mardi 21 juillet 2015

Te dire que ça n'existe pas...

Passent les mois, les annonces de cartels, les semaines, les paseos, les jours, l'impression est la même : ce cartel, il me semble déjà l'avoir vu quelque part. Quotidien d'une saison routinière.
Ceux qui occupent à l'heure actuelle la majeure partie des ferias, avec des parcours différents, sont des toreros vétérans, qu'on le veuille ou non. Car cela fait de longues années qu'ils sont là.
Maudites soient les empresas qui un jour ont fait croire au public que la corrida reposait essentiellement voire uniquement sur eux. Ces toreros-là ont fini eux-mêmes par le croire et en ont fait une entreprise de conquête du marché taurin. Corridas de "garantie" comme ils disent...

Les plans de carrière de ces toreros-là sont millimétrés. Pourtant, cela fait bien plus de dix ans qu'ils tournent sans cesse, systématiquement ou presque face aux mêmes toros.
Avec le temps, la place qui est la leur devrait se situer plus en retrait. Morante, 18 ans d'alternative, El Juli 17, et ainsi de suite... forment des cartels répétitifs, vus et revus en de nombreux endroits. Pour certains toreros, il serait même plus intéressant d'aller les écouter en conférences évoquer leurs carrières et des anecdotes plutôt que de les voir face à leurs toros quotidiens. El Cid, et beaucoup d'autres...
Même un torero comme Sébastien Castella, avec déjà 15 ans d'alternative, commence à figurer dans l'antichambre des vétérans. Des toreros que l'on connaît, et que l'on voit depuis de nombreuses saisons sur toutes les affiches.

Peut-être désirent-ils avoir la même longévité qu'Enrique Ponce, qui lui n'a pas cessé de toréer depuis plus de vingt-cinq ans, sans faire autant de caprices que ses collègues plus jeunes que lui. Mais il est dur d'égaler Ponce à ce niveau-là, puisque lui a connu une véritable carrière ascendante. Ce qui n'est pas le cas, par exemple, de Manzanares fils, protégé dès le départ en tant que novillero, puisqu'il se produisait plus souvent en corridas mixtes qu'en novilladas.
Dans le même temps, d'autres toreros plus âgés que ceux précédemment cités sont toujours en activité. Ils sont beaucoup moins engagés, mais donnent tout de même envie d'être vus, dans des proportions raisonnables.

L'escalafón vieillit, et ceux qui tirent les ficelles limitent l'accès à tous les autres toreros, jeunes ou moins jeunes. Quand on pense à Enrique Ponce, qui est encore-là face à des toros plus pacifiques, on s'aperçoit que sa génération affrontait des élevages d'une plus grande variété. Les vedettes de ces années-là ne faisaient pas des pieds et des mains pour aller estoquer des Baltasar Ibán, crise d'appendicite ou non, douleurs au poignet ou non.
Aujourd'hui, à cause des plans de carrière millimétrés, il serait impensable de voir une vedette s'annoncer ne serait-ce qu'avec une corrida de Pedraza de Yeltes, de Cebada Gago, et bien d'autres... Les Guardiolas, il est tristement inutile de les évoquer, puisque cette si belle maison a mis les clefs sous la porte.

Alors, tant mieux si demain un torero comme Alberto López Simón ouvre encore des grandes portes et attire sur son seul nom des gens aux arènes. Cela permettra peut-être d'éclipser ceux qui sont là depuis longtemps déjà. Dans le même temps, il paraît anormal qu'un jeune torero comme José Garrido, qui a été un grand espoir en novillada, se retrouve l'année de son alternative avec aucune corrida dans les arènes françaises. Zéro pointé.

Hier, 20 juillet, circulait sur internet l'image d'un torero qui fêtait les vingt ans de son premier habit de lumières. Dans un costume blanc et or, l'enfant de 12 ans s'appelait Julián López "El Juli", le 20 juillet 1995 à Mont-de-Marsan. Les joies de la rubrique éphéméride.
Pourtant, les reseñas de l'époque avaient surtout été marquées à cette même date, 20 juillet 1995, dans la même ville, par la corrida de l'après-midi. Joselito, torero vedette d'alors, était parti affronter les toros de Cuadri, et le fameux cinquième, "Brujo" (le sorcier), quittant les arènes du Plumaçon en nage après un effort titanesque.


Florent

2 commentaires:

  1. Bonjour,
    Malgré l'admiration légitime que vous portez à Ponce, il ne faut pas perdre de vue qu'il est le fossoyeur de certaines ganaderias comme Atanasio Fernandez. Ses caprices étaient bien moins bruyants que ceux des pseudo vedettes actuelles mais ils ont bel et bien existé.
    Beñat

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  2. J'aimerais en être aussi sûr que vous... Il est vrai que Ponce a eu des exigences à partir d'un moment de sa carrière, mais est-il vraiment le responsable des disparitions que vous évoquez ?

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