lundi 13 juillet 2015

La fosse aux lions

En 2014, de par sa classe, son élégance, et aussi son grand âge, Frascuelo a été le torero qui a le plus marqué Céret de Toros. Cette année, ce fut tout le contraire.
Hier matin face aux toros de Fraile, le jeune César Valencia est venu en remplacement de Morenito de Aranda. Après la course de Valdellán à Vic-Fezensac, c'était seulement la deuxième corrida de sa carrière en Europe. Bonjour les tontons !

César Valencia, pas encore vingt ans, six mois d'alternative, vénézuélien, et supporter de la Juventus de Turin. Le violet de son costume faisait par ailleurs penser à la Fiorentina, autre pavillon célèbre du football italien.
Sous un soleil brûlant, César Valencia a dû partir au combat face à deux toros de Fraile aussi grands que lui. Mais sa jeunesse, sa sincérité, sa fraîcheur, et son immense courage ont été remarquables. Sur cette piste aussi grande qu'une cour d'école, il semblait aligner les passes comme un petit garçon peut jouer à la marelle.
Magnifique toreo de face, de la main droite comme de la gauche, devant Jaquetón, le troisième Fraile. Il était impossible de mettre davantage la jambe et de se croiser autant. Il y eut une autre démonstration de courage face à Cañerito, le sixième toro, dont le volume et les cornes étaient impressionnants.

Face à ces toros de Fraile durs, âpres, réservés et courts de charge, le petit garçon était en fait un jeune matador. Dans cette adversité, César Valencia n'a jamais essayé de contourner le danger. Il a pris tous les risques et s'est joué la peau à chaque passe. La cour d'école ressemblait plutôt à une fosse aux lions, mais qu'importe, car le jeune torero avait faim, très faim... allant même jusqu'à accomplir des manoletinas face à ces toros d'un aussi grand gabarit.

Un triomphe retentissant aurait dû revenir à César Valencia. Mais l'utilisation des aciers, défaillante, faillit transformer à chaque fois le succès en trois avis. Comme explications, on peut éventuellement retrouver, pêle-mêle : des doutes, un manque de confiance, une technique pas encore affirmée avec l'épée, et aussi, le regard de Cubano, de Valdellán, un mois et demi auparavant à Vic, qui avait envoyé César Valencia à l'infirmerie à ce moment-là du combat.
Mais hier, il aurait été magnifique de voir ce jeune vénézuélien placer deux grandes estocades, et sortir en triomphe, parce qu'il avait décidé à Céret de mettre son cœur et son corps entre les cornes.

Florent

1 commentaire:

  1. Pour ma première venue à Céret, et oui il y a toujours une première fois, je n'ai pas été déçu. J'ai découvert César Valencia avec tout son courage et sa sincérité face à des "monstres" plus grand que lui. Effectivement, je pense qu'il ne faut pas tenir compte de ses échecs à l'épée, d'ailleurs de sa petite taille taille pouvait-il voir la croix à atteindre... J'en doute.
    En tout cas mon admiration pour ce jeune torero, qu'il faudra revoir, s'est renforcé quand de retour à Paris j'ai pris connaissance des rensenas de Pampelune et de la parodie abraquadabrantesque du petit juli
    Mig93

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