Kiri" sous l'égide du professeur Choron.
Toujours le 7, à Sanaa, au Yémen, un attentat à la bombe fait 37 morts et une soixantaine de blessés devant l'Académie de police. Dans le même pays, un autre attentat avait fait près de 50 morts le 31 décembre.
Le 8, en région parisienne, une jeune policière municipale est abattue dans le dos à Montrouge, et un joggeur est grièvement blessé par balle à Fontenay-aux-Roses. 
Le 8, le journal satirique Le Canard Enchaîné reçoit une lettre anonyme avec inscrit "C'est votre tour, vous serez découpés à la hache".
Le 9, les deux responsables de l'attentat de Charlie Hebdo sont appréhendés à Dammartin-en-Goële, et meurent au cours de l'assaut. A la porte de Vincennes, dans l'épicerie Hypercacher, le responsable des faits du 8 janvier à Montrouge et Fontenay-aux-Roses est abattu par les forces de l'ordre. Il aura laissé, dans le magasin, quatre autres victimes derrière lui. Durant cette prise d'otages, des personnes retenues à l'intérieur du magasin sont mises en danger par l'imprudence et l'inconscience de médias qui, en direct, annoncent que des dizaines d'otages sont réfugiés au sous-sol de l'épicerie. Heureusement sans conséquences...
Les 10 et 11, déjà, les théories du complot les plus fumeuses fusent de tous les côtés sur Internet. 
Le 13, l'attaque d'un bus dans l'Est de l'Ukraine fait quinze morts. 
Toujours le 13, à Marseille, un adolescent de 16 ans est battu à mort à l'entrée de son lycée pour des raisons ridicules. 
Le 14, le Pape, qui doit être un vecteur de paix en toutes circonstances, déclare que si quelqu'un venait à insulter sa mère, il lui "mettrait son poing dans la gueule". Venant d'une personne lambda, pourquoi pas, mais venant d'une autorité religieuse aussi importante, c'est autre chose...
Le 14, à Marseille, un jeune homme de 25 ans est tué d'une balle en pleine tête, sur fond de règlement de compte et de trafic de drogue. 
Le 15, en France, on s'aperçoit que la consommation d'anxiolytiques a augmenté de 25% en une semaine. 
Le 17, au Niger, on compte déjà plus d'une dizaine de morts dans des manifestations opposées au journal Charlie Hebdo et à son numéro spécial au grand tirage. 
Le 18, au Moyen-Orient, un avion s'écrase. 24 morts. Aucun survivant. 
Le 20 janvier, attentat dans un hôpital géré par Médecins Sans Frontières au Soudan.
Le 26, à Albacete, en Espagne, un accident d'avion fait onze morts, dont neuf français, sur une base aérienne. 
Le 27, la Cour Suprême des États-Unis permet l'exécution d'un handicapé mental dans une prison de l'État de Géorgie.
Le 27, la commémoration des soixante-dix ans de la libération du camp de concentration d'Auschwitz nous rappelle l'horreur du passé...
A l'heure où j'écris, nous ne sommes que le 29 janvier.

Et l'on finit par se souvenir de la phrase de Pierre Desproges au début de l'année 1986, qui disait "Après les enquêtes scientifiques les plus poussées, les sociologues sont parvenus à cette incroyable conclusion : si les hommes font moins de conneries en février, c'est parce qu'ils n'ont que 28 jours".


Florent

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