dimanche 24 mai 2015

Cebada Gago en Ligue 2

La première attente que l'on peut légitimement avoir en allant aux arènes de Vic-Fezensac, c'est un frisson au moment où le toro franchit la porte du toril. Il doit y avoir à cet instant, d'après la grande tradition vicoise, un toro comme on en voit peu ou pas ailleurs : charpenté, imposant, fort, et sérieux sous toutes les coutures.
Ce samedi, pour la première corrida de la feria de Pentecôte, aucun des six toros de Cebada Gago n'a transmis ce fameux frisson. Si certaines armures étaient remarquables et respectables (on enlèvera la corne gauche sanguinolente du deuxième toro, qui n'aurait jamais dû sortir en piste), les charpentes étaient en revanche limitées. Des charpentes qui certes n'étaient pas scandaleuses, mais qui ne correspondaient malheureusement pas à l'esprit vicois.
En baisse, l'élevage de Cebada Gago ne joue plus en première division des corridas toristas depuis plusieurs saisons. S'il existe de bons toros de ce fer, on ne retrouve plus cependant l'émotion d'il y a quelques années, quand coïncidaient caste, force et grande mobilité. Le lot de Vic-Fezensac aurait sans problème pu sortir dans de nombreuses autres arènes. Avec cinq toros âgés de cinq ans, ce lot était disparate, oscillant entre : le faible premier ; une majorité avisée, éteinte et manquant de caste ; et le lot de consolation, "Ancianito", sorti en troisième position.
A bien y regarder, cet "Ancianito" était un pur toro de troisième tiers. Il fut anodin en deux piques, puis mobile, prompt, noble et avec une tendance à répéter dans la muleta.
Au final, le tour de piste accordé à ce Cebada Gago relevait du folklore plus qu'autre chose. Un maigre bilan pour une corrida vicoise. Les toreros furent généralement peu inspirés, l'ouverture de cette feria ressemblant à un faux départ.
Le public, lui, fut à l'unisson, applaudissant par exemple des banderilles à corne passée ou des tiers de piques qui n'en étaient pas. A l'inverse, ce même public ne fut pas choqué par certaines attitudes, comme celle d'un matador optant pour le descabello sans même avoir mis une épée au préalable.
Dans la lidia, on remarqua les bonnes poses de banderilles d'Agustín González et de Morenito d'Arles, qui saluèrent, respectivement face au cinquième et au sixième exemplaires.
La seule et anecdotique oreille fut à mettre au crédit du régional de l'étape face au troisième toro. Il fut malheureusement soutenu par un chauvinisme qui a montré à cette occasion son image la plus dégradante. Ce chauvinisme aveugle, au détriment de la corrida, n'a jamais aidé un seul torero dans l'histoire. Certains devraient par ailleurs utiliser un vuvuzela devant leur poste de télévision, plutôt que de se servir des arènes comme exutoire.
Au vu de son déroulement, la corrida de Cebada Gago impose à Vic un retour aux sources. C'est-à-dire autre chose.


Florent

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