mercredi 1 juillet 2015

Injustice

L'Espagne des toros révèle de temps à autres un visage peu enviable. En vous rendant vers certaines arènes, alors que le ciel n'est encombré d'aucun nuage, vous pourriez bien avoir de mauvaises surprises.
Des annulations par exemple, dans des arènes de première catégorie, le jour de la course, car tous les toros sont refusés, sans lot de substitution pour les remplacer. Mieux (ou pire) encore, des arènes qui par le passé ont dû annuler une corrida à cause d'un nombre trop faible de billets vendus ; ou d'un organisateur qui est parti avant le paseo avec l'argent sans même payer les toreros (c'est ce qui est arrivé au mois de mai dernier à Orduña, au Pays Basque).
Pour Fabrice Torrito, qui s'occupe à plein temps de la ganadería du Marqués de Albaserrada, il ne s'agit pas d'annulation, mais d'une histoire de la même nature.

On peut suivre, assez régulièrement, l'évolution de l'élevage via son site, lescarnetsdumayoral.blogspot.fr. On peut y remarquer l'important travail réalisé par le français aux manettes de cet élevage, et dont l'objectif est de maintenir l'existence de toros d'origine Pedrajas. Un travail acharné mais admirable.
Il y a plusieurs semaines, au début du mois de juin, un article y rapportait une histoire mystérieuse concernant une novillada du Marqués de Albaserrada. Le jour de l'embarquement, les organisateurs demandèrent aux responsables de l'élevage de bien vouloir procéder à une manipulation des bêtes, pour réduire leurs armures. Face à cette exigence d'un goût douteux, les novillos restèrent dans la ganadería. On ne saura probablement pas le fin mot de cette histoire, faute de connaître l'arène en question...

En revanche, avec des agissements comme celui-ci, on est en présence du Milieu taurin avec un grand M, celui qui évoque le milieu tout court, les magouilles, et tout ce qui est impossible à cautionner.
Ce Milieu taurin-là marche sur la tête. Il est celui qui barre la route à des ganaderías intéressantes ou à des toreros et novilleros qui un jour ont brillé... mais attendent encore que le téléphone sonne.
Quand on voit par exemple que l'élevage (Guardiola Fantoni) qui a fourni la meilleure novillada de la saison 2014 en France est parti à l'abattoir quelques mois après, on peut sérieusement se poser des questions sur la santé actuelle de la tauromachie.

La seconde histoire, en peu de temps, qui concerne le fer du Marqués de Albaserrada et Fabrice Torrito, se passe (ou plutôt ne se passe pas) à Rozas de Puerto Real, près de Madrid. Là-bas, une corrida du Marqués de Albaserrada était annoncée pour le samedi 27 juin, ce qui par ailleurs était mentionné sur l'affiche.

On peut bien entendu se demander s'il est honorable de faire combattre ses toros dans un tel bled doté d'une arène portative. Dans tous les cas, ce sera forcément mieux que de les envoyer dans les rues ou à l'abattoir.
Le 27 juin à Rozas de Puerto Real, tandis que le nom du Marqués de Albaserrada brillait sur les affiches, ce sont des toros de Cándido García Sánchez qui ont finalement été combattus. Comble de l'histoire, la corrida de Fabrice Torrito avait déjà été embarquée... et n'a plus été revue depuis. Ce n'est pas ce genre d'anecdote qui aidera la tauromachie à aller de l'avant.

A force, les personnes comme Fabrice Torrito passent pour des irréductibles, tandis qu'elles devraient être la norme dans le monde des toros. Mais vous pourrez être sûrs d'une chose, le jour où vous verrez en piste un lot du Marqués de Albaserrada, c'est qu'il aura appartenu à des gens honnêtes.

Florent

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire