jeudi 21 mai 2015

A l'impossible nul n'est tenu...

A l'aube de la Pentecôte 2015, on y repense encore, comme si c'était hier. Pourtant, une année presque complète s'est écoulée depuis cet instant.
Le combat d'Alberto Lamelas face à Cantinillo de Dolores Aguirre, le 9 juin 2014 à Vic-Fezensac, est encore sur toutes les lèvres. Et parce que l'histoire ne se répète jamais deux fois de la même manière, ce souvenir est extrêmement précieux.
La probabilité qu'un tel toro entre un jour en piste était infime. Et celle qu'un torero soit à la hauteur de cet adversaire l'était encore plus... Et pourtant, c'est bel et bien ce qui est arrivé ce jour-là !
Cantinillo, numéro 15, un toro monumental de cinq ans et neuf mois. Un toro de vacarme, de l'impossible, face auquel il était conseillé de lever l'épée au plus vite pour le réduire au silence.
Mais Alberto Lamelas, au terme d'un combat aussi électrique que magique, en a décidé autrement. Après avoir porté l'estocade, il n'en revenait pas. Et nous non plus...

Le frisquet mois de mai 2015 est très délicat et attire l'attention. Rien qu'à Las Ventas depuis le 1er mai, on dénombre un total de huit blessures chez les toreros. Cette période est difficile, et à Alès, samedi dernier, Lamelas a lui aussi été sérieusement touché. C'était au moment de l'estocade face à un toro de Valverde.
Alors, quand le coup de corne arrive, les spéculations montent quant à la récupération des toreros.
Les critiques et les points de vue sont variés, et c'est très bien ainsi. Certains prétendent qu'un torero qui ne serait pas à cent pour cent de ses moyens devrait jeter l'éponge et ne pas honorer ses contrats prévus. Mais être à cent pour cent a-t-il une signification ? Stricto sensu, cela voudrait dire qu'un torero comme Juan José Padilla, par exemple, ne devrait plus avoir le droit de toréer.
En fait, la question dépasse largement la forme physique. Pour ce motif, on raisonnera davantage en termes de sitio et de confiance, plutôt qu'avec des critères de guérison totale.
Une voltereta entraînant un traumatisme crânien, même soigné, peut laisser des séquelles dans l'esprit d'un torero. A l'inverse, un récent coup de corne pourra parfaitement être invisible aux yeux du public, parce que l'homme en piste aura vaincu tous ses doutes.

Pour l'anecdote, le 10 août 2008 à Parentis, Alberto Lamelas, alors novillero, avait été pris en posant les banderilles au quiebro, au centre de l'arène ! Ce superbe geste lui avait valu un coup de corne de quinze centimètres à la jambe droite et une fissure à la clavicule gauche. Contre l'avis des médecins, mais comme si de rien n'était, Lamelas était de nouveau au paseo six jours plus tard, à Collioure, pour estoquer une course de Puerto de San Lorenzo.

Il y a bien longtemps, l'un des plus célèbres matadors de l'histoire affirmait que pour toréer, il fallait oublier son propre corps. En suivant ce raisonnement, vous comprendrez que bien des choses sont possibles...

Florent


(Image de Gascoun e Toros : Alberto Lamelas, le 9 juin 2014 à Vic)

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