mercredi 30 septembre 2015

Culture du mensonge

Cette photo date du début de l'année 2014. La première surprise, à la découverte de cette sangria fabriquée en Catalogne, c'est le sang sur le dos du toro, grossièrement rendu écarlate par un montage informatique. De quoi attirer le regard, le sens du commerce. La deuxième, qui m'étonne encore plus, c'est la présence de telles étiquettes dans un supermarché situé dans la communauté autonome de Catalogne. Je ne pourrai vous en dire davantage sur le produit, ne l'ayant pas testé. Au moment de prendre la photo, je me souviens du regard de deux clients du magasin, m'observant l'air moqueur. Je pouvais imaginer immédiatement la teneur de leur pensée : "Ce con doit être vraiment possédé pour prendre de telles photos".

Étonnement donc, en remarquant ces bouteilles. Parce que la Catalogne a interdit la corrida depuis quelques années, et a pour habitude d'en faire disparaître les représentations. A Lloret de Mar, les arènes ont été démolies. A Olot (qui se situe dans la province de Gérone, comme Lloret), certains aimeraient bien en faire de même. Tandis qu'à Barcelone, bien des années auparavant, on avait déjà transformé une plaza de toros en centre commercial. Il n'empêche que la présence de ces foutues bouteilles dans un supermarché catalan n'a l'air de choquer personne. Alors, pourquoi serait-ce différent ailleurs en ce qui concerne les représentations de la corrida ? Là où la tauromachie existe car légalement admise ?

Ce sont ces questions qui me sont récemment venues à l'esprit. En cause, une école nîmoise, soumise à un lobbying extérieur, dénonçant une fresque réalisée par des enfants il y a presque dix ans, et qui représente une arène romaine, un toro et un torero. En fin de compte, la fresque a été honteusement sabotée, puisqu'il ne reste dessus que le colisée de pierres et son sable. Pire encore, les responsables de cette initiative s'en sont publiquement vantés.
En apprenant cet acte d'une bassesse lamentable, on est partagé entre l'envie de réagir et celle de ne rien dire. En tout cas, aucune envie de se lancer dans des comparaisons historiques hasardeuses, seulement celle de pointer l'incohérence et l'ineptie.
Pour en arriver à ce niveau, qui est celui de combattre la représentation même de la tauromachie, il y a bien entendu une explication.
En France, pour parvenir à leurs fins, les plus farouches opposants à la corrida ont toujours eu comme première stratégie celle d'en faire un sujet de société. Or, la corrida n'existant que sur un territoire limité du pays, et pour bien d'autres raisons aussi, elle n'est pas un sujet de société comme certains aimeraient le faire croire.

Ceux-là mènent campagne depuis longtemps contre la corrida, si bien que leur lobbying se compte en décennies. Et des résultats bien maigres au final, qui doivent se contenter de victoires absurdes, comme celle de faire disparaître des représentations visuelles de la tauromachie.
Devant l'inefficacité du débat instaurant la corrida comme "sujet de société auquel il faut remédier", ces associations-là ont dû le décliner en plusieurs branches afin de sensibiliser. On a alors vu apparaître : "La corrida et les troubles psychologiques pour les enfants" ; "La représentation choquante que peuvent constituer les images de corridas"... Et ainsi de suite.
Le malheur de cette politique obsessionnelle contre la corrida, c'est qu'elle a convaincu des personnes de ce mensonge. Car ces personnes-là sont parfois présentes le dimanche au pied des arènes, vous traitant de barbares, de sauvages ou de dégénérés. Elles-mêmes désinformées.

Curieuse attitude que de vouloir éradiquer des illustrations et des dessins représentant la tauromachie. Il est à parier que si la fresque avait représenté deux gladiateurs en train de s'entretuer, les mêmes personnes n'auraient même pas réagi. A quelques millénaires d'écart, c'est pourtant la mort d'hommes que l'on représente. Mais il n'y a pas besoin de fresque de gladiateurs, puisque la télévision fournit chaque soir et en grande quantité, en fiction ou pas, l'image de mort d'hommes. Une image dont au final on s'indigne bien peu.
Je n'arriverai jamais à concevoir la logique de ces associations, qui en sont arrivées à ces exploits grotesques et ridicules. Dure époque aussi, où l'on met exactement au même étage, de véritables sujets d'indignation et d'autres qui ne le sont pas.

Pour en revenir à la corrida, en France, aucune loi et aucune jurisprudence n'interdisent à des enfants d'aller aux arènes, ni même de dessiner ce qu'il s'y passe.

Dis leur que leur connerie est déplorable et abyssale...

Florent

1 commentaire:

  1. N'oublie pas qu'un des redoutables vins catalans, et il y en avait, s'appelait "sangre de toro"

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