vendredi 4 septembre 2015

Pablo Romère

Dimanche dernier, le novillo qui ouvrait la novillada-concours de Saint-Perdon appartenait à l'enseigne de Partido de Resina, auparavant Pablo Romero. Quand j'étais petit, dans le Sud-Est, les premières fois où j'ai entendu ce nom prononcé, cela donnait "Pablo Romère". Un accent chantant avec un certain charme. Une région où le chant des cigales étouffe parfois l'air du "Toréador" que l'on joue au paseo, et à chaque coup de barrière lors des courses camarguaises.
Pablo Romero aussi, dont beaucoup d'aficionados ont un jour ou l'autre dit que les toros de ce fer étaient les plus beaux. Avec la diversité qui peut exister, cette considération est bien sûr subjective. Mais comment leur donner tort, en regardant les Pablo Romero d'avant ou les Partido de Resina d'aujourd'hui. Un plaisir aussi de les retrouver sur les anciennes revues taurines, où les toros figuraient encore dans leur élément naturel sans fundas.

Ces toros-là, impressionnants, et dont les pelages gris rappellent les nuages, connaissent (depuis de longues années maintenant) une période délicate. On dit qu'il y a eu des apports différents de l'origine classique. En piste, s'ils sont encore plus beaux que dans les champs, les Pablo Romero ont de plus en plus la réputation de s'épuiser rapidement, si ce n'est pas s'affaler. Le manque de caste chante également et nous fait déchanter. Que dire de la corrida du mois de juin à Madrid, qui aura été une véritable catastrophe.
Aimer les toros de Partido de Resina (Pablo Romero, ou Pablo Romère, c'est comme vous voulez) au fond, c'est peut-être un truc d'esthètes, avoir envie de les voir en piste, tout en sachant qu'on pourra le regretter.
Le seul novillo combattu à Mont-de-Marsan dimanche laisse planer le doute. Volumineux, dans le type de la maison, il prit deux petites piques avec certains signes de faiblesse, mais sembla récupérer au cours du combat, pour proposer au troisième tiers des charges nobles et exigeantes. "Caobo", numéro 3, un novillo loin d'être inintéressant au final.

S'attarder sur Pablo Romero, tout ça pour dire aussi que dimanche, il ne s'est pas passé grand-chose au Plumaçon. Cela ne ressemblait pas à une novillada-concours, les tiers de piques étaient médiocres, et malgré la bonne présentation globale des novillos, il y eut peu d'émotion, même si les six exemplaires sans exception se laissèrent manoeuvrer au troisième tiers.
Rien de transcendant, et des acteurs qui ont rarement joué le jeu de la novillada-concours. Attention toutefois à ne pas résumer l'état actuel des élevages aux seuls novillos présentés lors de cette course, et garder le bénéfice du doute. Le seul élevage dont on a à peu près une idée est celui de Parladé (second fer de Juan Pedro Domecq), qui sort partout ou presque à longueur de temporada.
Parfois, lors de ces novilladas-concours (dont les éditions 2013 et 2014 avaient été très réussies dans ces arènes), les éleveurs ne jouent pas forcément le jeu. Cela a été le cas cette année de la ganadería de Fernando Peña, puisque le novillo "Gavilán", numéro 62 (né en novembre 2011), réservé depuis des mois, a finalement été combattu aux arènes de Málaga le dimanche 16 août, laissant les organisateurs bénévoles de Saint-Perdon devant le fait accompli. Il a finalement été remplacé par ce fameux novillo de Parladé.

Il y avait donc à l'affiche un Partido de Resina, un Parladé, un Dolores Aguirre, un El Cubo, un l'Astarac et un El Añadío. Curieusement, pour l'élevage de Dolores Aguirre, avec la novillada matinale de Carcassonne et l'exemplaire de Saint-Perdon, ce dimanche 30 août était la première fois en vingt ans qu'un novillo de la maison était combattu en France. La dernière fois, c'était à Céret un certain 24 septembre 1995...

Florent

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