lundi 28 septembre 2015

Isla Mínima

Fin septembre, voilà que l'on plonge un peu plus dans l'automne. C'était un week-end de départs inattendus. Celui de Louis Husson tout d'abord, il y a à peine 24 heures, et dont on ne peut pas réellement parler à froid. Pas envie non plus de faire l'éloge funèbre de la carrière d'un jeune homme de 19 ans. Non, il y a bien d'autres façons d'évoquer ce parcours honorable. Et il faudra revenir sur ce sujet prochainement.

La scène à l'image est bien connue, et a également un rapport avec ce week-end. Louis de Funès et Yves Montand, deux vedettes du cinéma français, en 1971 dans La Folie des grandeurs. La scène a été tournée dans la propriété de la Isla Mínima, à La Puebla del Río, au bord du Guadalquivir. Cette arène de tientas, au décor somptueux, appartient à l'élevage des héritiers de José María Escobar.
En voyant, année après année, la programmation de la Maestranza de Séville, il y a beaucoup de ganaderías, pourtant basées à moins de 100 kilomètres à la ronde, qui en sont absentes, même en novilladas, et auxquelles on ne donne aucune chance. Celle de José María Escobar en fait partie.

A chaque fois que cet élevage est annoncé dans une feria, cela fait bien entendu repenser au fameux film. Mais en plus de cette sympathique image qu'il peut renvoyer en France, il a surtout une sacrée histoire, qui s'est construite sur celle de l'élevage de Graciliano Pérez-Tabernero, il y a presque 80 ans, et dont José María Escobar avait acheté une grande partie du troupeau.

Ce week-end, les toros de chez Escobar étaient programmés à Corella, en Navarre, à l'autre bout de l'Espagne, loin de ses bases marécageuses du Guadalquivir. C'était une corrida de rejoneo, et la toute première sortie de la saison 2015 pour la ganadería. Mauvais présage.
Sur son excellent site internet "Toros en Navarra", Koldo Larrea relate, avec beaucoup de détails et de précisions, toutes les corridas, novilladas et encierros qui se déroulent en Navarre.
Ce qu'il rapporte du lot de samedi à Corella, bien que ce soit une corrida à cheval, n'est pas flatteur pour l'élevage des héritiers de José María Escobar.
Ce qui est à la fois le plus étonnant et le plus dur, c'est que la reseña mentionne qu'il était question du dernier lot de l'histoire de la ganadería ! Coup dur. Une ganadería qui d'ailleurs comporte deux fers : celui des héritiers de José María Escobar, et celui de Mauricio Soler Escobar. Beaucoup de toros gris, mais pas seulement, et l'encaste Santa Coloma bien présent avec les branches Graciliano et Buendía.

Ainsi à l'avenir, la magnifique propriété de la Isla Mínima ne verrait donc plus grandir de toros de combat. Le fer de José María Escobar avait une particularité, qu'il partageait seulement avec celui de Miura. Cette particularité était de posséder deux devises différentes : une à Madrid, et une autre pour la "province".

Lire et apprendre que l'histoire de cet élevage prend fin est surprenant, car il y a peu de temps, il a connu un sursaut. Une course intéressante à Madrid en 2012, une novillada à Céret la même année, et une corrida à Vic-Fezensac en 2013. Pour cette dernière, le toro le plus intéressant du lot s'appelait "Rociero", un nom qui ne pouvait en aucun cas trahir sa provenance géographique.

Florent

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire