samedi 7 février 2015

Sable d'or

Long, voire interminable, l'hiver perdure et balaye tous les paysages. L'été est un horizon lointain qui se fait attendre. Dans ce contexte, la patience est la première des vertus. Il faut attendre, et prendre son temps. Les jours paraissent encore nombreux avant que ne débute une nouvelle saison sur le sable des arènes.
L'été, il faut aimer se promener les veilles de corridas. Et quel bonheur de pouvoir se rendre, au coucher du soleil, en bord de mer. Là, à cet instant, le sable y est tiède et la plage est calme. Bien sûr, le sable fait systématiquement penser à celui des arènes.
La plage est belle, si paisible le soir. Pourtant, elle est devenue péjorative avec le temps. Trop de considérations s'en sont mêlées, les sphères sociales, le m'as-tu-vu, le voyeurisme, l'aliénation... Ce qui s'appelle domaine public maritime est réduit au terme de plage, avec tous les excès que cela comporte. Les jours de grand soleil et d'embouteillages, on s'y entasse, sans réellement profiter de l'endroit. C'est bien là le problème, la société pousse à fréquenter les plages, l'été venu, sans vraiment pouvoir respirer la liberté qui y est offerte.
Mais c'est le soir que la plage, alors quasiment vide, semble la plus agréable. Le sable est identique à celui des arènes. Dans cette promenade en bord de mer, on viendrait même à rêver d'arènes en zone portuaire.
La saison taurine va commencer pour de vrai. Sur le sable des arènes, le lendemain, avant que ne commence la course, il y aura peut-être une minute de silence ou d'applaudissements, en mémoire des disparus. Moment de recueillement. Ces minutes vous rappellent que chaque année, des gens dont la passion est la même que la vôtre ne sont plus là. On ne les verra plus dorénavant aux abords des arènes.
L'été défile vite, trop vite. Sur le sable, on a envie de voir des toros, qu'importe leur origine, tant qu'elle est variée sur les affiches. On veut qu'ils soient beaux, puissants, braves et combatifs.
On veut voir des toreros courageux aussi, honnêtes, humbles, et qui donneront l'impression que leur métier est inaccessible au premier venu. Qu'importe leur nationalité, car les toros ne font pas de distinction en la matière.

Et alors, au bout de deux heures, la course, belle ou décevante, prendra fin. Au moment de commencer, le ciel bleu et le soleil donnaient une luminosité forte au sable et à l'arène. A la fin, le bleu a laissé sa place à l'ocre très prononcé, et à une si belle couleur rougeâtre, celle du soleil couchant. On espère que l'été continuera encore longtemps. Avec ce soleil, ces toros et ces hommes. Et surtout, on souhaite que jamais l'histoire ne s'arrête.

Florent

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